ÉPILOGUE
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 Ariane de Bohémont

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MessageSujet: Ariane de Bohémont   Jeu 20 Aoû - 20:38


“ Ariane  Mélisende  de  Bohémont ”

Une vie de sacrifice est le sommet suprême de l'art. Elle est pleine d'une véritable joie. [Gandhi]


“introduction”
Je m'appelle Ariane Mélisende de Bohémont, mais on m'appelle plutôt Riri. J'ai 29ans. Je suis né(e) le 06 août 1986 à Genève en Suisse. Avant d'arriver ici, j'étais archéologue. Je fais partie du groupe des aventuriers. Oblivion, pour moi, c'est un signe du destin. Je n’ai pas encore compris quelle était ma mission sur ce monde alors pour l’instant j’explore et je m'instruis. Je suis toute excitée par ce nouveau terrain de jeu, tant de lieux à visiter, d'espèces à sacrifier, de coutumes et de concepts à appréhender..


¤¤¤



Vis ma vie d'aventurière.

Chère maman, cher papa, comme vous je ne suis plus de ce monde. Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis aux anges. Comme vous ? Ha !
L’endroit où je me trouve n’a pas vraiment d’équivalent dans les mythologies terrestres, ça ne ressemble ni aux enfers ni aux champs élyséens, pas plus au paradis ou au mictlan. En réalité mon nouveau chez moi est semblable à l’ancien, certes il y a deux lunes, le paysage change constamment comme si trente-six Valérie Damidot ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur la décoration et des griffons volent dans le ciel, mais ce ne sont que des détails. Les lois de la physique sont identiques, quand je saute, je tombe, il y a un cycle nycthéméral et des saisons, le sang de la plupart des bestioles est aussi rouge que sur terre et un corps maintenu sous l’eau reçoit toujours cette foutue poussée d’Archimède qui fait mal aux bras.

Ce monde est vaste, j’y suis depuis plusieurs mois et je suis loin d’avoir tout vu de la jungle et de la plaine qui ont pour l’instant retenu l’essentiel de mon attention. J’ai appris qu’au delà il y a des montagnes, des glaciers et des déserts qui m’attendent et cette idée berce mes rêves d’exploratrice en herbe. En plus de ces paysages variés, on trouve aussi quelques monuments fadasses. Sept, les sept merveilles qu’un jour une bande de pédés barbus de Mykonos a décidé d’imposer comme référentiel. J’aime pas les grecs, à part la famille des Atrides mais ce n’est même pas sur qu’elle ait existé. J'espérais vraiment ne plus entendre parler de ces merveilles après mes études mais quelques moires sadiques ne semblaient pas de cet avis et me revoilà empêtrée dans un monde parallèle où, Kukulkan sait pourquoi, les sept édifices se sont fait cloner. Pourquoi ce choix arbitraire ? Que quelques bouffeurs de feta ne connaissent rien d’autre du monde que leur coin de flaque méditerranéenne et ses environs, heureusement qu’un macédonien un peu conquérant s’en est mêlé d’ailleurs, ça semble logique, mais la divinité créatrice à l’origine de ce monde ou du moins du décalquage de merveilles, non, je refuse. Elle est où la muraille de chine, ils sont où le Machu Picchu, le templo mayor de Tenochtitlan et même plus près, où il est le colisée, le port punique de Carthage, les palais de Persépolis… Enfin, ce sera l’occasion de les étudier, je ne vais pas mentir en disant que le mausolée du roi du même nom n’a jamais éveillé ma curiosité.

