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 [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere

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Carnet de Bord
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 27 Juil - 13:44

Le Festival de Chiere ne commençait pas très bien. Petit Matin sans animaux, c’était comme un jour sans soleil, un arc sans flèche, une nuit sans lune. La Gardienne des Traditions et les Prêtresses préféraient mettre fin prématurément à cette journée ratée. Je rentrais le coeur en berne dans ma cabane, accompagnée d’Hortense à qui j’avais proposé de rester qui avait elle-même invité son amie, Eline que j’avais déjà rencontré dans les Jardins Tissés. Par la même occasion, j’avais suggéré à Esther l’idée de rester à nos côtés. « Vous êtes les bienvenues ! » ajoutais-je. Je la voyais bouleverser, inquiète. Ma cabane serait bien remplie, j’avais atteins la limite des invités possibles. On serait serrées mais, il y aurait de la place pour tout le monde. C’était la première fois qu’il y avait autant de monde chez moi, d’un côté cela me réchauffait le coeur après cette triste journée. La nuit commençait à tomber et, je ne sentais pas Esther prête à refaire la route jusqu’au Village des Orphelins.

La soirée avait tourné court, nous avions mangé des mets chieresques et de la viande chassée à la dernière lune. Puis, comme nous étions toutes très fatiguées on s’était endormies. Eline et Hortense dormaient dans les lits superposées. La petite Lou-Ann, Esther et moi dormions dans le grand lit au-dessus. De cette manière, Esther se sentirait en sécurité. Elle ne risquait rien dans ma cabane et l’ambiance y était chaleureuse. Elle n’avait rien à craindre. J’avais compris que les étrangers n’avaient pas le même rapport aux armes que nous avions, nous. De là où ils viennent, ils n’étaient pas habitués à devoir se battre pour survivre.

Je fermais les yeux, une fois assurée qu’Esther et Lou-Ann soient bien endormies. Je me laissais aller, espérant que le lendemain Chiere nous ferait l’honneur de sa présence. Je me réveillais en sursaut, Eline scandait mon nom. Me levant difficilement, l’impatience se lisait dans les gestes de la blondinette. Elle m’entraîna jusqu’à la terrasse. Tout était sombre. Et pourtant, c’était le jour. Les lunes jumelles nous offraient un spectacle sans pareil mais, le soleil ne s’était pas levé. Eline devait ignorer qu’aujourd’hui nous célébrions la Fête de la Lumière... Chiere en avait décidé autrement. Je ne savais pas quoi répondre à la question d’Eline... Je ne voulais pas l’affoler.

« Un signe de Chiere.» Je regardais le ciel et puis, des perroquets passèrent au dessus de nos têtes. « Les animaux sont revenus.»  constatais-je. Et l’un des oiseaux vint se poser sur l’épaule d’Eline prononçant le mot « Ama » Maman en basque. Je souris, soulagée que la nature refasse surface à Petit Matin. Les animaux donnaient de la vie à ce lieu, les bruits habituels revenaient petit à petit, les gazouillements, les cris d’animaux.

« Venez voir ! » criais-je en direction de la cabane pour Lou-Ann, Esther et Hortense, restée à l’intérieur. « Regarde, là-bas. Ils se rassemblent, nous devions y aller. » Au loin, à travers la végétation on voyait les chieresques et les étrangers arrivaient à Petit Matin pour célébrer ce second jour. Hortense arriva, l’air abasourdi qu’il fasse encore nuit... Je rentrais me préparer rapidement et aider Lou-Ann à faire de même.

Une fois que nous avions toutes étaient apprêtées, on ne mit pas longtemps. Je voulais aller au plus vite au village pour comprendre ce qu’il se passait. On retourna à Petit Matin qui était à quelques pas de la cabane, rejoindre les autres. J’étais inquiète mais, je ne le montrais pas. Je savais que toutes comptaient sur moi pour avoir des réponses, pour les protéger - même si Hortense ne l’avouerai pas. J’étais comme elles, démunie. Chiere n’avait, jamais, agit ainsi. Le soleil boudait la Fête de la Lumière mais que se passait-il à la fin ... ?  

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Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ Une étoile qui a cessé de briller. Une fleur fanée. Un soleil qui ne se lève jamais. Un gout amer dans la bouche. Une douce mélancolie. « Les mots, de cristal forgés, dans sa gorge de glace se sont figés…» Son coeur est mort. Son âme perdue. Ses mains maculées de sang. Ambal, la mère brisée.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 27 Juil - 14:25


Mais malgré ses dires, au fond 'elle, Penthésilée était heureuse de voir que Sorajaï les soutenait un peu. Même si elle ne l'avait pas vraiment fait pour elle, l'Abjuratrice, elle l'avait fait et c'était tout ce qui comptait à ses yeux. Puis Sila'ë avait parlé, calment tout le monde. La gardienne des Traditions. Si quelqu'un ici pouvait peut-être comprendre ce que voulait dire Chiere en se murant dans son silence c'était bien elle. Petit à petit, le foulard toujours autour de la taille, la jeune lige respirait à nouveau. L'inquiétude passée, elle pourrait elle aussi célébrer les fêtes de chiere, du moins si la mère le voulait bien. Mais pour le moment, elle restait muette face aux appels des prêtresses. La nuit finit par tomber sur Petit Matin. D'autres prêtresses avaient offert à celle qui avait mis le feu au temple la protection de l'écarlate. Penthésilée sourit à ce geste. Au moins celles qui consacraient leur vie à la Mère ne jugeait pas trop vite. La jeune prêtresse de tout à l'heure fut emmenée se calmer à l’écart. Elle était jeune, sûrement pleine de volonté, mais on ne parle pas à la place de Chiere, même lorsque celle-ci se tait et cache ses intentions.

Penthésilée partit en direction de la demeure de Sorajaï et elle fut bientôt rejointe par son frère. Le laissant entrer, Penthésilée hésita un instant. Il était tard dans la nuit et elle leva les yeux au ciel et c'est là qu'elle les vit. Par petits groupes, les oiseaux revenaient. Ils envahissaient à nouveau le ciel d'Oblivion. La jeune Brune en fut enchantée. Enfin, enfin il y avait un signe. Alors elle ne rentra pas. Elle voulait les voir, voir aussi le ciel et ses étoiles. Peut-être qu'elles l'aideraient à comprendre ce qu'il se passe. Sadhil, lui rentra. Penthésilée resta un long moment à l'extérieur et puis elle dut s'endormir, parce qu'elle se réveilla le lendemain matin exactement au même endroit. Mais il y avait quelque chose d'étrange. Le soleil ne se levait pas.  C'était étrange, le Lunes éclairaient un peu, placées sur la carte du ciel comme en pleins jour, mais rien, il n'y avait rien. Le fête de la Lumière commençait bien mal. Une nouvelle épreuve, peut-être. Penthésilée caressa le voile d'écarlate sur sa taille songeuse. Que devait-elle faire ?  Elle avait cette envie folle de le retirer. Elle avait l'impression qu'il n'était pas à sa place, qu'elle ne devrait pas le porter. Elle n'était plus prêtresse officiellement et à ses yeux, porter l'écarlate c'était pire que son abjuration, c'était bafouer ce qu'elle avait décidé et ce que Chiere avait accepté d'elle. Les mains tremblantes, elle commença à dénouer le nœud du tissus.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 27 Juil - 15:56

Tout ceci était trop pour la jeune Esther qui se sentait facilement perdue dans ce lieu qui n’était pas le sien. Ses pensées fourmillaient, les éclats de voix tourbillonnaient dans son esprit et la jeune femme, si faible se sentait sur le point de craquer. Elle ne savait plus. A Paris la vie n’était pas ainsi, même s’il y avait trop de monde dans les rues ou le métro, elle avait pris ses habitudes, les gens étaient normaux et ne se préoccupaient guère de ce qui les entourés. Ici, tout était différent, les coutumes n’étaient pas les mêmes, il y avait des animaux partout, des arbres, une jungle, tout était désordonné et Esther Delmas avait toujours détesté cela. Etant une jeune femme apeurée par le quotidien, elle avait pris des cadres, des barrières pour que sa vie soit bien rangée. Au matin, elle se préparait toujours, prenait un bon petit déjeuner et elle partait pour sa bibliothèque. Elle travaillait, encore et toujours, parfois elle oubliait même de déjeuner, puis au soir, elle repartait chez elle, bien souvent avec un livre qu’elle voulait étudier. Elle mangeait à nouveau et allait dormir. Cette routine avait rassuré pendant des années la jeune française, parfois elle sortait avec son frère, mais elle n’avait jamais laissé entrer d’hommes dans sa vie. Esther était une solitaire et elle se plaisait comme ça. Ici, en Oblivion, elle vivait dans la promiscuité, chaque jour était différent et cela l’effrayait. Elle avait retrouvé une bibliothèque, un puits dans lequel elle aimait se réfugier, pour mieux retourner dans son ancienne vie, mais dès qu’elle en sortait, Esther voyait à quel point plus rien ne serait pareil. De même, qu’en raison de son manque de courage, elle avait le sentiment, qu’elle ne sortirait jamais de cet endroit. En effet, la Française n’avait jamais mis sa peur de côté pour partir dans la jungle, résoudre des quêtes. Elle avait bien une fois fouillé le Temple, mais c’était tout. D’ailleurs, Esther s’en voulait de ne pas avoir assez de courage pour recherche elle-même son frère dans la forêt.

En se rendant à cette fête, Esther pensait passer un bon moment et pourquoi ne pas s’intégrer aux coutumes d’Oblivion, mais rien ne s’était passé comme prévu. La nature avait voulu punir les habitants, pourquoi ? Plusieurs raison étaient évoquées, comme Kriemhilde qui aurait volé un animal, ou d’autres choses, qui étaient hors de portée de la compréhension de la jeune femme. Elle était effrayée et ce trop-plein de langues étrangères perdait la Française. Un jeune homme leurs proposa de partir, mais Esther se demandait bien s’ils n’étaient pas plus en sécurité ici, plutôt que de partir dans cette jungle qui lui paraissait maintenant hostile. La jeune femme choisit de rester, regardant Eline et d’autres personnes autour d’elle. Ambal Sajor s’approcha d’elle, quand elle l’entendit demander s’ils étaient en sécurité et la Chieresque lui confirma que tout irait bien, tout en lui demandant de traduire les paroles d’Eline.
« Ca m’inquiète tout ça. » Disait la jeune femme tout en montrant le monde autour d’elle. « Eline voulait savoir où le garçon comptait l’emmener, il voulait nous éloigner tous, mais j’ai préféré rester. » Disait la jeune femme tout en tremblant d’effroi.
Esther ressentit un profond soulagement, quand elle entendit Ambal lui proposer de dormir chez elle, en compagnie d’Eline et de la petite Lou-Ann sa protégeait. Bien plus rassurée de dormir en compagnie de la Chieresque, la jeune femme accepta aussitôt et elle marcha en compagnie de la petite troupe, jusqu’à la cabane d’Ambal. Le lieu fut fortement animé, avec quelques rires et beaucoup de soulagement. Il fut convenu qu’Esther dormirait en compagnie de la petite Lou-Ann. Soulagée, elle ferma les yeux et pour la première fois depuis longtemps, elle dormit à point fermé.

Le réveil fut pour le moins mouvementé, Esther entendait des voix, elle papillonna des yeux, jusqu’à se lever en sursaut, quand Ambal leurs demanda à tous de venir. Prenant garde de ne pas poser les pieds où il ne fallait pas, la jeune femme pointa un bout de son nez dehors et contrairement à la veille, elle entendit de nombreux bruits d’animaux. Comme une petite fille, elle admira le bel oiseau qui se posa sur les épaules d’Eline. Emerveillée, elle prononça un joyeux : « C’est magnifique. » Avant de prendre la main de la petite Lou-Ann, pour lui montrer le bel oiseau. La nature était de retour et comme l’exprima Ambal, il fallait y aller. Jamais Esther ne s’était préparée aussi vite et quand toutes furent prêtes, la joyeuse troupe féminine prit la route jusqu’au petit Matin. Sur le chemin, Esther ne put s’empêcher de poser une question qui ne cessait de lui brûler les lèvres.
« Ambal, pourquoi penses-tu que Chiere se comporte ainsi ? » Elle avait beaucoup de mal avec les coutumes d’Oblivion, mais cela ne l’empêchait pas de s’y intéresser et d’être toujours aussi curieuse.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 27 Juil - 23:22


 
 

 
1er voyage - 2ème exploration

“ le festival de chiere ”


 
intrigue générale - sujet central
Tour #1 - 21/06 au 28/06 - prolongé 07/07
Tour #2 - 08/07 au 19/07
Tour #3 - 20/07 au 26/07
Tour #4 - 27/07 au 3/08

 




Un jour sans soleil. Que se passe-t-il en Oblivion ? Un vent d'inquiétude parcourt le territoire, et les Chieresques du Petit Matin s'angoissent, perturbés par ce mauvais présage, signe annonciateur d'autres catastrophes. Le retour des animaux la veille les a bien un peu rassurés, mais voir les lunes jumelles, Salem et Ausar, briller là où le soleil aurait dû se trouver, voilà qui est perturbant. Sans compter le noir d'encre qui les entoure – où donc sont passées les étoiles ? Au firmament, il n'y a qu'elles, les deux sœurs célestes, Salem la raison, Ausar la passion, couvant de leur regard ancestral la panique de l'Humanité loin, si loin au sol.

Les Prêtresses tentent d'apaiser les esprits. Timidement dans un premier temps, puis de plus en plus vaillamment alors que d'autres se joignent à eux, les tambours de cérémonie résonnent d'un appel immémorial, jouant le rythme de l'appel, cette succession de battements qui enjoint à se rassembler. Et de la jungle, ils arrivent ; invités et étrangers pêle-mêle, attirés par les percussions urgentes des musiciens. Petit Matin s'emplit de monde, et là les vingt-et-unes Prêtresses du Temple sont rejointes par leurs consœurs de jadis. Au centre, près du feu-totem qui jamais ne s'est éteint, le blanc, le vert et le brun se mêlent à l'écarlate, autour de la Gardienne des Traditions. Ensemble, elles élèvent la voix – ce n'est pas vraiment un chant, ce n'est pas non plus un poème, c'est la musique de la langue chieresque qui résonne dans l'air silencieux soudain.