N’allez pas croire qu’il n’y a que des ruines et de la végétation sur Oblivion, c’est le nom du coin, il y aussi de vrais humains. Je vis d’ailleurs dans un village, Nid-de-vipère. Le nom qui craint, mais pour se la raconter “ici c’est nous les méchants” ça en jette. “Hey salut Pedro, tu viens de Nid-de-vipère ? Trop cool, moi j’arrive de Tanière-de-grizzli et mon pote Fredrick, il débarque tout juste de Bayou-d’alligator.” Je persifle mais il correspond bien aux habitants, ici c’est traîtrise et venin, ici y’a pas d’enfants de choeur, par contre des curés pédophiles, ça je dis pas. Ici, pour survivre, faut se faire respecter, et encore ça garantit pas grand chose. Moi, pour me faire ma place, j’ai du user du couteau, les morceaux découpés ornent maintenant le balcon de la bicoque qui s'appelait autrefois “maison du gros moche devenu eunuque” et rebaptisée sobrement en “maison d’Ariane”.

Je sais maman, tu vas te demander mais qu’est ce que je fous ici, au milieu d’assassins, de voleurs et de psychopathes ? C’est une bonne question. Pour tout te dire, si on oublie Kriemhilde, c’est sur eux que je suis tombée en premier. Bon, maintenant que je commence à comprendre la géopolitique du coin je me dis que j’aurais pu mieux tomber. Si j’avais suivi ma petite Suédoise préférée je serais arrivée dans un patelin nommé Village des Orphelins, j’aurais alors pu leur sauter au cou en pleurant, “Bwaaaaah moi aussi je suis orpheline, j’ai perdu mon papa et ma maman snif snif. Donnons nous la main et rentrons à la maison, hé dites, vous auriez pas un petit truc à sacrifier ?“ Touchant non ?

En fait, je ne suis pas sure d’avoir envie de rentrer, si mes dieux m’ont fait venir ici, ce n’est sûrement pas pour repartir. Et puis ce nouveau monde regorge de lieux et de peuples à découvrir. Ha oui, sur Oblivion il y a des terriens, comme mes voisins par exemple, ou les orphelins, et puis il y a les indigènes, des gens plus ou moins accueillants mais qui possèdent des coutumes fascinantes. Ils se nomment les Chieresques, en l’honneur de leur déesse, Chiere, une sorte de mère nature comme on en fait plus. Ce qu’il y a de bien avec les croyances primitives, c’est le matriarcat, girl power tout ça, et les Chieresques n’échappent pas à la règle, parenté matrilinéaire, prêtrise et compagnie. Par contre, un domaine est réservé aux hommes, le plus intéressant forcément, la mort. Et à ce que j’ai compris, les chamans ne partagent pas leur science avec le commun des mortels et encore moins des mortelles.

Alors que je commençais à m’interroger sur les capacités chamaniques de résistance à la douleur, ça se trouve c’est un peu comme un fakir ces bêtes la, je fis une rencontre. Non papa, pas un vieux chaman vénal et libidineux, mieux. Elle s'appelle Karja Asaï et, pour autant que ce mot ait jamais eu une signification pour moi, elle est devenue mon amie. Elle ne doit pas en avoir beaucoup vu qu’elle est persona non grata dans la plupart des lieux habités d’Oblivion, tout ça pour avoir observé quelques rituels secrets. C’est du propre, comme quoi, qu’importe le monde, on a toujours un troupeau de fanatiques pour te dire de ne pas manger de pomme si tu ne veux pas te faire virer du camp naturiste. Karja et moi échangeons beaucoup, elle me parle d’Oblivion et je lui raconte la vie sur Terre. Je lui décris les civilisations maya et aztèque, les ruines qu’ils ont laissées et elle me détaille les coutumes de son peuple, la foi, les mythes et la magie qui cimentent leur mode de vie dans un carcan de traditions. J’évoque avec fièvre les rites et les sacrifices si chers à mon cœur et elle m’enseigne patiemment ce qu’elle sait du chamanisme et des âmes.

Au fil de nos rencontres et de nos conversations mon intérêt pour son monde et son peuple grandit et les questions bourdonnent dans ma tête comme un essaim d’abeilles. Alors, ma curiosité en bandoulière, je pars à la découverte d’Oblivion, je soulève les pierres, tâte les fruits, renifle les fleurs, je dissèque mon environnement, j’apprivoise la jungle. Je m’y sens vivante, j’y suis plus que jamais moi même, ici, pas besoin de faux semblant, de contrôle, de subterfuge. Ici je n’ai plus besoin de me sacrifier à la censure du bon goût, je peux me concentrer sur les autres. Ha !