Le plus ancien chant du monde prend forme, tandis qu'un à un les musiciens de l'assemblée accompagnent la supplique de leur instrument. Les danseuses des sables venues de Glorieux Crépuscule se joignent au spectacle, et s'il n'y a pas de sable si loin du Sud, les feuilles et la poussière répondent à leur appel, envahissant les airs de volutes et de spirales évanescents. C'est tout le peuple Chieresque qui chante, à l'unisson ; et dans l'assemblée des étrangers, une voix de femme soudain vient se joindre au chœur des natifs. Cette femme aux cheveux blancs, elle est là, depuis longtemps – elle est née ici, elle est presque fille de la jungle, et tous la respectent. Elle connaît les chants Chieresques ; et près d'elle, une autre étrangère l'imite, reprenant simplement le leitmotiv. Puis d'autres parmi les anciens arrivés. Bientôt, presque tous les Égarés murmurent à l'unisson la mélodie du chant, ainsi qu'une bonne partie des Orphelins.

Magnifique, merveilleuse harmonie – les Prêtresses se tiennent par la main, et à l'extrémité de la rangée, la petite Vierge hystérique de la veille tend la sienne à l'étrangère dont elle réclamait la mort avant le coucher du soleil, avec au fond des yeux la même supplique ardente que celle qui monte aux oreilles de Chiere, portée par la voix des enfants d'Oblivion, qu'ils soient déjà âgés ou nouveaux-nés.

Et le miracle se fait.

Ô splendide, ô éternel instant de grâce – au firmament, solitaire, une étoile s'allume. Quelques secondes s'écoulent, et les Prêtresses chantent encore, menant le chœur de l'assistance. Une seconde étoile apparaît, puis une nouvelle, et encore une autre – et finalement, c'est une constellation entière qui vient au monde sous les yeux des suppliants. Ô faveur ultime, ô présent sans pareil : voilà que Chiere offre à ses enfants non pas la naissance d'une étoile, mais le signe de son amour éclatant, là, suspendu à la voûte des cieux.

Le chant s'achève – et voilà qu'à l'horizon, la lumière se fait. La voici, l'aube que l'on n'attendait plus ; et se levant enfin, radieux et rayonnant, le soleil éclipse les lunes jumelles dans sa gloire. La constellation nouvelle, quant à elle, reste visible, lumineuse et délicate au-dessus des frondaisons. Dans le silence qui soudain s'est fait, tous observent l'aurore saluer de sa chaleur Petit Matin, qui n'a, de mémoire d'homme, jamais aussi porté son nom.

Louée, sois-tu, Chiere ! Le Jour de la Lumière peut donc enfin s'achever sous l'astre du jour, bousculant le déroulement traditionnel du Festival marqué par l'émergence de ce présage si fort. L'assemblée reste massée près du feu-totem du campement, tandis que seules les mains se lâchent, pour réfléchir et profiter ensemble de ce moment exceptionnel qui vient juste de s'accomplir.

 
à midi, quelques heures plus tard, la Gardienne des Traditions se prépare à danser l'Origine, objet du troisième jour des festivités. Elle s'avance sur l'estrade préparée pour elle, s'incline, s'élance... et chute, tandis que l'estrade s'effondre sous elle. Plus de peur que de mal, mais voilà : la danse de l'Origine ne pourra avoir lieu, puisque la Danseuse Sacrée s'est cassé la cheville...


[Vous avez fait partie de l'assemblée. Avez-vous chanté ? Dansé ? Qu'avez-vous ressenti ? Que pensez-vous de la chute de la Gardienne ? C'est à vous... ]

 
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Mar 28 Juil - 15:16




“ Le Festival de Chiere ”

Refuge du Petit Matin



Je ramenais avec moi Casper dans mes bagages. Rendez-vous compte, j'allais servir de guide à un jeune homme qui venait d'arriver en Oblivion ! C'est le monde à l'envers, que dis-je, c'est du grand n'importe quoi, mais c'est la stricte vérité. Si j'arrivais à rester concentrée, j'arriverais sans doute à faire ce qu'il faut pour revenir à mon point de départ. Oblivion m'aimait bien, à moins que ça ne soit simplement que Chière qui puisse prendre un de ces étrangers en pitié. Peut être que tout venait du Puits de Jugement à vrai dire. Chière m'avait peut être jugé digne de découvrir certaines choses moi qui suis pourtant bien perdue. Mais j'essayais de m'occuper au mieux de Patapon, j'y mettais tout mon coeur, et peut être qu'elle le voyait, peut être qu'elle m'appréciait pour ce geste que je faisais envers un de ces enfants qui aurait été voué à une perte dans cette jungle hostile. Je n'avais rien d'une maman griffon mais je faisais de mon mieux pour l'être et Patapon me le rendait bien, jusqu'à présent. S'il avait disparu il y a quelques heures, ce n'était pas de son fait, donc je ne lui en voulais pas, au contraire, j'étais si heureuse de le retrouver enfin après des heures d'angoisse. Pourquoi est ce que j'étais partie de cette façon ? Je ne saurais le dire, peut être parce que la situation ne me plaisait pas, peut être parce que mon subconscient me l'avait dit, qu'il fallait que j'aille à la grande désolation pour ramener Casper à son oncle. Tant de suppositions, aucune réponse. Alors, je faisais en sorte de ne pas me perdre en chemin, car nous devions revenir pour le festival, nous devions arriver à bord port pour que nous puissions fêter la lumière. Mais cette nuit semblait être sans fin, à moins que je ne perde simplement la notion du temps ce qui ne m'étonnerait pas, tout du moins à moitié. Peut être que j'avais mis peu de temps pour venir ici, peut être que je mettrais aussi peu de temps pour revenir sur mes pas. Peut être que Chière faisait durer la nuit pour que je ne perde pas une miette des festivités. Tant de choses étranges, tant de choses que je ne comprenais pas vraiment, mais pourquoi se poser trop de questions après tout ? Je ne sais pas, je suis comme ça à me poser des milliers de questions en permanence, parce que je ne comprends pas pleinement le monde où je vis depuis quelques mois maintenant. Mais en vérité, j'avais l'impression de mieux en mieux le comprendre comme si je réussissais à décrypter les messages qu'il essayait de m'envoyer, à moins que ça ne soit le hasard, ou la chance même si je n'y croyais pas. Ici, il n'y a rien qui se fait au hasard, rien, vraiment rien, tout est fait dans un but bien précis même si je ne sais que très rarement le but à atteindre. J'avais donc décidé de revenir malgré la nuit et les dangers qu'elle pouvait offrir. Les animaux étaient tous repartis chez eux, ils seraient occupés, et donc ne seraient pas sur moi et Casper. Du moins, je l'espérais. Je marchais donc en direction du Refuge parce que je le devais, j'en étais persuadé. Salem et Ausar étaient mon salut en cette nuit bien noire, elles me livraient le peu de lumière qu'il fallait pour avancer d'un pas assez rapide pour regagner ce lieu où tous étaient présents, du moins en théorie. Car le deuxième jour représentait la lumière et elle était pour ainsi dire absente des débats, inexistante ou presque. Cela ne m'empêchait pas d'avancer, lentement mais sûrement. Puis au bout d'un certains temps, des bruits s'élevèrent au loin.

Et je reconnais ces bruits ! Je les reconnais car avant l'attaque du temple, quelques temps auparavant, il y avait des bruits semblables. Si j'étais presque perdue dans la jungle, je sais que je dois me rendre en direction de ces tambours qui ne sont pas très loin de moi à présent, je le sais, je le sens, c'est indéniable. Je sautille presque de joie, je frétille tel un petit poisson, mais pas trop, parce que je sens que Patapon n'aime pas trop être secoué, souvenir de ma pauvre chemise lors de notre première rencontre à tout les deux. Vite, vite, il faut aller aider les prêtresses pour ... pour quoi au juste ? Se ferraient-elles attaquées ? Je ne l'espère pas, puis en marchant vers ces tambours, je comprends ce qu'elles font. Elles essayent d'apaiser Chière pour que la lumière revienne sur nous pour que nous puissions continuer le festival. C'est tellement logique, comme si une petite ampoule venait de s'allumer au dessus de ma tête, sauf que là, ce sera de la lumière naturelle. Je regarde le ciel, je dois sans doute halluciner, mais j'ai l'impression que les deux lunes sont en train de vaciller. Sans doute la fatigue du trajet parce que mine de rien, depuis que nous avons quitter la grande désolation, je ne me suis pas arrêtée, même pour boire, même pour respirer un peu, parce que je savais que je devais revenir à temps pour que la lumière rejaillisse sur nous tous. Et nous arrivions avec de nombreuses autres personnes pour voir la lumière revenir, plus tard que prévue, mais j'avais confiance, une confiance que je ne comprenais pas moi-même, mais je ne sais pas, j'avais confiance en Chière. Je savais qu'elle n'avait pas tué les animaux, elle devait faire de même avec le soleil, elle le cachait simplement à nos yeux, nous qui étions focalisés sur le ciel ici. Mais si nous étions sur l'une des merveilles du monde, peut être que ce voile devant nos yeux de dessillerait. C'est alors que les prêtresses se mettent à chanter, un chant que je n'ai jamais entendu, mais je crois qu'il est dans leur langue natale, du moins, ça y ressemble. Je ne le comprends pas, mais il doit être important, sinon elles n'agiraient pas comme ça. Je vois alors des personnes que je connais venir vers nous. Elles ont du entendre le bruit des tambours, c'est une évidence alors elles viennent pour soutenir les prêtresses. Je ferrais bien quelques choses mais je ne sais pas quoi faire même si je chantonne avec elle un petit lalala sur le même rythme. Autant faire ce peu. Puis, certains dansent, d'autres chantent encore et c'est alors que le miracle que nous attendions tous se produit. Une étoile apparaît, puis une autre ! Une constellation finit par apparaître dans le ciel, sans que je n'en sache la signification. Puis finalement, le soleil décide de se lever, à l'horizon, la lumière apparaît réchauffant les âmes de chacun ici présent dans une belle communion. Puis le silence se fait, chacun étant émerveillé par ce spectacle aussi improbable, qu'incroyable et flamboyant. Je ne sais pas si Sven est encore là mais j'ai quelqu'un à lui présenter. Je m'arrête alors à côté d'Esther me semble-t-il la jeune française parlant un peu anglais.

" Belle communion n'est ce pas ? C'est magnifique de voir ça, il n'y a qu'ici qu'une chose comme celle-ci est possible. "

Ce n'est pas dans notre monde qu'autochtones et étrangers seraient ainsi. Chacun aurait été de son côté, attendant probablement que le soleil daigne se lever sur nous autres. Si Chière avait vu cela, peut être qu'elle n'aurait pas bougé le petit doigt, mais du coup, elle avait été avec nous, qui sait ce qui se passera pour le prochain jour ? Personne ne le sait sans doute, mais rien ne semble se passer comme prévu en tout cas. Le temps passe, les discussions aussi et le troisième jour arrive. Quel est son thème ? Je ne sais pas, je ne sais plus si on me l'a dit, mais en tout cas, je vois qu'une jeune femme semble sur le point de le célébrer alors qu'il est à présent midi. Oui, le temps passe si vite, c'est simplement de la folie. Mais ô grand malheur, alors qu'elle va sans doute commencer à danser, elle chute plus ou moins lourdement alors que je suis tout proche d'elle. Par un réflexe, je m'approche alors d'elle.

" Tout va bien ? "

Au vue de sa grimace, cette question est idiote, mais bon, elle est sortie de ma bouche. Visiblement, ce qu'elle avait prévue de faire ne va pas pouvoir être possible, elle semble se plaindre de la cheville. Existe-t-il quelqu'un capable de la remplacer ? Que va en penser Chière ? Serait-elle en colère si la jeune femme ne fait pas sa danse ? Encore des questions, mais toujours pas de réponses pour le moment, une habitude en somme même si au final, tout va pour le mieux.
 

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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Mar 28 Juil - 15:51




“ Intrigue - Le Festival de Chiere ”

Que se passe-t-il en Oblivion, Chiere serait-elle en colère ?



Le soleil joue à cache cache avec les lunes d'Oblivion, avec Salem et Ausar. On m'a raconté une fois l'histoire de ces lunes mais je ne m'en souviens pas pleinement, je sais simplement qu'elles représentent chacune quelques choses. Salem n'est autre que la raison et Ausar la passion me semble-t-il et en cette douce nuit, il n'y a pas de raisons qui tiennent, pas plus que de passion pour le moment. Sans doute va-t-il falloir associer les deux pour voir les étoiles et le soleil. Alors que je me réjouis de façon excessive à cette période de l'année, aujourd'hui, c'est d'une autre façon que je me réjouis, du moins pour des raisons différentes. J'aime quand Chière joue avec les nerfs de ces habitants, avec nos nerfs, c'est une petite rebelle que j'aime tant, pourtant, il m'arrive de lui en faire baver, de lui en faire voir de toutes les couleurs. Je tue, je traite sans concession les gens, je les malmène pour qu'ils se plient à ma volonté. Ainsi, je suis quelqu'un de très respectée dans le nid, en dehors mon autorité n'est pas la même, j'en conviens mais elle est aussi présente. Alors que j'étais au Petit matin, j'étais revenue ici, et j'avais emmené certaines personnes dans mon sillage, Athénaïs qui avait vu comme un fantôme et d'autres personnes qui ne savaient pas trop où loger. Le nid n'est pas très loin, d'ailleurs. Je reste donc là à conptempler Chière qui fait des siennes. Les animaux sont revenus, la lumière reviendra, tôt ou tard, j'en suis persuadée, mais je ne sais pas quand, ni comment, mais en Oblivion les choses ne sont pas toujours comme on le voudrait. Et cette année, avec cette afflux très important d'étrangers, je pense notamment à ces Orphelins, Oblivion semble partir de travers comme un rejet de tout ce monde ? Peut être, mais je n'étais certaine de rien, il y a tellement de raison pour que tout parte en cacahuètes, même si cela restera dans des proportions autre que dans mon monde d'origine d'après ce que j'avais cru comprendre. En tout cas, le nid se réveille progressivement alors qu'il fait toujours noir, une nuit noire comme nous n'en avons pas souvent. Il faut dire qu'en dehors des deux lunes, il n'y a aucune étoile. C'est alors que j'entends des tambours, comme lors de notre attaque du temple. Pourtant, nous n'attaquons pas, au contraire, nous sommes bien passifs parce que nous ne pouvons pas accentuer le mal être qui règne ici. Je m'amuserais bien à faire quelques choses, mais je ne vois pas quoi, et puis, c'est habituellement un moment de fête, même pour moi. Parce que oui, je peux m'amuser que croyez-vous ? Sans attendre personne, je reviens alors en direction du Petit Matin pour voir ce qui est en train de se passer. Sans en avoir conscience, j'agis finalement comme bien des personnes qui se retrouvent ici. Je reste alors dans mon coin, ma venue ne se verra de toute façon pas, et puis en ce jour, je ne suis pas l'ennemi, pour une fois, pour une fois. Profitez de ce moment, car il ne sera pas là très longtemps, non, non, je redeviendrais bien rapidement votre ennemie. Je pense notamment à certaines personnes mais au final, je m'en fiche carrément. J'observe, avec le sourire, mais je ne participe pas, il ne manquerait plus que ça, il ne faut pas pousser mémés dans les orties ! Et après des heures d'acharnements la situation se débloque, et un petit sourire se retrouve sur mes lèvres. Mine de rien, je suis heureuse que le soleil revienne et brille dans le ciel éclipsant les lunes mais pas certaines étoiles, un contraste improbable, mais qui ne m'étonne pas le moins du monde à vrai dire. Et le deuxième jour file déjà comme l'ombre chasse la lumière, ou l'inverse, c'est comme vous voulez. Dans mon coin, j'observe la gardienne des traditions : Sila'ë Achal. Elle va joué son rôle pour ce troisième jour, faire sa danse, mais c'est le drame, elle se casse la figure. Dans mon coin, je ne peux pas m'empêcher de sourire, me retenant de rire toutefois. Si j'avais été la seule à voir cela, je me serais bien moquée d'elle, mais devant les autres, je me contente de cela. Décidément, rien ne va dans le sens que l'on voudrait, mais ça me plait bien. Je me demande simplement ce qui va être fait pour la remplacer, parce que je ne crois pas qu'elle soit en état de continuer la petite Sila. Je reste là voyant une petite blonde se précipiter vers elle, ainsi que d'autres personnes. Que va-t-il se passer à présent ? Mon sourire ne cesse de s'élargir, qu'est ce que j'aime quand tout part de travers sans que je n'en sois à l'origine. Peut être que c'est simplement un singe qui a mis une peau de banane sur l'estrade et qu'elle ne l'a pas vue, ou alors elle est plus maladroite que je ne le pensais.



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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Mar 28 Juil - 20:04

Vivant dans un coin reculé de la jungle, je n’hébergeais personne lors des festivités de Chiere mais elles étaient pour moi le rare moment du cycle où malgré ma condition de bannie, je pouvais m’approcher des Campements et y étais acceptée.

Cette année, je ne m’étais rendue aux préparatifs. De toute façon, à quoi cela m’aurait-il servit ? Je n’avais personne à qui offrir de présent, sauf peut-être Ariane de Bohémont, et personne ne m’en offrirait. Cette petite était vraiment intéressante ; un caractère bien trempé, des penchants morbides, une franchise et un cynisme qui m’amusaient. Mais je n’avais aucune certitude de la croiser lors des festivités

Au cours de la première journée, la Fête de l’Origine, tout Oblivion avait été bien calme, trop calme. Nul bruissement de feuilles, nul cri animal ne dérangea la quiétude environnante et j’avais décidé de ne pas sortir de ma modeste chaumière, préparant des onguents et quelques amulettes qui pourraient me servir lors de prochains trocs. Il était bien étrange qu’aucun animal, volant ou rampant, ne passe devant ma porte.
Peut-être Chiere me montrait-elle son mécontentement à ma non-venue à Petit Matin pour commémorer la création du monde.

Le lendemain, je me rendis donc au campement pour la Fête de la Lumière. Je partis tôt et fus même surprise par une nuit sombre où seules Salem et Ausar brillaient d’une lueur vibrante dans le ciel obscur.
Arrivée à Petit Matin, je trouvais l’endroit grouillant de monde, bien plus que les années précédentes. Les regards chieresques que l’on me jette étaient toujours aussi froids qu’il y a vingt-quatre ans lors de mon bannissement.
Dans le ciel, le soleil ne semblait pas venir nous réchauffer de sa présence et des murmures inquiets se faisaient entendre peu à peu. Les Prêtresses tentèrent d’apaiser les esprits, les tambours de cérémonie se mirent en branle, Chieresques et étrangers se regroupèrent et autour de feu-totem un chant s’élèva vers les astres. Je fermais les yeux et me laissais envelopper par cette douce mélodie, les battements de mon cœur suivant celui des tambours. Sans que je ne m’en rende vraiment compte, mes lèvres s’entrouvrirent et j’accompagnais mes frères et sœurs dans leur chant. A l’unisson, nos voix s’élevaient vers les cieux. Lorsque je perçus les premiers rayons du soleil à travers mes paupières encore closes, je rouvris les yeux et me mis à contempler le spectacle qui s’offrait à nous. Une douce lumière envahissait l’horizon, montant graduellement. Il ne pouvait pas y avoir de plus belle Fête de l’Origine que celle-ci ! L’astre céleste réapparaissait grâce à la ferveur du chant qui avait uni les êtres autour de son appel. Nul doute que Chiere approuvait cette communion des esprits.
Je promenais mon regard à travers à foule, cherchant un visage familier ou accueillant, mais ne vis personne avec qui entamer une discussion amicale. Peu importe, j’avais appris à ignorer les commérages à mon sujet depuis bien longtemps. Il était dommage qu’Ariane de Bohémont ou Osir A’timor ne soit pas présents pour échanger quelques mots. Au loin, assise dans un coin, à l’abri des regards mais semblant ne rien manquer du spectacle, se tenait une jeune femme brune au visage dur.
La matinée touchait à sa fin et la Gardienne des Traditions s’avança vers l’estrade où elle allait danser. A peine avait-elle fait quelques pas qu’elle chuta telle une colombe à qui l’on venait de couper les ailes ; une lourde chute, sous les regards médusés la voyant disparaître sous l’estrade qui s’effondra. Une jeune femme blonde vint à son secours suivie par d’autres personnes. Tandis que la Gardienne se relevait, je pus remarquer la grimace qui défigura son doux visage lorsqu’elle voulut poser son pied à terre.
« Une cheville tordue, tout au moins » pensais-je.
Cette chute n’était pas de bon augure.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Mar 28 Juil - 20:16

    La fin du Rêve avait été chaotique. Les Chieresques le savaient, les Etrangers le savaient, et surtout Chiere le savait. Comment célébrer les fêtes de Chiere dans ces conditions ? Pour Ayla, qui avait toujours en tête les sinistres événements de la lune passée, c'était impossible, et pourtant, à la veille de la Fête de l'Origine, chacun courait dans tous les sens, troquait ou finalisait ses cadeaux, décorait le Petit Matin qui était bondé. Même son propre foyer accueillait des Chieresques venus de loin pour l'occasion et participait aux derniers préparatifs. 

    Les centaines de visiteurs, venus des quatre coins d'Oblivion, proposaient comme à chaque fois diverses créations typiques de leur contrée et voir les étoffes du Chant d'Espérance réchauffa quelques peu le cœur de la prêtresse. Même si sa famille natale n'était pas présente pour ces fêtes-ci, elle pouvait reconnaître leur patte et en profita pour prendre de leurs nouvelles auprès de ceux qui exposaient les tissus. Elle les connaissait peu, mais eux se souvenaient d'elle, la petite tisserande aux cheveux d'or devenue Vierge au Temple de Chiere. Puis, l'entrain général eut raison de sa déprime et elle se prit à chercher des cadeaux de dernière minute pour ceux qu'elle aimait, finissant par confectionner des couronnes végétales pour tout le monde, en usant d'un aspect esthétique peu exploité de ses connaissances en botanique. 

    Et pour finir, elle se surprit à attendre le lendemain avec la même excitation que lors des cycles passés, parvenant à peine à avoir de courtes phases de sommeil, consciente qu'elle serait épuisée le matin suivant. 

    Bien entendu, Ayla avait prévu de mettre de côté son humeur massacrante et de participer aux chants aux côtés des prêtresses, plus par convention que par démonstration de foi. N'aie crainte, Chiere, je n'ai pas cessé de te célébrer, je ne doute pas de toi, mais je ne parviens pas à me défaire de l'épreuve que tu m'infliges. Le vide en moi ne s'est comblé qu'avec des blessures plus importantes. Tu peux m'interdire de donner la vie, tu peux semer la mort sur mon passage, mais n'attends pas de moi que j'en sorte indemne. Je ne suis qu'une de tes filles, j'ai leur force, mais aussi leurs faiblesses. En enfilant son voile écarlate, la prêtresse méditait sur sa foi. Elle était en proie à des sentiments contraires, elle ne voulait pas douter de Chiere et en même temps trouvait ses décisions injustes. En prenant place auprès de Sorajaï, elle se remémora les cycles passés, leurs prières qui n'aboutissaient pas et l'infinie tristesse qui en résultaient. En débutant les chants traditionnels avec l'ensemble du cœur des prêtresses, elle oublia ses doutes et se laissa emporter par la mélodie et le rythme des tambours. Cet instant unique les rapprochait de leur Mère et pour rien au monde elle ne pouvait laisser ses émotions négatives interférer avec ce lien. 

    Pourtant, ce n'était pas Son avis. Et Ayla comprit. Elle comprit qu'elle avait été égoïste, elle comprit qu'elle avait ses doutes l'aveugler. Les visages de ses blessés lui avaient fait oublier l'affront qui avait été fait à Chiere en ce funeste jour, alors que ce jour-même elle aurait été prête à prendre les armes pour défendre son Temple. La jungle de donnait pas signe de vie, les animaux ne se mêlaient pas à eux et c'était plus qu'anormal, c'était angoissant. C'était une situation inédite et sans nul doute une manifestation de la rage de leur Déesse. Bientôt, l'angoisse qui ne saisissait pas uniquement Ayla se manifesta par la violence de ses frères et sœurs qui cherchaient un responsable à la colère de Chiere. Alors la guérisseuse resta silencieuse. Ils avaient tort de s'en prendre les uns aux autres et ils avaient tort de prétendre connaître la vérité sur ce signe. A quel point leurs pensées avaient-elles pu se tordre pour qu'ils imaginent qu'un bain de sang rétablisse l'harmonie ? 

    La foule se dévoilait sous son jour le plus horrible : chacun se sentait forcé de prendre un parti et étrangers et chieresques s'unissaient ou se déchiraient, résultant un désordre monumental. Les cris d'excitation de la veille avaient fait place aux huées et tout comme l'entrain avait gagné les plus réticents à la fête, à présent la violence emportait les esprits les plus calmes et même celui d'Ayla commença à intégrer une idée ignoble qu'elle essayait à tout prix de rejeter.C'est la première fois qu'il y a autant d'étrangers, les autres années, tout s'est bien dérouler... Après tout, ils peuvent déclencher sa fureur, avec les atrocités qu'ils ont commises... Dégoûtée de ses pensées méprisables, elle chercha Istalia du regard, car la rouquine était la preuve qu'il existait des innocents parmi ces gens-là. Elle ne tarda pas à la trouver, qui s'interposait pour sauver Rosemary, la jeune femme qui vivait chez elle et dont on raconter qu'elle était responsable de l'incendie du Temple. Certes, Thalia protégeait l'un des siens, mais elle faisait preuve d'un courage honorable et tentait d'apporter la paix avec les moyens dont elle disposait, à savoir le respect que les Chieresques lui portaient. Pour sa part, même si elle admirait les intentions louables de tous ceux qui prenaient la défense des accusés, elle préférait ne pas alimenter la haine et rester à l'écart, écoutant tour à tour les discours inspirés de ceux qui préféraient agir. Pour elle, la Gardienne des Traditions fut celle qui trouva les mots les plus justes et, même si elle ne prononça pas un mot, Ayla l'accompagna du regard, comme si elle pouvait lui transférer tout son soutien.


    Et enfin, les chants libérateur d'oiseaux, les bourdonnements apaisants d'insectes, les hurlements chaleureux de pumas... La vie était de retour dans la jungle, Chiere les délivrait de l'oppression que son absence avait créé.

    Merci.

    Alors que le soir-même, son foyer et leurs invités se remettaient de la journée mouvementée qu'avait été cette Fête de l'Origine, Ayla s'échappa pour entendre la douce mélodie de la Nature animée, ce qu'elle apprécia d'autant plus que cette journée de silence l'avait terrifiée. Elle devait se lever tôt pour entamer les célébrations de la Fête de la Lumière, mais elle ne pouvait pas fermer l'oeil, non pas à cause du manque de confort de son chez-elle – car elle avait l'habitude de dormir dehors – mais pour mieux apprécier ces bruits qui lui avaient manqué. Se laissant bercer par les rythmes des criquets, elle se laissa aller à reposer ses paupières et le sommeil la gagna enfin, sans doute aussi grâce à la fatigue accumulée lors de la nuit précédente. Pour quelques heures, du moins lui semblait-il. Lorsque ses yeux s'ouvrirent sur la nuit, elle supposa qu'elle avait encore quelques heures devant elle et escalada son arbre pour avoir une vue dégagée du ciel. Elle remarqua alors deux choses, au moins aussi inquiétantes que les événements de la veille : il n'y avait pas la lueur d'une étoile et le Petit Matin était illuminé par de nombreux feux, ce qui signifiait que beaucoup étaient réveillés, ce qui la fit se demander combien de temps elle avait réellement dormi. Voyageant de branche en branche aussi vite que son habileté et sa connaissance de la jungle le lui permettaient, elle parvint au Refuge où elle prit connaissance de la disparition du Soleil. Décidément, Chiere n'avait pas fini de signifier son mécontentement. 

    Mettant de côté son incompréhension, Ayla se rapprocha des prêtresses qui reprenaient leurs chants et si la veille, le Petit Matin avait été témoin d'un déchirement sans pareille, ce jour-ci il connaissait un rassemblement inédit. Prêtresses, Chieresques venus de partout, même étrangers, associés ou non à leur peuple au quotidien. La foule qui l'avait terrorisée l'envahissait à présent de toute sa chaleur et la prière qu'ils chantaient à Chiere, la guérisseuse y mettait toute son âme. Ce cycle là était bien spécial et dans l'horreur qu'il avait suscité était née la plus forte des unions et l'harmonie de toutes ces voix, agrémentées des danses et des tambours, eux aussi rayonnant d'une énergie incroyable, arracha un flot de larmes à la jeune femme qui n'en avait laissé que très peu échapper durant cette dernière lune. Les pleurs s'écoulaient sur ses joues pâles, mais sa voix n'en résonnait pas moins, elle voulait que Chiere l'entende, qu'Elle entende chacun d'entre eux, et qu'Elle les entende tous. 