Ici on me connaît comme Ariane l'aventurière, pour beaucoup ce mot n’est qu’une étiquette, celle de mon inexpérience, de mon arrivée récente. Pour moi il signifie bien plus, c’est moi Ariane Quatermain, c’est moi Lariane Croft, prenez vos aises les gnasses, ça me laisse du temps. Comme dirait Hannibal, donnez moi une minute, je suis brillante. Avec une heure, je suis géniale. Avec six mois, je deviens imbattable. Alors préparez le chianti et les fèves au beurre.

Chère maman, cher papa, j'espère du fond du cœur que vous êtes aussi heureux dans votre nouveau monde que je le suis dans le mien.

Je vous aime.

Votre petite Ariane.


Enthousiaste - Enjouée - Franche - Organisée - Caractérielle - Claustrophobe - Cynique - Susceptible - Fataliste - Morbide
→ Si j'étais un animal : Hibou
→ Si j'étais une plante : Digitale
→ Si j'étais une merveille : Mausolée d'Halicarnasse
→ Si j'étais une couleur : Zinzolin

→ On dirait du veau. : Vous êtes vous jamais demandé, en regardant le Silence des Agneaux, quel goût ça pouvait bien avoir, un steack d’humain ? Moi oui, c’est une question existentielle qui m’a poursuivie longtemps et finalement la réponse est moins exotique que je l’avais imaginé. Le goût se situe quelque part entre le veau et le boeuf, moins tendre que le premier mais moins fort que le second. Je n’ai jamais réitéré l’expérience mais bon, évitez quand même de vous retrouver sur un radeau avec moi au milieu de l’océan. Je plaisante bien sur, je vous sacrifierais à Ehecatl, le dieu du vent, pour rentrer à bon port.


“ que cesse la mascarade ”

parce qu'on sait que tu es un lutin maléfique


Allez, avoue tout ! Dans la vraie vie, tu es qui ? Nini. Tu as un prénom j'imagine ? Téo sans h ni hache ni hash. Et quel âge tu as ? 23 ans. 7 Wonders, tu l'as connu comment ? Par la fondatrice siphonée, aurazoubitruc . Et tu en penses quoi ? Je ne lui veux que du bien  psycho . Quel est ton dernier mot, petit scarabée ? Calinou.


Dernière édition par Ariane de Bohémont le Ven 21 Aoû - 23:32, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Jeu 20 Aoû - 20:38




“ histoire ”

citation


Ariane. Nommée en l’honneur d’une pauvrette pas bien dégourdie qui, non content d’aider le premier playboy venu à tuer son frère, se fait abandonner fissa sur une île paumée pendant que le volage se tire épouser sa soeur. Il y a pire comme prénom mais je pense que j’aurais tout de même sèchement savonné mes parents à l’adolescence pour ce choix discutable. Mais l’abandon doit être une sorte de karma pour les Ariane. Comme on dit en Suisse, pas de papa pas de ricola. Bon je l’ai peut être un peu inventé mais ça sonne plutôt bien.

Je venais d’avoir neuf ans quand c’est arrivé, c’était un soir d’été orageux. Je me souviens de la chaleur moite, de mes cuisses qui collaient au cuir du canapé où je regardais, bien sage entre mes parents, la vhs du dernier disney. Foutu Scar, foutue fatalité, putain d’ironie. Abruti de Mufasa tu pouvais pas faire attention au lieu de faire de la varappe au dessus d’un troupeau de gnou ? Et toi papa ? Tu pouvais pas rester dans ce foutu canapé au lieu d’aller ouvrir la porte ? J’ai entendu une détonation puis un vase tomber, j’ai regardé maman sans comprendre que c’était toi qui mourrais, juste en dessous de moi.