    Elle les entendit. Elle apprécia leur union. Elle leur rendit les étoiles. Une à une, elles apparaissaient, allégeant tous les cœurs plus encore que le murmure de la faune de la veille. Car le spectacle était miraculeux et Ayla ne parvint pas à s'arrêter de pleurer, ne parvenant pas à comprendre ses émotions, car ce moment ne lui appartenait pas. Il ne lui appartenait pas non plus de douter ou de contester Chiere, aussi ne se demanda-t-elle pas pourquoi ils avaient mérité une telle manifestation d'amour. Puis quand enfin le soleil s'éleva majestueusement dans la nuit illuminée, les mains se dénouèrent, les chants se turent, mais le lien resta. Du moins, Ayla le percevait encore. Elle ressentait cette communion avec une telle puissance qu'elle n'osait poser les yeux sur personne, comme si elle avait vécu un moment de transe qui l'avait mêlée à chacun des autres, en plus de Chiere. Après ça, son premier regard fut pour Sorajaï. Les discussions reprirent, car la foule avait besoin de s'exprimer sur l'étrangeté du déroulement des Fêtes de Chiere et Ayla, à l'image de son quotidien au Petit Matin, parla un peu et écouta beaucoup. 

    Il importait peu de savoir quel jours il était en réalité car à présent, on passait à autre chose et on célébrait le jour suivant. Les plus sceptiques redoutaient une nouvelle catastrophe, mais la majorité était encore emportée par la magie de l'union des peuples. Par crainte d'ouvrir à nouveau un cœur troublé à sa Mère, Ayla ne se risqua pas à avoir un avis sur le déroulement de la journée, elle se contenta de participer aux festivités. La Gardienne des Traditions devait danser aujourd'hui et la prêtresse aimait particulièrement ce moment, qui était toujours très beau à voir. Elle se laissa envoûter par la grâce de la jeune femme et la chute n'en fut que plus choquante. Spectatrice impuissante de la tournure désastreuse de cette danse sacrée, Ayla sortit finalement de sa torpeur pour venir au secours de Sila'ë. La jeune femme cible des hostilités de l'autre jour, était présente elle aussi, demandant à la Gardienne si elle allait bien. Vu la façon dont elle était tombée, certainement pas. La guérisseuse s'approcha un peu plus près et s'adressa à la blessée :

    « On va te sortir de là, je n'ai pas pris mes remèdes sur moi, mais je vais envoyer quelqu'un aller les chercher. » Accompagnant le geste à la parole, Ayla fit d'abord signe à Sorajaï d'approcher, dans le cas où elle ne le verrait pas, elle chercherait alors un autre Chieresque de confiance à qui elle pourrait confier cette mission, comme Aliador Atem qu'elle apercevait dans la foule et qui serait même plus informée en matière de remèdes. Ensuite elle lui expliquerait ce dont elle avait besoin. « Il me faudrait aussi de l'aide pour l'amener à l'écart, mais ne bougez surtout pas sa cheville, elle a l'air bien abîmée, je pense qu'elle est cassée. »  Elle inspectait la blessure avec délicatesse et accorda finalement un sourire timide à Sila'ë « C'est vraiment pas grave, ça va aller, ne t'en fais pas. »  Bien sûr, elle parlait de son physique et ne préférait pas penser aux conséquences de son incapacité à danser. Elle espérait de tout son cœur que Chiere n'en tiendrait pas compte et une petite voix en elle lui soufflait vicieusement que c'était Elle qui avait blessé son propre enfant pour continuer de perturber les fêtes. 

    Pourquoi ? Après ce qu'il s'était passé cette nuit...



Dernière édition par Ayla La'hir le Ven 31 Juil - 22:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Mar 28 Juil - 23:30


Perdue dans ses multiples pensées, elle ne vit pas arrivé Tessa dans son dos. Elle sursauta lorsqu'elle entendit cette dernière lui parler. Elle l'avait donc vu dévisager cette fille au loin. Elle lui rappelait Istalia, mais était-ce seulement possible. Elle savait qu'Issac était parti la chercher dans ce monde. Mais la retrouver là, ici, pendant cette fête étrange, c'était impossible. Pas si vite, pas maintenant, elle n'était pas prête. Elle avait pourtant imaginé des dizaines et des dizaines de fois cette scène, mais là à ce moment-là, elle avait peur. Surtout que la petite tignasse brune à ses côtés lui disait furieusement quelque chose. Elle croit bien que même sans les photos, elle l'aurait su, que c'était sa fille. On dit que le lien du sang est puissant, Athénaïs l'expérimentait. Elle regarda Tessa et soupira avant de reporter une dernière fois son attention sur l'autre rouquine qu'elle avait entre aperçu un peu plus tôt.

« Pas exactement un fantôme. C'est plus un souvenir que ne pensait pas voir aussi vite si. Un bout de mon passé que je suis venu chercher. »
dit-elle un brin attristée.

Le reste de la journée se déroula étrangement. Les vieilles donnèrent elles aussi un bout de tissus rouge à une autre étrangère, celle qui était accusée. Puis une fille braya en français. Athénaïs ne comprit pas tout à cause de bruit et de son oreille et ne voulut pas intervenir. Elle était bien trop perdue parce qu'elle avait vu. Istalia cela ne pouvait pas être elle. Et pourtant, elle lui ressemblait tellement à sa petite sœur. Sa petite Talia, la dernière fois qu'elle l'avait vue c'était il y a tellement. Elle n'avait que 16 ans, lorsqu'elle l'avait abandonnée malgré elle. En cet instant, elle se sentait un peu égoïste. Elle l'avait laissée, elle qu'elle aimait tant. Et pourquoi, parce qu'elle ne voulait plus être là. Elle la fautive, la fille qui causait tant de soucis. Elle la grande sœur qui se droguait et qui avait même finit par tomber enceinte d'un homme qu'elle n'avait pas revu. Et ce petit être, elle savait qu'elle ne pouvait rien lui apporter.

Le temps passa et finalement la nuit allait s'installer. Une fois de plus elle vit la tignasse rousse qui s'en allait. Elle ne la suivit pas. Tessa l'invitait à rejoindre Nid-de-Vipère. Elle accepta bien évidemment. Elle allait retourner voir ce cher Jake. Elle commençait lentement à le tiller sur sa vie avant Oblivion. Cette nuit-là, Athénaïs ne dormira pas encore. Non que les moustiques s'en mêle, pour une fois, ils n'étaient pas là comme tous les animaux d'ailleurs et cela depuis le début de la journée. Mais voilà, voir, croire voir sa sœur la perturbait au plus haut point. Elle ne savait pas comment elle devait agir et en parler à Tessa, là tout de suite, c'était impossible, impensable.  Elle ne la connaissait pas assez pour cela. Non elle aurait aimer être avec Issac, lui dire combien tout ceci la troublait. Mais il n'était pas là. Elle ne l'avait pas vu et son cœur se serrait dans sa poitrine. Combien de temps, combien devra-t-elle attendre avant de le revoir, lui l'homme de sa vie. Elle lui doit tout. Elle n'ose pas imaginer ce qu'elle ferait si elle le perdait.  Alors elle ne pense pas, essaye de ne pas penser. La nuit passa et au matin Athénaïs cru que c'était une blague. « Mais qui est l'abruti qui a coupé le courant partout » faillit-elle crier au milieu du campement. Mais non, elle se ravisa et cligna des yeux plusieurs fois pour s'habituer à la semi pénombre environnante. Décidément cet endroit était bien trop étrange pour elle. Voilà que le soleil le voulait pas se lever. Ce n'était pas une éclipse, non non juste qu'il faisait la grève. Elle se dirigea vers Petit Matin comme beaucoup d'autres. Visiblement, les autochtones n'étaient pas rassurés eux non plus. L'angoisse monta et Athénaïs crut qu'elle allait suffoquer.  

Une voix finit par s'élever au campement, suivit de plusieurs autres. Ce n'était pas un chant, plus une mélopée, un appel, voilà c'était un appel. Les habitants d'Oblivion appelait le Soleil. Petit à petit les étrangers se mirent eux aussi à chanter et Athénaïs se surprit à le faire à voix base elle aussi. Pourtant elle resta dans son coin tout comme Tessa d'ailleurs. Elle ne se mélangerait donc jamais avec eux ? Pourtant de ce qu'elle avait compris, cela faisait un petit moment que la Brune était coincée ici en Oblivion. Et puis oh miracle, le Soleil commença à se lever enfin. La rouquine tiqua légèrement. C'était quoi  tout ce cirque une mascarade, une mise en scène. Voilà une grosse mise en scène comme dans certains rituels indiens d'Amérique du Nord. Le soleil revenue, une femme alla se préparer pour... danser ? Les yeux de la rouquine roulèrent dans leurs orbites et elle se tourna vers Tessa.

« Dis-moi c'est quoi encore tout ça ? »

La fille se mit à danser et puis elle chuta. Panique générale, tout un tas de gens se mettaient à accourir vers elle. Athénaïs elle resta sur place incrédule.

« Il faut peut-être aller voir si elle s'est pas fait trop mal non ? Tu en penses quoi toi ? Ils vont la soigner avec leur grigri et compagnie ? »
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Mer 29 Juil - 20:41




“ Le festival de Chiere ”

tous les enfants de Chiere


Je ne sais plus quoi penser de tout ce qui se passe. Jamais le Festival n’a connu autant de mauvais présages. Les animaux absents, puis le soleil qui ne se lève pas. Deux jours d’angoisse tandis que les esprits s’apeurent et s’énervent. D’où vient que Chiere nous impose de telles épreuves ? Je ne suis pas rassurée, me demandant quel sombre malheur va s’abattre sur nous aujourd’hui. Je connais l’obscurité, beaucoup d’âmes torturées s’y noient tandis que je dois les y retrouver. Mais d’habitude, cela appartient au monde des non-vivants. Une telle obscurité ne devrait pas être ici. Je repense encore à Peny, au mal qu’ils ont voulu lui faire, au déferlement de violence et de stupidité de la part de certains Etrangers. Mais par bonheur, rien de stupide n’a été fait. Quelques provocations mal venues, mais c’est tout. Le plus inquiétant est encore que la Gardienne elle-même ne sache pas précisément ce dont il retourne. Ce qui veut dire que c’est inédit. Peut-être est-ce dû à l’arrivée massive d’étrangers, comme cette femme blonde, surgie de nulle part l’autre jour. Mais cette explication ne me satisfait pas, car Chiere ne les aurait tout simplement pas laissé entrer si tel était sa volonté.

En tout cas, les cérémonies peuvent commencer à présent. Et même si je n’aime pas du tout la foule ou la présence de tous ces gens, je dois admettre que le moment est solennel, et que je me surprends moi aussi à entonner des chants en l’honneur de notre déesse. Voilà bien un des rares moments où j’ai l’impression d’appartenir à toute cette communauté éparse de vivants. Et tout à coup le soleil. Enfin. Est-ce un signe de Chiere pour nous indiquer qu’elle n’attendait que cela ? La paix ? Je l’ignore, mais je chante encore, de plus belle, savourant le moindre rayon de soleil glissant sur ma peau tout en fermant les yeux. Merci Chiere, nous allons te célébrer comme il se doit. Sauf que cela ne dure pas. Alors que la paix et l’harmonie semblent s’être emparé de tous les cœurs, un bruit de fracas retentit. Les chants s’arrêtent, remplacés par des cris. Que se passe-t-il ? Je tente de voir, mais la vérité est que je ne vois rien. Peut-être parce qu’il n’y a plus rien à voir. L’estrade n’est plus, je ne distingue pas la Danseuse Sacrée, la Gardienne.

Je me fraye un chemin sans ménagement pour mieux voir ce qui se passe et découvrir qu’elle ne pourra pas danser. Je me tourne alors vers la Passeuse des Ames, pour lui jeter un regard qui traduit tout mon désarroi. Nous avons chanté pour Chiere, y compris les non-natifs. Alors pourquoi ce coup du sort ? Et je ne peux rien faire pour aider. Et cela est terrifiant.

« Je suis inquiète, Passeuse. Aucune âme ne nous a préparés à cela, mais je gage que les prochaines seront tourmentées… »

Elle me passe une main dans les cheveux, comme si je n’étais encore qu’une enfant. Ce que je suis, à ses yeux, bien qu’elle me laisse officier seule de temps en temps. Néanmoins, ce n’est pas de Passeuses dont on a besoin ici, mais de quelqu’un qui détient les réponses. Or, si même la Gardienne est frappée, je redoute le pire. Même si je n’aime pas cela, être au contact des gens, je circule tout de même à travers la foule, au cas où quelqu’un aurait besoin d’aide, quelle qu’elle soit. Nul ne semble blessé à part la Gardienne, mais à mon avis, certains Etrangers doivent être encore plus perdus que nous face à tout ce qu’il se passe, alors autant faire mon devoir et en guider certains si besoin. Même si je n’ai pas l’habitude de le faire pour les vivants.

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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Jeu 30 Juil - 15:14

Tous ces « signes de Chiere  » commencent  à sérieusement inquiéter la blonde. D'abord les animaux qui disparaissent et maintenant cette journée plongée dans la nuit la plus sinistre qu'il soit ? Tout cela ne lui dit rien de bon. Et pourtant, tout problème a une solution et tandis qu'Eline, appuyée sur la rambarde, continue de regarder le ciel avec Ambal, un vol de perroquet l'arrête nette dans ses pensées. Des oiseaux, les animaux reviennent. L'un d'eux fait un arrêt sur l'épaule de la jeune fille, c'est celui qu'elle a recueilli il y a peu de temps et qui passe tout son temps dans son campement. Il prononce une énième fois le mot Maman, du moins c'est ce qu'elle pense, elle ne comprend pas la langue dans laquelle il a parlé mais elle a l'habitude qu'il ne dise que ce mot, dans toutes les langues existant au monde, il faut croire que c'est un polyglotte.  Regardant au loin, Ambal appelle Lou-Ann, Esther et Hortense qui les rejoignent sur la terrasse. Elle désigne Petit Matin, où on aperçoit effectivement un rassemblement, mieux valait rejoindre tous les autres. Eline caresse alors tendrement le perroquet toujours perché sur son épaule et le voit déployer ses grandes ailes multicolores et faire une envolée. Elle sait que de toute manière, il ne lui faudrait pas beaucoup de temps pour revenir la voir.

Un long silence accompagne le petit groupe tandis qu'elles se rendent au village devant elles. Seule Esther rompt le silence pour poser une question à Ambal. Au loin, on entend quelques tambours. Une foule s'est déjà rassemblée sur la place, autour du totem. On entend quelques murmures par dessus les percussions puis des voix, magnifiques, s'élèvent. Eline reconnait un chant qu'elle a déjà entendu plusieurs fois, il semble être comme un hymne pour les chieresques qui le connaissent tous par coeur. La blonde en connait quelques passages depuis le temps qu'elle est arrivée en Oblivion. Ses bras sont remplis de frissons, plus personne ne parle afin d'écouter les prêtresses. Les chanteuses continuent alors d'enchainer les paroles et sont bientôt accompagnées par un musicien, puis un autre, et c'est tout l'orchestre de Petit Matin qui continue de jouer. Et, tandis qu'une autre voix, moins mélodieuse se fait entendre, c'est une bonne partie de la foule qui reprend ensuite le célèbre chant chieresque. Eline, d'abord timide, n'ose pas. Mais en levant le nez, elle aperçoit une étoile brillant dans le ciel. Une étoile est revenue. Elle articule alors quelques paroles et se cale sur le rythme, chantant avec le reste des gens l'entourant. Et c'est finalement des milliers d'étoiles qui apparaissent faisant ensuite place à un Soleil resplendissant. Chiere a-t--elle voulu voir si toutes les personnes peuplant Oblivion aujourd'hui, chieresques, égarés, orphelins et aventuriers, étaient prêts à s'unir pour une seule et même cause qu'était la nature ? Peu importe, c'est beau et la Journée de la Lumière est complète.

La matinée s'est déroulée tranquillement, les filles sont restées groupées et ont pu discuter un peu de tout. Eline est heureuse d'apprendre à mieux connaitre Ambal, avec qui les débuts ont été difficiles mais également Esther, qu'elle ne connait que très peu. A midi, une foule commence de nouveau à se former et la jeune fille se fraye un chemin pour mieux voir. Sur une estrade, la gardienne des traditions se met en place, se prépare et chute misérablement. Eline ne peut s'empêcher d'être ébahie. Quelqu'un essayerait-il de ruiner cette fête ? Tout n'est que catastrophe depuis que les festivités ont commencé.

« Vous pensez vraiment à des coïncidences ? C'est impossible que tout se passe si mal, je n'ai jamais vu ça...  »

La foule s'agite, encore une fois, une habitude que tout le monde prend désormais. Une fille se précipite pour porter secours à la gardienne, elle semble chieresque mais Eline ne l'a jamais vu. La blonde ne sait pas quoi faire, ni comment réagir. Elle voudrait aider mais plusieurs personnes se rendent déjà vers l'estrade, elle serait sûrement de trop.

« Et la danse de l'origine, il n'y a que la gardienne qui la connaisse ? Personne ne pourrait la danser à sa place ? Il faut faire quelque chose pour sauver cette journée, encore une fois, vous n'êtes pas d'accord ?  »



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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Sam 1 Aoû - 16:17

Tous les animaux avaient disparus Chiere sait où, mais à la tombée de la nuit ils étaient revenus. C'est tout ce qui comptait pour l'éleveuse, et elle clôtura cette journée éprouvante en cajolant chaque griffon qui acceptait sa présence.
Elle était si soulagée de ce dénouement que le lendemain, la disparition du soleil la laissa perplexe sans la préoccuper outre mesure. Comme les animaux, il réapparaîtrait peut-être ? Pour l'instant, le spectacle des deux lunes dans ce ciel noir était magnifique. Leur éclat était si intense que toute la nature était détaillée à l’extrême, et les harfangs semblaient briller eux-mêmes.

Aliador fut tirée de sa contemplation par l'appel des tambours, et rejoignit Petit Matin presque à contre cœur. Si c'était pour entendre à nouveaux des accusations et subir la présence de tous les étrangers de l'autre monde, sans façon. Elle arriva sur la place noire de monde, résignée. Puis entendit le chant s'élever. Ancestral, prenant de l'ampleur, il toucha son âme avec puissance. Elle chanta elle aussi, se joignant au chœur de son peuple, sans prêter attention aux Orphelins autour d'elle. Plus de haine ou de peur, seulement cette union incroyable dans la musique, le chant, la danse. Elle frissonna, portée par cette énergie.
Puis au-dessus d'Oblivion, de nouvelles étoiles apparurent. La nuit se retira à la fin du chant, et le soleil vint, enfin, inonder le monde de sa chaleur et sa lumière.
Ô Chiere ! Quel Matin somptueux offre-tu à tes enfants !

L'éleveuse était encore étourdie par ce qu'elle venait de vivre. Les Fêtes pouvaient enfin commencer. Enfin, si d'autres imprévus ne surgissaient pas à nouveau, mais Lia ne se sentait pas d'humeur fataliste pour une fois...
Et voilà que Sila'ë Achal chute au premier pas de la danse de l'Origine, et disparaît à travers l'estrade. Pourquoi le sort s'acharnait ainsi ? Et à tous les coups, personne d'autre ne doit connaître la danse pour remplacer la Gardienne !

Elle vit la mère du bébé griffon s'approcher de la danseuse, suivie de près par Ayla. Elle croisa le regard de la guérisseuse tandis qu'elle demandait de l'aide pour qu'on aille chercher ses remèdes. « Je m'en charge mon amie, dis moi de quoi tu as besoin et je te l'apporte au plus vite. » Pendant qu'elle s'éloignait vers la demeure d'Ayla avec les instructions en tête, la brunette ne put s'empêcher de penser que Chiere les mettait à rude épreuve : un seul moment féerique, pour quantité de désastres. Peut être valait-il mieux abandonner toute tentative de fête et laisser la Déesse les guider.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Sam 1 Aoû - 18:25

Allez viens chanter Ölver.

T'es pas sérieux là?

Il chantait pas des masses, des fois au karaoké les nuits bien arrosées. Pourtant il avait fini par bouger parce que McAllister avait insisté lourdement. Le gars savait être persuasif des fois. Alors l'islandais avait laissé un moment Némésis et l'anglaise nouvelle comme lui au manoir. Eux ne connaissaient pas encore les chants, ils étaient donc restés en retrait. Ölver était lui allé au front. C'était pas génial mais le gosse avait fini par se laisser envoûter par la magie du moment.

Ouais pas de commentaire
, avait-il déclamé en revenant près de ses potes.

C'était drôlement efficace en tout cas. La lumière était revenue de façon extraordinaire. Ca l’avait pas interpellé outre mesure, parce que globalement il était déjà dans Oblivion, un monde qui de lui-même était rempli de choses extraordinaires. Alors de la lumière qui disparaissait, c’était pas forcément ce qui l’impressionnait le plus.

Oh vous savez chez moi, on a quasiment pas de lumière en hiver.

Le chieresque le regardait bizarrement, et Ölver s’appliquait à lui raconter les particularités solaires selon les latitudes terrestres. Le local semblait suspendu à ses lèvres et c’était sans doute parce que l’islandais était à fond dans ce qu’il racontait. Finalement cette fête que Chiere s’appliquait à démolir ne se déroulait pas tellement mal. La veille et avec quelques verres, la soirée était passée. Ölver avait fait le choix de ne pas rentrer au Manoir. Pas tout de suite. Les rencontres qu’ils faisaient étaient intéressantes, et finalement ça l’avait décidé à se socialiser.

Et puis l'estrade avait cédé alors que la danseuse avait commencé son spectacle.


______



Un coup de coude vient lui labourer les côtes tandis qu’il ricane en silence.

Mais arrête on va te remarquer.

Oh c’est bon elle s’est juste cassée la gueule. Me dis pas que t’as jamais rigolé en voyant quelqu’un tomber. Pour une raison inconnue tout le monde a l’air de prendre ca au sérieux. McAllister est de ceux-là et Ölver lève les yeux au ciel. Regarde Wright a raison, ils ont qu’à prendre quelqu’un d’autre. Vas-y toi Némésis, ajoute-t-il en poussant son pote. Il est en train de se marrer doucement. Un voile et la danse du ventre et niquel.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Dim 2 Aoû - 10:53

Qu'on me donne l'obscurité, puis la lumière.

La journée d’hier s’était finie étrangement. Les excités Chieresques avaient fini par se calmer, alors que la plupart des étrangers s’étaient carapatés en douce, suivant un mec balaise aux allures de biker. J’étais resté là, parmi la foule. Incapable de savoir quoi faire, j’avais fini par me poser sur un banc, et regarder calmement l’action se dérouler sous mes yeux, spectateur inoffensif.

Quand je fus sûr que les trois étrangères ne risquaient plus rien, je reparti au village des Orphelins, me coucher dans ma cabane, dans les hauteurs.

Le lendemain fut tout aussi surprenant. Les animaux étaient revenus. Mais le soleil, lui, avait fait sécession. Pays de fous.

Alors que tout le monde ne se posait qu’une seule question « Pourquoi ? » sans trouver ne serait-ce qu’un début d’avancement de piste sur les intentions d’une divinité qui les dépassait complètement alors qu’ils la priaient depuis une éternité, je ne me posais qu’une question, qui a mes yeux avaient beaucoup plus d’intérêt et qui pourraient bien plus m’aider à anticiper la suite des événements : « Et après ? ». Il aurait aussi pu être intéressant de remettre en question les réponses à « Qui ? » et « Comment ? », mais sérieusement, faire disparaître le soleil ? J’avais vraiment l’impression qu’on m’avait drogué. Peut-être étais-je mort, en fin de compte ? Ce monde remettait en question toutes mes croyances et principes. C’était la première fois que j’assistais à un miracle aussi titanesque, ce n’était pas juste un monstre géant ou une géographie un peu perturbée, c’était carrément le soleil qui disparaissait. Je savais que je n’étais plus sur Terre depuis que j’avais vu les deux lunes, et d’autres évènements auraient pu s’expliquer… Mais ça ?

« Et après ? », donc. Les actions de Chiere - ou du quelconque guignol en contrôle de ce lieu maudit - semblaient suivre une logique précise. Nous allons fêter quelque chose en produisant tout l’inverse. Aujourd’hui, soit, il n’y avait pas de soleil. J’en avais très honnêtement pas grand-chose à faire. Les lunes étaient assez claires et nous étions suffisamment nombreux pour assurer notre survie. Mais demain ? Et les jours suivants ?

Qu'on me donne la nuit, pour que j'aime le jour.

Après quelques questions aux Chieresques les moins mal lunés des alentours, j’obtins un planning serré des trois prochains jours : fêtes de la Mémoire, du Passage, et enfin de la Vie.

Les deux derniers me semblaient assez inoffenssifs, je ne voyais pas franchement d’intérêt à une cérémonie de passage d’un enfant dans l’âge adulte, de toute façon. Et puis, la fête de la Vie… Au pire, on pourrait pas faire de galipettes de la journée… J’ai connu pire.

Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes.

Mais la Mémoire… On allait célébrer les disparus. Les morts. Et si… Oh non, je n’ai vraiment aucune envie de me retrouver au milieu d’un épisode de Walking Dead. Demain risque d’être un jour bien plus dangereux qu’une bête absence de lumière. Je mis instinctivement la main sur la Lance d’Indra, arme que j’avais trouvée quelques semaines plus tôt, et qui m’avaient maintes fois sauvé la mise depuis, dans cette jungle sauvage. Mais avait-on déjà vu des zombis monter aux arbres ? Non. C’était décidé, demain, je resterais bien au chaud, barricadé dans le village des Orphelins.

Bon, voilà pour le planning. Et en attendant ? Fiesta ? On a clairement toute la nuit devant nous, et elle risque d’être longue. Ça doit être un peu l’idée des hippies du Petit Matin. Ils se sont rassemblés dans le campement que j’ai désormais rejoins, et entament chants et danses. Leurs voix sont puissantes, leurs danses chorégraphiées. Cet instant me rappelle le soir de la nuit au Temple, avant que la situation ne tourne de nouveau au vinaigre. Et il me rappelle cette même sensation de bien-être, de calme et de joie. Ces Chieresques ont définitivement un certain pouvoir.

Et voilà que le jour revient alors que l’une d’entre eux entame la danse de l’Origine, subitement interrompue. J’ai presque peur, un moment, que l’aube naissante ne se résorbe derrière l’horizon, mais Chiere n’a pas l’air si rancunière que ça. J’ai presque envie de les aider, mais vu comme ça a réussi jusqu’ici à tous ceux d’entre nous qui ont essayé de s’impliquer dans leurs affaires, ça ne me donne pas du tout envie de lever le petit doigt pour elle. J’aurais peur qu’il finisse coupé. Alors j’attends, et j’observe.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Dim 2 Aoû - 11:55

Je suis ravie.

Au cœur de ma poitrine, mon cœur brûle et brille, illuminant mon âme de l’intérieur. Mes yeux scintillent, ma voix s’élève.

Hier, je me suis battue pour le peuple Chieresque. Hier, j’ai chanté, j’ai peint, j’ai dansé. Hier, la Haine habitait trop profondément le cœur des Hommes pour que la beauté et l’appel de Chiere ne les fassent revenir sur le chemin de la Joie.

Cette nuit, j’ai pleuré.

Aujourd’hui, j’ai eu peur. Mon cœur encore serré de la désolante journée d’hier, j’ai constaté avec effroi l’obscurité de l’aube. Les animaux, revenus, et la végétation, florissante, ont su sécher mes larmes. Mais mon cœur n’a vraiment connu la chaleur que lorsque les Chieresques ont ensemble, enfin, connu l’éveil.

Les prêtresses ont chanté. J’ai chanté. Les voix se sont élevées, rythmées et enjouées, d’abord solitaires, puis bientôt, nombreuses. Les Hommes ont chanté la Lumière, et la Lumière est venue, illuminant de ses rayons d’or un peuple enfin en Paix. Etrangers et Chieresques ont chanté, main dans la main, cœurs à l’unisson. Ils ont oublié leur colère première et ont retrouvé le calme, la joie et l’amitié qui les caractérise. Je ne peux qu’être fière de mon peuple, qui a su se relever alors même qu’il craignait l’abandon de sa déesse première.

Dans mon cœur et mon âme, les émotions affluent et font vibrer mes membres au rythme des voix qui m’entourent. La cheville blessée de la Gardienne des Traditions n’a pour moi plus aucune importance et d’autres, ensemble, sauront se relever et danser l’Origine. Les Chieresques sont de nouveaux unis, et Chière veille de nouveau sur nous de son regard bienveillant, rien ne saura nous arrêter.