Elle m’agrippe, la panique inscrite sur son visage, et m'entraîne vers sa chambre. Elle ouvre la penderie massive et m’y enfonce entre ses robes et ses visons. Elle m’embrasse, me supplie de ne faire aucun bruit puis referme la lourde porte. Je plonge dans l’obscurité avec effroi, le glas de la clef tournant dans la serrure m'assèche la gorge. Je me pelotonne contre les chaudes fourrures, le parfum entêtant de la térébenthine me tourne la tête. Je me mords les lèvres, goûtant le sel de mes larmes et le fer de mon sang qui coulent sans que je m’en aperçoive. Le silence pendant une éternité, puis un cri, un bruit de course fauché par une seconde détonation, et le silence qui reprend, imperturbable, indifférent. Les minutes s’écoulent au compte goutte, j’étouffe dans ces ténèbres oppressantes. L’armoire prend des allures de cercueil, de sarcophage. Cette penderie sera mon tombeau. Je me recroqueville et pleure sans bruit aucun. Viens me chercher maman, viens m’ouvrir, je veux sortir d’ici. Maman. Mais au fond de moi je sais qu’elle ne viendra pas. Je sais que l’enfoiré qui a écrit le scénario de ma vie devait aimer bambi au moins autant que le roi lion.

Quand la porte s’est enfin ouverte, j’ai levé les yeux, sans espoir. L’homme m’a agrippé comme une poupée de chiffon, il puait le tabac froid et ses mains étaient glacées comme s’il m’avait cherché dans le congélateur avant. Il m’a reposé et m’a traîné précautionneusement jusqu’à son chef. Je n’ai pas entendu ses questions ni sa pitié, je n’en voulais pas. Quelque part j’étais encore enfermée dans la penderie, à attendre que mon père et ma mère viennent m’ouvrir.

Je me souviens de la voiture, des éclairs des gyrophares, du ciel de saphir, au delà de la vitre, dont la pureté ne pouvait être qu’un affront à mon malheur.
Je me souviens des bras maladroits de mes grands parents, de leurs mots que le chagrin rendait vides, empruntés. J’aurais voulu leur dire, ma douleur, ma peur, mon amour. Je voyais que mon mutisme les peinait mais il était la colle qui m'empêchait de tomber en morceaux, je ne pouvais pas parler, je ne pouvais pas penser.
Je me souviens du lit, immense, froid, des murs vides, livides. Première nuit, premier cauchemar.

Puis il y a l’enterrement. Je retrouve mon père et ma mère, mais ce n’est plus vraiment eux. Ce n’est que de la viande, joliment emballée dans de beau vêtements. Mon père c’est un rire, c’est une barbe de trois jours qui pique quand je l’embrasse, c’est des mains immenses et chaudes qui me chatouillent. Ma mère c’est un sourire, un parfum, c’est des bras qui me serrent tellement fort et tellement doucement à la fois, c’est des lèvres qui se posent sur mes bobos pour qu’ils guérissent.
Le prêtre parle, il affirme que mon père et ma mère sont au ciel, est ce vrai ? Dans le cimetière je scrute le ciel, il est bleu, sans nuage. Je croyais qu’il pleuvait toujours aux enterrements moi. Peut être que mes parents ont chassé les nuages pour mieux me voir, moi je ne les vois pas. Pourquoi je ne les vois pas ? En rentrant, dans la voiture, je prononce mes premiers mots. “Mamie ? Maman et papa, ils sont au ciel ?”  

Je me souviens des étoiles, des nuages, du vide. Je regarde dans le télescope que j’ai réclamé et qu’on n’a pas eu le coeur de me refuser. Je cherche dans le ciel, mais pas la moindre trace de mes parents. Je fouille chaque recoin en vain, jusqu’au dégoût. Le prêtre a menti.
Je me souviens de la rentrée, sans mes parents dans mon dos pour me soutenir, pour m’encourager. De l’institutrice dégoulinante de pitié qui m’apprit en me rendant haïssable à grand coup de chouchoutage et de complaisance qu’il n’y a pas que l’intention qui compte. Des coups de coude dans mes cotes et de mes pieds écrasés lorsque nous nous mettions en rang.