Echos aux larmes de cette nuit, de nouvelles viennent couler sur mes joues. Dans mon cœur aussi, une Lumière ardente a remplacé l’Obscurité.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Dim 2 Aoû - 13:40


Pour les plus courageux:
 

« Nuiiiiiit ! »

Nuit ?

Qu'est-ce qu'elle raconte ?

Je finis par rouvrir les yeux.

Mais... elle a raison ! Il fait nuit ! Une éclipse ? Ou on a définitivement perdu la vue avec ce... truc lumineux. Non, je peux distinguer des feuillages. Des feuillages ? Mais... mais c'est n'importe quoi ! Nous ne sommes plus autour de Stonehenge... En fait nous ne sommes certainement pas en Angleterre ! Je ne comprends pas. Est-ce que je suis en train de rêver ? Essaie de crier, Ivy.

« HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »

C'est malin, j'ai fait pleurer Lili.

« Shhh... tout va bien, je faisais juste un test... Tout va bien, microbe, shhh shhh... »

Je peux crier, je peux bouger, je me mords et je ressens la douleur. J'essaie de comprendre mais c'est comme si mon cerveau s'était mis sur off. C'est la première fois de ma vie que ça me le fait : je ne comprends rien. Je n'ai aucune idée de ce qui nous est arrivé et ça m'angoisse. Bon. Calme. Reprenons depuis le début. Commençons avec les sens, l'interprétation ce sera pour plus tard.

- Qu'est-ce qu'on voit, Lili ?
- Nuit... nuit...
- Oui, on a compris ça. Alors il y a des plantes tout autour de nous, on ne les voit pas très bien car il y a peu de lumière. J'ai l'impression que les arbres sont hauts, j'essaie de voir les étoiles, mais la plupart du ciel est caché par les feuillages. Allez, fais-moi un bisou, on va comprendre, d'accord ? On va comprendre.

C'est plus moi que je rassure, qu'elle. A en juger par ce que je parviens à voir, les bruits et les odeurs que je peux percevoir, je suis en pleine jungle. Ce qui est absolument impossible. On ne peut pas passer de la campagne anglaise à l'Amazonie en quelques minutes. La géographie ne fonctionne pas comme ça, la téléportation n'a pas encore été inventée, et ma tête commence à être douloureuse à force de remuer des théories. On va garder le rêve, même si tout me semble trop réel ; je pourrais être amnésique et avoir oublié tout mon voyage depuis Stonehenge, mais je suis habillée pareil et Lili a l'air aussi perdue que moi ; peut-être qu'au final, la téléportation a été inventée et je suis un dommage collatéral d'une expérience secrète...

Assez !

Je comprendrai plus tard, là il faut que j'avance, que je trouve un endroit plus éclairé. Si je suis effectivement dans la jungle, il y a probablement des bêtes dangereuses qui rôdent et je ne suis pas entraînée pour ça. Je n'ai pas fait tout ça pour mourir à quinze ans ! Et il est hors de question que Lili fasse l'appât pour que je puisse m'enfuir... Pourquoi est-ce que j'ai pensé à une chose pareille, déjà ? Cette jungle est en train de me rendre folle. La seule Nature que je connais, c'est la campagne anglaise, ce n'est pas aussi sauvage et certainement moins risqué, il y a plus de gens qui se font bouffer par des pumas que par des vaches, c'est bien connu ! Et encore, je n'imagine même pas comment je vais m'y prendre pour me nourrir... Il faut que je retrouve la civilisation. Eh, si je ferme les yeux quelques minutes, à nouveau, est-ce que je peux retourner sur mon île pluvieuse ?

Ah non.

A force de marcher, j'atteins un endroit un peu plus dégagé mais l'observation du ciel me laisse encore plus perplexe. Qu'il n'y ait pas d'étoile en pleine jungle est assez surprenant mais rassurant, c'est peut-être le signe d'une ville aux alentours. Les deux Lunes en revanche... Non, tout ça est trop bizarre. Sur mon dos, Lili s'est endormie et j'en profite moi aussi pour me poser, je suis fatiguée mais je ne peux pas fermer les yeux, je ne peux pas prendre le risque de me faire manger. Bon... juste une seconde, juste pour me reposer les paupières... C'est une fois les yeux clos qu'ils parviennent à mes oreilles. Les chants. Des gens chantent. Des gens ! Près d'ici ! Il faut que je les trouve !

Je me lève en vitesse, trouvant je ne sais où la force de courir, motivée par les sons humains que je perçois. A l'oreille, je constate que je me rapproche, c'est déjà ça, et parfois, je regarde en l'air en me demandant si je peux me guider à l'aide de l'une de ces lunes. Je ne cherche même plus à comprendre, j'ai besoin de trouver ces gens. Je ne peux pas entendre leurs mots, mais leur mélodie se répète et je me surprends à la chantonner de mon côté. Peut-être que comme les gitans, quand je connaîtrai leur musique, ils m'accepteront. Oui, de plus en plus près de mon but, je me mets à douter : et si les chanteurs étaient hostiles ? S'ils étaient des indiens de la jungle qui voulaient me manger ? Non, j'ai le totem avec moi. On ne peut pas faire de mal à Lili, elle est trop petite et trop mignonne pour ça ! De toute façon c'est un risque à prendre, si je reste toute seule ici, je vais y passer, c'est sûr !

« Ooooooooooooooooooooooooh ! »

Tiens, elle est réveillée.

« 'vy, Ivy, Ivy. IVY ! »

Je lui ai appris à ne pas dire « Maman ».

- Ouiiiiiiiii... deux minutes ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- 'gade.. egade...
- Que je regarde quoi ?

Je tourne ma tête autant que je peux pour la voir le nez en l'air. A mon tour alors je lève les yeux. C'est... C'est magnifique. Il n'y a plus rien. Je ne suis plus rien. Je ne veux plus savoir où je suis. Je veux juste regarder ce ciel. Les étoiles de la jungle sont les plus belles du monde ! Stupéfaite, j'arrête d'écouter, je contemple, juste. Une idée entre dans ma tête. Je cherchais ce matin un signe divin et pour la première fois ces cieux animés sont ce qui s'en rapprochent le plus. C'est tellement beau et tellement surréaliste. Si c'est un songe, c'est le plus beau que je n'aie jamais fait. Je me sens ravivée, inspirée, je vis un instant magique et mes rêves d'astronome poussent à nouveau contre mon cœur. Au fil de mes aventures, je les avais enfouis et devant un tel spectacle, ils ressortent énergiquement. Est-ce que ceux qui observent le ciel font toujours face à ce genre de tableau ? Non, quelque chose me souffle que je suis témoin d'un événement exceptionnel.

Lili, en revanche, se lasse plus vite que moi. Son petit ventre doit la tourmenter car elle commence à chouiner qu'elle a faim. Je décolle mon regard d'en haut et je lui attrape un biscuit dans mon sac. Je n'ai plus grand chose et en lui tendant ce petit gâteau qui sera très loin de la rassasier, mes idées se remettent en ordre : trouver des gens est une priorité. Le jour se lève et je distingue enfin des silhouettes humaines. Je suis toute proche.

Je fais descendre la petite qui me tape sur les côtes et lui tiens la main pendant qu'elle se dégourdit les jambes. Alors que le soulagement d'être arrivée grandit en moi, l'adrénaline retombe et je ressens une fatigue intense et la faim qui vient s'y ajouter. Depuis combien de temps suis-je dans la jungle ? Je pense avoir marché toute une nuit, mais je n'en suis pas sûre. J'essaie d'interpeller quelqu'un mais aucun son ne sort de ma bouche. Je suis juste trop crevée. Mes jambes me lâchent et je tombe par terre sur les fesses. Je serre toujours la main de Lili, c'est la seule force qu'il me reste. J'ai encore un peu d'eau dans mon sac mais je dois en garder pour elle. J'ai la bouche sèche et il faut que je mange quelque chose. Je finis par agripper la première jambe qui passe pour murmurer :

« Aidez-moi s'il vous plaît. »

Les détails sur ce lieu, ces gens, cette langue qui se parlait autour de moi – faites que le type à qui appartient la jambe me comprenne ! - ça viendra ensuite. Les besoin vitaux, d'abord.

« Un café... ça serait parfait... »
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Dim 2 Aoû - 20:07

Le son des tambours raisonne dans toute la jungle, les cabanes de Petit Matin vibrent. L’appel. Autour de moi, au centre près du feu, je suis accompagnée des vingt-et-une prêtresses et bien plus encore... les anciennes, les futures. Toutes réunies. Nos voix s’élèvent dans le ciel. Un chant que l’on connaît par cœur. Un chant immémorial. Un spectacle se met en place - les danseuses, les musiciens, la nature se joint à nous dans un tourbillon de vent. Les Egarés attrapent le chant en route et les Orphelins les suivent - parfois, juste en marmonnant. Je ne peux retenir mon sourire, faut-il faire chanter la nature pour nous unir tous ? Un mélange de couleurs. Un mix de voix. Je prends le main d’une aïeule. L’heure est au réconciliation. L’heure est la vénération.

La première étoile se rallume comme portée par l’intensité de nos paroles, puis une seconde et une troisième... Nous chantons pour les étoiles. Un chant astral. De nos voix unies dans un tourbillon de paroles, une constellation est née. De notre chant ancestral, vieux comme la nuit des temps, ancien comme le monde et celui avant lui. Chiere ne nous a pas abandonné, elle est là, elle écoute, elle danse au son de la mélodie.  Nous vivons un moment unique, j’ignore si les autres en ont conscience mais, c’est exceptionnel. Dans un bouquet final, le soleil apparaît enfin de toute sa splendeur. Les premiers rayons viennent nous caresser le visage, réchauffant le cœur de chacun. Le Jour de la Lumière porte bien son nom et même si nous n’avons pas vu l’aube - Chiere nous a offert bien plus encore.

Le soleil est à son aurore, je me prépare à danser l’Origine. Déjà assez impressionnée par tout ce monde, je me suis longuement entraînée. Je m’avance à pas de velours, je m’incline gracieusement, je m’élance et je sens le sol se dérobait sous mes pieds. D’habitude, je ressens ce sentiment de légèreté, de souplesse. Le vent m’emporte et je virevolte dans l’air mais là, l’estrade s’effondre. Une douleur envahie ma cheville et monte le long de ma jambe. Machinalement, je prends mon pied dans ma main pour voir l’étendue des dégâts. Visiblement, cette année Chiere ne voulait pas que l’on danse l’Origine. Tout change. L’Eveil approche et peut-être attend-elle de nous que l’on ouvre nos esprits ? « Chiere te remerciera de ta bienveillance. » répondis-je à Kriemhilde en anglais. Je n’étais pas fière mais, je gardais mes états d’âmes pour moi. Elles n’avaient pas sa place ici et maintenant.

Je faisais un sourire à Ayla, toujours avisée et dévouée. Je lui prends le bras - déjà en train de s’affoler alors que l’assemblée ne peut rester ainsi. « Je vais bien. » Ayla regardait minutieusement ma blessure. Je n’étais pas inquiète. Mais... j’essayais de me relever, je retombais instantanément. Aliador Atem se dévoua d’aller chercher de quoi me soigner. L’éleveuse de griffons descendue comme moi de sa montagne. M’appuyant sur Ayla pour me relever, aidée par quelques membres de ma garde qui me soutenaient. Ils allaient me porter à l’écart mais, je refusa.

« Enfants de Chiere, si nous ne pouvons célébrer l’Origine d’Oblivion. J’invite nos Invités à nous conter leurs propres mythes des origines.» Lançais-je à toute l’assemblée. Je prenais soin de ne pas les appeler ‘Etrangers’ mais bien ‘Invités’. A eux de nous compter leurs histoires et leurs légendes. Nous n’étions pas en mesure de célébrer notre Origines, alors fêtons l’avenir. Eux, Orphelins, Egarés, Aventuriers, tous connaissent nos coutumes, découvrent nos traditions mais nous, que connaissons-nous d’eux ? Que très peu de détails, je donnais l’occasion à nos Invités de prendre la parole, de faire entendre leur voix dans le but de mieux les connaître et de mieux les comprendre.

Un chant avait pu nous unir. Une danse nous avait accompagnée. Une constellation était né. J’avais foi en eux et, au fond de moi je le savais : c’était le souhait de Chiere. Ce n’était pas un hasard si l’estrade s’était cassée.

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- Une poésie muette -
« Danser, c’est comme parler en silence. C’est dire plein de choses sans dire un mot.»

Un souffle d'espoir:
 
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Dim 2 Aoû - 21:47




“ Le Festival de Chiere ”

Refuge du Petit Matin



Je ne sais pas pourquoi, je n'étais pas la plus proche d'elle et pourtant, instinctivement, je m'étais portée vers elle lui demandant si ça allait. Sa réponse m'avait réchauffé le coeur, me disant que Chière me remercierait pour ma bienveillance, mais ne l'avait-elle pas déjà fait à vrai dire ? Le spectacle fabuleux que j'avais pu voir à la Grande Désolation n'était-il pas un message que Chière voulait que je transmette aux autres ? Je ne savais pas, pourquoi devrais-je le dire ? Je ne suis qu'une étrangère en Oblivion. En tout cas, des chieresques étaient arrivées à proximité de la jeune femme. L'une d'entre elle semblait être guérisseuse, elle saurait quoi faire, tandis que la dresseuse de griffons s'en allait chercher les remèdes. Finalement, la danseuse se releva avec l'aide de ces amis qui voulaient l'évacuer mais elle ne semblait pas de cet avis. Au contraire, elle semblait inviter les invités à compter leur origine. Elle parlait de nous, de moi, de ceux qui ne sont pas chieresques. Elle voulait que l'un d'entre nous prenne la parole pour compter notre origine à nous. Pourtant, j'avais un autre récit à conter, un récit que certains ici pourront constater par eux-même. La grande désolation n'était plus une grande désolation, au contraire, elle regorgeait à présent de vie, la faune et la flore s'étant réunis en ce lieu plutôt qu'ici, il y a de cela quelques heures. Je m'approchais d'elle, guettant son regard, comme si je voulais qu'elle me donne son approbation. Je me mettais à côté d'elle. Je voyais ainsi la foule, beaucoup de monde. J'allais essayé de ne pas dire de bêtises, comme cela m'arrive trop souvent.

" J'aimerais vous raconter non pas un mythe de mon monde mais ce qui s'est passé ici en Oblivion alors que nos animaux avaient vraisemblablement disparus. Ils n'avait pas disparus, Chière n'aurait jamais accepté cela. Elle avait simplement fait en sorte de les rassembler dans un autre lieu qu'ici, ailleurs qu'au refuge du Petit Matin. Alors que hier soir, j'étais partie en quête de me changer les idées, j'ai vu un avion s'écraser dans la Grande désolation. La plupart d'entre vous connaisse ce lieu, dévasté depuis des cycles et des cycles. Et bien, Chière avait fait en sorte de rassembler les animaux là-bas et ceci pour une raison assez incroyable. Alors que je marchais en direction de l'avion, sous mes pas, l'herbe était en train de repousser, ce terrain abandonné, délaissé était en train de revivre, de reverdir. Chière désirait que toute la splendeur passé de la Grande Désolation réapparaisse, et avec tous les animaux autour, cela a été d'une grande beauté. Pendant que vous étiez en train de vous prendre le bec pour savoir la raison de ce qui se passait ici, Chière avait tout simplement décidée de transporter la fête un peu plus loin. Si vous êtes septiques, je vous invite à vous rendre sur le cratère de ce que l'on appelait il n'y a pas si longtemps la Grande Désolation. C'est comme si Chière avait décidé de reporter son attention vers ce lieu, comme pour nous dire que même si nous avons pu être délaissé depuis longtemps, il y a toujours une solution au problème. "

J'ai essayé de mettre un peu de couleur dans mon petit discours. Patapon semble en tout cas apprécier ce que je dis, on dirait même qu'il est d'accord avec moi et qu'il hoche positivement de la tête. J'ai essayé de rendre tout cela vivant, comme pour qu'ils réussissent à voyager en même temps que moi dans ce lieu que la plupart connaissent. Ce n'est pas l'origine de notre monde, mais c'est un récit qui mérite à mon sens d'être donné en ce festival, n'est ce pas ?

 

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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Dim 2 Aoû - 22:26




“ Intrigue - Le Festival de Chiere ”

Que se passe-t-il en Oblivion, Chiere serait-elle en colère ?



Athénaïs avait donc vu un fantôme, je le savais. La bibliothécaire, enfin non l'éditrice, même si pour moi ça ne fait pas une grosse différence, avait donc vu quelqu'un qu'elle pensait connaître. Cela fait souvent cet effet quand on assiste à des retrouvailles même si en la circonstance, les retrouvailles n'avaient pas eu lieu. Je ne sais pas qui Théna avait regardée dans la foule, il y avait du monde, peut être Kaligaris, ça ne m'étonnerait pas que les deux rouquines soient finalement de la même famille même si cela me ferrait bien rire. La réponse d'ailleurs de la jeune femme me fit sourire. Elle était donc venue ici dans le même but que les Orphelins pourtant, elle était arrivée après eux, plusieurs semaines.

" Tu ne devrais pas t'attrister de cela. Au contraire, c'est une bonne chose que de retrouver sa famille. Tu as la chance de pouvoir le faire, alors quand tu te sentiras prête, nous irons les retrouver, ou plutôt je te montrerais la voie si on parle bien de cette autre rouquine comme toi. "

Je ne portais pas Istalia dans mon coeur, je dois l'avouer, notamment parce qu'il y avait Sven au milieu de nous deux. Enfin, je n'avais jamais pris le temps de lui parler, on ne se connaissait pas vraiment, mais rien qu'à la réputation de chacune, nous étions faites pour nous détester, aussi simplement que cela. Je ne savais pas ce qu'Athénaïs aurait à ajouter à mes propos, mais quelques choses me disait qu'elle n'était pas prête d'affronter ce passé, par encore. Elle avait pourtant la chance de l'affronter. Moi, je n'avais que de très très vagues souvenirs de ma famille. Une chose était sûre, ils avaient du avoir de la peine de me vois disparaitre, mais ils avaient fait leur vie de leur côté. Je ne pensais pas les voir débarquer ici un jour. Certes, j'étais portés disparue, mais après tout ce temps, ils ne devaient pas avoir beaucoup d'espoir, aucun d'ailleurs, je devais avoir ma tombe quelques parts dans un cimetière de mon premier monde, pour qu'ils puissent faire leur deuil. Bref, il était l'heure de retourner au nid. Le soleil avait ainsi décidé de ne pas se lever, mais pourtant, il arriverait bien sur Oblivion. C'était un spectacle que j'appréciais voir et entendre, Athénaïs qui était à mes côtés n'en croyait pas ces yeux et ces oreilles.

" C'est la magie d'Oblivion Athénaïs, et crois moi, tu n'as pas fini de voir des choses étonnantes. "

Oui, j'étais habituée à ce genre de rituel, alors que le soleil revienne parce que Chière l'avait décidé ne m'étonnait pas le moins du monde. J'avais appris à ne plus m'étonner de ce genre de spectacle. Sila'ë commença alors sa danse pour le jour suivant, mais elle trébucha assez violemment, la cheville en avait pris un bon coup, adieux la petite danse qu'elle devait faire. On se précipita alors vers elle. Théna me demanda si nous ne devrions pas l'aider. Je souris à cette remarque.

" Ne t'en fait pas pour elle. Il y a déjà suffisamment de personnes pour l'aider. D'ici, je dirais qu'elle a une cheville en vrac, rien de très grave en somme mais elle ne va pas pouvoir danser, c'est dommage, elle danse si bien pourtant. "

Oui, le festival de Chière me rendait moins hostie, plus douce même si je restais Tessa Castillo, redoutée de bien des personnes dans ce monde. Une étrangère et deux chieresques étaient aux côtés de la danseuse, gardienne des traditions, un rôle important dans ce festival. Mais elle allait devoir passer son tour. Elle proposa alors que les invités, pour ne pas les appeler les étrangers conte leur origine à eux, un mythe qui venait de mon monde d'origine. Mais nous n'aurions pas droit à cela, mais plutôt à une histoire bancale, abracadabrantesque de la part de la petite suédoise paumée. La Grande Désolation n'était plus désolée, comme par magie. Cela me faisait sourire, car le lieu était ainsi depuis si longtemps que même les plus vieux chieresques ne se souvenaient pas de l'avoir vu autrement. J'étais septique, mais ça ne me paraissait pas impossible. Je n'irais pas vérifier dans les minutes qui suivent, mais dans quelques jours, j'irais me balader par là-bas, pour voir si elle avait raison ou si elle était complètement folle.



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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Dim 2 Aoû - 22:44

Faire parler les étrangers, c'était la combine parfaite pour qu'on cesse un instant de penser à Chiere et ses petites sautes d'humeur, et puis surtout pour que l'epic fail d'une danse ratée passe inapercu.

Fallait lui reconnaitre un truc. A défaut d'être douée pour la danse, cette nana en avait dans la caboche.

Ca, peut-être bien qu'Ölver l'avait dit à voix basse à son meilleur pote, avant de se prendre un bon coup bien placé par un McAllister doté d'un sens de l'humour qui frôlait le néant.

Ooooh c'est bon quoi.
L’islandais se frottait la nuque, là où cinq doigts agacés avaient frappé bien fort.
Ferme-la ou je t'envoie raconter tes histoires devant tout le monde.
Déconne pas je fais pas ça.

Il se voyait vraiment pas monter devant l’assemblée. Il leur aurait raconté quoi ? Les vikings grands explorateurs qui fendaient les mers sur leurs drakkars ? Les dieux nordiques qui mangeaient des pommes d’or pour ne pas tomber en poussière ? Le changement d’une religion polythéiste à monothéiste, et cet unique dieu dont il n’avait que faire qui s’affichait partout désormais ? Ou plus comtemporain, les saisons capricieuses dans les régions près du pôle qui rendaient les gens dépressifs ? C’était plus dans ses cordes ce dernier créneau et d’ailleurs ça avait plu au chieresque à qui il avait expliqué tout ca.

Mais bon c’était pas suffisant pour le convaincre.
Il ne voulait pas y aller, il n’irait pas.

Heureusement Kriemhilde lui sauva la mise, ainsi que celle de tous les étrangers qui soit n’avaient aucune idée des origines de leur monde –fallait dire que tout le monde n’avait pas un abonnement à national geographic-, soit n’étaient pas très chauds pour aller discuter devant les locaux qui un jour plus tôt voulaient leur peau. Non, tout le monde restait planqué et muet.

Heureusement la suédoise savait conter.  
Ce fut beau.
Elle leur colla une telle claque romanesque que tout le monde la regarda ébahi.

Il aurait peut-être pas dû le faire, mais ce fut plus fort que lui. L’impétuosité de la jeunesse, ou bien la bêtise. Peut-être également que cet alcool lui montait à la tête. Cette dégustation gratuite avait été fort amusante mais il avait sans doute trop forcé. Même son grand gabarit n’épongeait plus.  Qu’importe. Il leva son verre en direction de la nordique et cria un tonitruant :

Kriemhilde for president SKÅL !
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 3 Aoû - 0:03




“ Le Festival de Chiere ”

Et fuck, c’est encore mon tour.


Finit le silence oppressant, place à l’angoisse générée par l’obscurité. Rosemary fixe du mieux qu’elle peut les deux lunes jumelles dans le ciel, s’y accrochant comme une bouée de sauvetage. Elle n’avait jamais aimé le noir, surtout quand elle était seule. Ca lui rappelait les soirs où sa mère ne rentrait pas, la laissant seule dans une maison trop grande pour la gamine qu’elle était. Dernièrement le noir lui rappelait aussi Alexander et son absence trop douloureuse. C’était à lui qu’elle se raccrochait lors des nuits sans lunes, et aujourd’hui elle n’avait plus rien. Juste un rebord en bois auquel s’accrocher pour ne pas hurler. C’était peut être le moment. Elle avait suffisamment attendu et son corps avait atteint sa limite. Alors doucement la jeune femme ouvrit son téléphone portable et sorti de sa cachette les derniers grammes de poudre.

“Putain. T’es vraiment une loque Rose. Tu t’en sortais bien pourtant.”

Mais là, c’était vraiment la goutte qui faisait déborder le vase. Si elle n’agissait pas tout de suite, elle finirait surement roulée en boule dans un coin en larme, attendant que la crise de panique disparaisse. Tremblante elle porta la poudre à son nez et l’aspira. C’est dingue comme les gestes reviennent vite, un peu comme le vélo. Et Rosemary se détendit enfin. Bon sang ce que ça lui avait manqué, jusqu’à maintenant elle ne s’était pas rendu compte à quel point son corps criait famine. Elle espérait juste que l’effet faudrait le sacrifice et qu’après ça, elle trouverait un moyen. Il le fallait.
En attendant, la jeune femme se laissa glisser au sol et ferma les yeux savourant la sensation qui s’empara de son corps. Au loin les tambours commencèrent à résonner, d’abord doucereux, puis insistants, affamés, ils appelaient quelque chose, quelqu’un. Instinctivement, Rosemary suivit le bruit, il fallait qu’elle trouve la source, elle en avait besoin. Alors elle se mit à courir, bien heureuse d’avoir pensé à enfiler ses chaussures.

Le sang battait dans ses tempes à un rythme effréné, et quand elle arriva au rassemblement Rosemary était à bout de souffle. Le coeur tambourinant dans sa poitrine, le monde défilant à cent à l’heure devant ses yeux. Elle avait l’impression de pouvoir conquérir le monde tant elle se sentait forte, et plus les tambours s’amplifiaient, plus les chants montaient et plus Rosemary sentait son esprit s’emballer. Alors quand la jeune prêtresse qui hier encore voulait sa mort lui tendit la main, Rosemary la prit de bonne grâce, se joignant aux chants. Elle se sentait bien, étrangement bien, et pour une fois elle n’avait pas envie de râler. De rouspéter. Elle avait presque envie de se laisser aller, baisser ses défenses rien que pour une fois.

Et le miracle eu lieu. D’abord la naissance d’une constellation, les lumières des étoiles naissantes dansèrent devant ses yeux fatigués, brillant comme des diamants. C’était beau. Tellement beau. De Londres elle ne pouvait jamais voir le ciel, tellement la pollution était omniprésente. Rosemary se prit à remercier Chiere intérieurement, elle qui pourtant n’était pas croyante. Enfin le soleil se leva, timidement puis bien plus fièrement. Et au fur et à mesure que la lumière reprenait ses droit, Rosemary sentit petit à petit les effets de la drogue se dissiper. Et voilà. C’était terminé. Et sa bonne humeur avec. Reculant pour prendre un peu ses distances avec la foule, elle repéra Alec dans un coin, doucement elle le rejoignit, sans un mot, les bras croisés tout en observant la danse.

“Tu crois qu’elle va tomber ?”

Oups. A peine Rosemary prononça ces mots que la danseuse tomba au sol. Rosemary ne pu s’empêcher de rigoler. C’était comme lorsque quelqu’un faisait tomber son verre à la cantine. C’était pas drôle et pourtant tout le monde rigolait. C’était nerveux. Un peu. Ca calmait un peu le mal de tête qui commençait à s’installer et la nausée qui l’envahissait.

“Je suis trop forte.”

Finit la Rosemary inspirée, retour à la case départ. Une Rosemary qui ne partagerait rien, pas même un conte de son enfance, et que le discours de la blonde n’émut pas une seconde.

“Présidente… faut pas déconner non plus.”


Gromela-t-elle en guise de réponse au cri du jeune homme.
 
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 3 Aoû - 0:57

Le soleil ne se levait toujours pas, et dans le ciel aucune étoile ne brillait. Opale avait rejoint Anile et Kasi autour du feu,les trois se serrant les uns contre les autres comme pour se protéger de la nuit. C’était dans ce genre de moment qu’Opale comprenait l’importance de son foyer. Mais ce n’était pas suffisant pour la retenir.
Ce fut Kasi qui entendit les tambours la première. Instinctivement elle se leva, entrainant Opale qui entraina Anile. L’appel résonnait, ils devaient se regrouper. Mains de la mains, ils se dirigèrent sans hésiter vers la source du bruit, comme happés par le besoin de se trouver là bas. Ensemble ils se frayent un passage dans la foule, trio ils se séparent pour devenir duo : Opale et Kasi rejoignent les danseuses du Glorieux Crépuscule et sans attendre se mettent à danser. La jeune femme sent le rythme parcourir sa peau et s’abandonne à la musique. Tout son corps frissonne de bonheur. Dans ces moments là, Opale se sait appartenir à Chiere. Plus question de penser aux étrangers et à leurs coutumes exotiques, elle se laisse entrainer pour ne plus penser à rien.