J’étais suivie, on pourrait dire poursuivie tant j’avais envie d’y échapper, par une psychologue. Une sorte de teutonne grande et sèche comme un coup de trique avec l’air pincé de ceux qui ne doivent pas en recevoir assez. Elle me traumatisa quelques mois avant de conseiller à mes grands parents de m’offrir un animal de compagnie. Une sorte de réceptacle poilu sur lequel reporter mon affection.

On m’offrit donc un chiot, une drôle de boule pleine de poils qui courrait partout et surtout dans mes pieds. Il me regardait avec un tel air d’adoration et d’amour éperdu que j’en avais le coeur malade. Comment pouvait-on aimer à ce point ? Je le baptisai Hostie, en raison de sa couleur crème et pour son air de victime quand je le martyrisait. La première fois, j’étais énervée, je l’ai frappé, il m’a regardé de ses grands yeux humides et j’y ai lu mes propres questions. Il me demandait du regard “Pourquoi j’ai mal ? Qu’est ce que j’ai fait pour mériter cette douleur ? “. Je lui ai ouvert mes bras et il y a sauté, il a léchouillé mon visage en battant l’air de sa queue de contentement. Alors je l’ai repoussé, brutalement, il a cogné contre un mur et est tombé dans un bruit mat. Ses yeux luisaient d’incompréhension, il avait  la tête suppliante et la queue basse. Je souris et l’appelai, tendant ma main offerte pour une caresse, il accourut, pas rancunier pour un sous, et je lui grattai le front pensivement. Quoi qu’en pensent les autres, je ne sentais plus en moi d’affection à reporter sur cette pauvre bête. J’avais par contre énormément de chagrin, de douleur et de rage que j’allais pouvoir extérioriser.

Hostie fut, entre autres tortures, battu, affamé, abandonné de nombreuses nuits en pleine foret, attaché à un arbre, plongé et maintenu sous l’eau dans une baignoire, enfermé dans un cercueil que j’avais expressément construit pour lui, jeté par la fenêtre du premier étage, jeté par la fenêtre du deuxième étage pour voir la différence, recouvert de fromage à raclette fondu… Je n’en retirais pas vraiment de plaisir sadique, c’était juste un exutoire, une façon de partager ma douleur avec quelqu’un, presque un rituel, une habitude.
Parallèlement à cette maltraitance routinière je me découvrais une profonde fascination pour la mort. Fascination autant pratique que théorique car si je passais énormément de temps à étudier la question dans des ouvrages d’histoire, de science, de mythologie ou de théologie, mon véritable plaisir était d’expérimenter mes découvertes sur des sujets vivants.
Je pouvais rester tout un après-midi à regarder des poissons tressauter sur le sol, leurs branchies s’ouvrant spasmodiquement sur un air mortel pour eux.

Guillotine, pendaison, noyade, bûcher, chaise électrique, hypothermie... y a t’il des différences, y a t’il une méthode meilleure ? Aconit, ciguë, digitale, amanite, laquelle tue le plus rapidement ? Comment les animaux perçoivent la mort, comment y réagissent-ils, peuvent-ils la rechercher ? Ont-ils une âme, que devient-elle lorsque le corps meurt ? Comment se passe la momification ? A toutes ces questions et à bien d’autres encore, j’ai cherché des réponses, à beaucoup d’entre elles j’en ai trouvé.
La guillotine, un simple rasoir attaché à une fenêtre du même nom, c’est rapide, mais salissant. La pendaison, ça ne marche pas vraiment, enfin on est obligé de lester le chat et encore, des fois il meurt pas sur le coup. La noyade, c’est lent, l’animal panique et se débat violemment. Le bûcher, apparemment c’est très douloureux, puis ça sent pas vraiment le barbecue, ça pue en fait. La chaise électrique, ça fait sauter les plombs, puis il faut bien mouiller le chat avant sinon c’est lent et ça pue aussi. L’hypothermie, c’est plutôt passionnant à observer, au bout d’une heure l’animal, une poule cette fois ci, les chats sont devenus rares dans le quartier, est calme mais vivace, au bout de trois heures, il semble assoupi, son pouls à bien ralenti, du givre se forme sur ses plumes, au bout de six heures la poule est dans un état comateux, elle ne réagit que difficilement aux stimuli extérieurs, insensibilité à la douleur, pupille qui ne se dilate pas ou peu selon la lumière. Au bout de huit heures, la poule est cliniquement morte, malgré mon massage cardiaque, pas de bouche à bec tenté. Mes tentatives pour provoquer chez les gallinacés une expérience de mort imminente se sont malheureusement soldées par un échec.