Et puis tout s’arrête. Chiere répond enfin à l’appel, offrant à son peuple un présent, puis deux. D’abord une constellation, nouvelle, qui se dessine timidement dans le ciel, puis le lever du soleil, impérial. Et Opale pousse un soupire de soulagement, étreignant Kasi. Lentement elles quittent leur transe et toujours main dans la main, elles partent à la recherche d’Anile, pilier de leur foyer. De nouveau ensemble ils se dirigent vers le feu-totem pour discuter, saluant des connaissances au passage le cœur léger.
Soudain Opale senti une main aggriper sa jambe. Surprise elle s’arrêta et observa l’adolescente qui se trouvait en face d’elle. Elle venait de parler en anglais et lui demandait de l’aide. Son regard se porta sur la petite fille qui l’accompagnait. Deux étrangères, nouvellement arrivées. C’était obligée. Opale fit signe à Anile et Kasi de continuer avant de fouiller dans sa sacoche pour leur tendre un morceau de pain.

“Je ne sais pas ce qu’est le café. Mais mange ça, ça te fera du bien. Viens avec moi, tout va bien se passer.”

Souriant doucement, Opale entraina à l’écart les deux filles en espérant pouvoir leur venir en aide. Entre temps elle jeta un coup d’œil à la Gardienne des Traditions qui avait entamé sa danse. Danse qui ne dura pas bien longtemps car cette dernière tomba. Murmurant une prière silencieuse à Chiere, Opale se força à reporter son attention sur les deux étrangères.

“Je m’appelle Opale, et vous ? Et… Est-ce que tu te souviens de comment vous êtes arrivées ici ? Enfin… Désolé je suis un peu maladroite. Mais sache que je peux vous aider, et vous allez avoir besoin d’aide… “
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 3 Aoû - 10:53

Tant qu’il y a de la vie, il reste toujours de l’espoir. La nature silencieuse la veille reprenait ses droits de la plus belle des manières. De ses grands yeux bleus, Esther qui en avait parfois tellement peur, la contemplait, riant même en voyant de si belles choses. La jeune femme repensait à ce jour où quand elle n’était encore qu’un enfant, ils avaient tous, avec son frère et ses parents passaient une incroyable journée à la plage. De ce jour reste les souvenirs, mais aussi les photos qui se trouvaient dans son appartement parisien. Une belle journée, aussi belle que ce matin chatoyant.
Cependant, Chiere avait décidé de jouer avec les mauvais présages, la nuit sombre à la place du jour, les animaux disparus qui reviennent, pour une jeune femme qui avait peur de passer sous une échelle, Esther Delmas commençait à s’inquiéter. Elle ne connaissait pas encore beaucoup cette nouvelle culture, mais il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour comprendre que tout ce qui se déroulait là, n’était que mauvais présages. Elle observait, comme la spectatrice de ces évènements, prenant le chemin du Petit Matin avec ses compagnes, elles se dirigeaient toutes vers le lieu de rassemblement, où les tambours ne cessaient de les appeler. En Oblivion, c’était comme vivre dans un autre temps. Ici, tout était déconcertant pour une jeune parisienne, même celle qui passait sa vie dans les livres et les bibliothèques d’un autre âge. Autre culture, autre langue, nouvelle vie, dans le monde de derrière où tout allait trop vite, on ne pouvait imaginer qu’un monde tel que celui-ci pouvait exister.

Arrivée sur le lieu, avec ses compagnes, Esther put voir qu’une immense foule s’était réunie, avec les prêtresses, des orphelins comme elle, mais aussi des aventuriers perdus. Dans un espoir fou, la jeune femme se mit sur la pointe des pieds, à la recherche de son frère Alexandre. Lui qui était aussi curieux qu’elle, s’il se trouvait en Oblivion, il ne pouvait être qu’ici. Elle scruta les visages, aperçut Lisbeth au loin, avec quelques Orphelins, mais pas son frère. Déçue, elle se remit sur le plat de ses pieds et regarda ce qui se passait sur la petite estrade. Les chants anciens étaient magnifiques et Esther les écouta et les laissa entrer dans son esprit. La jeune femme avait le sentiment d’entendre un chant de son enfance, un chant magique, si bien qu’elle se mit elle-même à le fredonner, d’une toute petite voix presque inaudible. Elle regardait Eline, elle regardait Ambal, Hortense, la petite Lou-Ann, cherchant la moindre expression chez elles.

Les jeunes femmes restèrent ensemble, soudées, discutant et apprenant à se connaître. Esther était heureuse de connaître des personnes aussi gentilles, mais aussi de ne pas paraître comme un stupide rat de bibliothèque. Elle parlait de son travail au Puits, de ses découvertes, de ses passions et surtout de son frère, qu’elle recherchait éperdument depuis qu’elle était arrivée en ce lieu. Esther n’avançait pas, tant qu’elle n’aurait pas retrouvé Alex, elle ne prendrait même pas la peine de sortir d’ici. Bloquée dans le présent, elle attendait qu’un miracle se produise.
D’après ce qu’elle comprenait à toutes ces traditions d’Oblivion, à midi la gardienne devait entreprendre la danse de l’origine. Esther la vit s’avancer et monter jusqu’à l’estrade. Un nouveau signe. L’estrade s’effondra. La gardienne ne pouvait faire cette danse, très importante pour la culture chieresque. Elle entendit les remarques d’un homme qui se prénommait Ölver il se moquait ouvertement de la prêtresse. Tout en le fusillant du regard, la jeune femme se demandait comment pouvait-on être aussi odieux devant une culture qu’on ne connaissait pas.

« C’est horrible de voir autant de mauvais signes. On dirait qu’une force supérieure veut empêcher la réussite de ces festivités. » S’exclama la jeune femme avant de se tourner vers ses compagnes. Innocemment et suite à la remarque d’Eline sur la danse, elle demanda à Ambal. « Tu ne la connais pas la danse ? »
La gardienne courageuse, aux yeux d’Esther avait fini par se relever, signalant qu’elle allait bien et invitant tous les invités à raconter leur propre mythe des origines. Esther se tourna à nouveau vers Ambal, elle ne comprenait pas très bien ce qu’il fallait faire, ni ce qui allait se passer maintenant.
Kriemhilde, qu’elle avait appris à connaître au village des Orphelins parla la première, racontant son propre mythe des origines. Esther l’écouta attentivement et trouva admirable les talents de compteuse de la jeune femme, mais à nouveau la barrière de la langue était là et Esther ne perçut quelques brides. Le Ölver qu’elle avait déjà remarqué auparavant se mit à parler très fort, mais la jeune française ne le comprit pas, ce qui n’était pas plus mal.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 3 Aoû - 11:55

Pour Ayla, la cheville cassée mettait un terme aux festivités de la journée. Chiere, dont la volonté obscure troublait tous les esprits et surtout le sien, se jouait d'eux, les punissant pour s'être entre-tués en son Temple. Elle se garda bien d'exprimer ses doutes, tout ce qu'elle avait à faire était d'aider la Gardienne des traditions à aller mieux. Deux ou trois lunes plus tard, si elle était correctement soignée, Sila'ë Achal pourrait danser à nouveau. Deux ou trois lunes plus tard, les fêtes de Chiere ne seraient plus d'actualité. Qu'elle cesse donc de s'accrocher à cet événement dont le passé n'avait jamais témoigné d'un déroulement aussi particulier ! Non, il était impossible à la prêtresse de passer outre les traditions, qu'elles fussent douloureuses ou festives, leurs actions au nom de la Mère devaient être accomplies.

« Attention ! »

Ayla retint Sila'ë en la voyant tenter de se relever. La danseuse la connaissait, elle la savait anxieuse et avait voulu la rassurer, sans se rendre compte qu'elle ne pouvait pas se mettre debout pour le moment. Et encore, elle passerait une bonne lune avec la cheville immobilisée si elle voulait se rétablir. Lia partie chercher les remèdes, la blessée devrait s'armer d'un peu de patience avant de voir sa douleur s'apaiser. Elle ne semblait pourtant pas y faire attention, elle refusait d'être écartée par sa garde, tant elle était concernée par son rôle de gardienne des traditions. Après tout, elle venait de chuter devant l'assemblée la plus conséquente que les Fêtes n'eussent jamais connue.

Alors, pendant qu'elle s'adressait à la foule, la guérisseuse la maintenait, aidée des Chieresques dévoués à la Gardienne, lui permettant de se tenir droite pour prendre la parole. En ce jour qui ne semblait avoir à nouveau d'issue que la colère de Chiere et de ses enfants, Sila'ë venait une fois de plus apporter l'espoir. Elle était déjà celle dont la voix s'était élevée pour dissiper la haine du premier jour. Regardant la jeune femme qui était tout près d'elle, elle la remercia mentalement d'avoir proposé de continuer la fête. S'il y en avait une que les gens écoutaient, c'était elle. Elle ne prétendait pas connaître la volonté de la Mère, mais elle s'adaptait au contretemps et proposait de ne pas rester dans la stupéfaction, fragile étape qui précédait celle où les Hommes recommençaient à paniquer et à se battre.

Chacun se tournait vers ses congénères, la timidité semblait inhiber les 'invités', comme les nommait Sila'ë. Pendant ce court instant de calme, Ayla lui murmura :

« Merci. »

Elle ne put guère étoffer ses paroles pour étouffer sa gratitude, non seulement car elle n'était pas douée avec les mots, mais aussi parce qu'une étrangère prenait la parole. Elle était celle qui avait été pointée du doigt injustement comme cible de la colère de Chiere, elle était aussi celle qui s'était précipitée pour aider la danseuse après sa chute avec une spontanéité dont peu faisaient preuve. Elle avait du courage et si Ayla aurait écouté n'importe quel orateur avec attention, le fait que ce soit elle l'ouvrait d'autant plus à ce qu'elle avait à dire.

Les légendes de ceux de l'autre monde intéressaient la prêtresse mais une toute autre histoire parvint à ses oreilles. Une histoire qui toucha tout particulièrement la prêtresse, qui ne put s'empêcher de verser une larme. Ainsi Chiere avait suspendu la vie dans la jungle pour l'ouvrir dans le désert. Tous étaient dans l'erreur, à commencer par elle-même. Emportée par son dévouement et son attachement à l'héritage chieresque, Ayla s'était trompée sur sa déesse qui ne les punissait pas mais les mettait à l'épreuve. Chiere ne voulait pas voir ses enfants se déchirer mais s'unir, dans un moment tel que le chant qu'ils avaient répandu d'une seule voix. Chiere ne semait pas la désolation mais faisait renaître la vie dans les endroits les plus oubliés d'Oblivion. Et en ce jour, elle ne voulait pas détruire leurs origines mais permettre enfin le partage d'autres traditions.

Suite au récit parfaitement mené par celle qui apparaissait à présent à la Chieresque comme un symbole, la foule resta silencieuse un moment, puis un étranger cria son enthousiasme. Après s'être assurée que Sila'ë était bien soutenue, Ayla la lâcha pour se mettre à son tour à féliciter la conteuse en applaudissant énergiquement.
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MessageSujet: Re: [Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere   Lun 3 Aoû - 18:26


C'était le chant des tambours qui avait arrêté son geste. Tambours ramenés du temple, tambours peut-être salvateur. Penthésilée avait toujours l'écarlate finalement. Elle suivit l'appel et se retrouva bientôt au cœur de Petit Matin avec les autres. Les prêtresses étaient là, les autres liges aussi. Elle les vit les regards de certains se fixer sur son sauf-conduit presque défait. Si elle le perdait, elle perdait avec lui sa protection et les efforts de Sorajaï pour l'aider. D'un geste rageur, elle resserra quelque peu le nœud et leur lança un regard aussi noir que la nuit qui les enveloppaient. Là, au milieu de tout le monde, les prêtresses du temple invitèrent les chieresque au chant. Leurs voix s'élevèrent alors que bientôt, celles des autres venaient s'y ajouter. Penthésilée connaissait cet ancien chant pour l'avoir fredonner au temple. Pourtant le son resta prisonnier de ses lèvres qui ne voulaient s'ouvrirent. Non elle ne chanterait pas. Trop de doutes venaient se bousculer dans sa tête. Et s'ils avaient raison finalement. Et elle ne devait pas être ici. Seule, elle était là seule à l'avoir fait. Une erreur que son frère lui avait dit et elle, fière et sûre d'elle à ce moment-là n'avait su répondre à cela qu'avec un sourire rempli de confiance. Où était-elle cette confiance enfantine ? Penthésilée l'avait peut-être perdue avec le temps. Avec le temps elle sentait de plus en plus le poids de son choix. Elle ne le regrettait pas, pas vraiment. Elle savait que c'était son chemin, celui que Chiere avait tracé pour elle. Mais en ce moment, elle ne savait plus trop. Elle avait l'impression que Chiere l'abandonnait, qu'elle ne lui souriait plus, qu'elle ne lui parlait plus.

Et puis la voix des chieresques et des étrangers avaient eu raison de la Mère. Le soleil se montrait, enfin ! La lige soupira de soulagement. La fête de la Lumière se terminait bien, mais qu'en serait-il du jour de l'origine ? C'était la Gardienne des tradition qui devait le célébrer avec sa danse. Elle monta sur l'estrade et commença son rituel. Malheureusement, le sort s'acharnait sur les enfants de Chiere. La Gardienne chuta et de ce que pouvait voir la lige, sa cheville n'allait pas bien. Ayla, une guérisseuse arriva pour l'aider et Aliador l'éleveuse de griffon au vertige s'occupa de lui apporter ce dont elle avait besoin. Penthésilée, elle s'entait son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Quand toute cette poisse finir-t-elle ? Qu'est-ce que Chiere cherchait à faire ? Penthésilée resta à l'écart, trop concentrée à réfléchir pour agir. Finalement plus de peur que de mal. Certes la Gardienne ne peut plus danser, mais elle trouve une solution que Penthésilée approuve. Les étrangers et leurs histoires, en voilà une bonne idée qu'a eu Sila'ë. La Brune va s'installer dans un coin un peu à l'écart et recommence à jouer avec son voile écarlate. Non vraiment le retirer la démange. Elle a vu Opale et Shael au loin et leur fait signe de venir. L'une était une fille de Glorieux crépuscule et l'autre était apprenti passeuse. L'intervention de Shael avait été salutaire deux jours plus tôt.
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[Intrigue 1.2] Le Festival de Chiere

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