Oups, je crois que j’ai un peu dérapé. Ariane ma fille, il faut que tu arrête de parler de ta passion aux gens, ça leur fait peur, tu le sais bien. Ils veulent juste te connaître un peu, pas que tu leur raconte comment tu es devenue psychopathe.

Pardonnez mon étrange obsession, n’ayez pas peur, je vais essayer d’être moins morbide, promis.
Donc, alors que mon nouveau centre d'intérêt décimait les populations félines et aviaires des environs, que mon chiot boitait de plus en plus et que mes grands parents échappaient de peu à la crise cardiaque en me découvrant faisant la morte couverte de sang de mouton ou pendue par les épaules à une poutre, il fut décidé que pour mon propre bien et celui de mon entourage à poils et à plumes je ferais bien de recommencer à voir un psychologue.

Colette Margnant n’était pas une grande teutonne frustrée, une qualité admirable à mes yeux et qui permit à sa profession d’avoir une seconde chance. Mais ce fut finalement une chance pour moi. Elle fut l’archéologue qui m’expliquait pourquoi j’étais en ruine. Le fil dans ma main quand je m’aventurais dans l’écheveau de mes pensées. L’ancre inamovible, la digue insubmersible qui tenait mes tempêtes en échec. L'échafaudage grâce auquel je me reconstruisais peu à peu. Si la mort me fascinait toujours, je retrouvai néanmoins l’envie de vivre et d’apprendre. J’envisageai même un moment de me lancer dans des études de psychologie. Je me refis des amis et j’appris à contrôler mon enthousiasme pour la mort et le morbide afin de ne pas trop les effrayer. Pourtant, si je retrouvais le sourire, au fond de moi je me sentais blessée, seule et incomprise.

Lors de ma dernière année d’école secondaire, je fis une découverte bouleversante. On m’offrit, choix assurément guidé par le destin, un livre sur les civilisations mésoaméricaines. Au fil de ma lecture, à mesure que je dévorais insatiablement les pages, une excitation farouche réchauffait mon coeur. “Ils” me comprenaient. Ces peuples, Olmèques, Tarasques, Mayas, Aztèques, pour qui le sacrifice était la plus belle mort, le don ultime de son sang pour faire vivre les dieux. Le sacrifice de sa vie, comme mes parents l’avaient fait pour moi. Je voulais tout savoir d’eux et j’abandonnai mes projets de psychologie pour l’histoire. Pendant l’été qui suivit, le sang coula. Le mien d’abord, car quelle grande prêtresse serais-je si je ne vénérais pas mon nouveau panthéon et ne leur offrais pas mon eau précieuse. Celui d’une nouvelle génération de chats ensuite, sacrifiée sur la pierre de l’autel en l’honneur de Huitzilopochtli, Tlaloc ou Ah Puch.

En septembre, j’entrais au Gymnase de la cité, à Lausanne. Mes grands-parents me regardèrent partir dans un mélange d’inquiétude et de soulagement coupable. J’étais heureuse de partir mais un peu intimidée. J’avais bien conscience de ma différence et de mon excentricité dérangeante. Mais rapidement je me liai d’amitié avec un petit groupe d’hurluberlus.

Elisabeth Courvoisier était la fille unique d’une riche et pieuse famille. Élevée selon les préceptes calvinistes et les valeurs du capitalisme, elle avait développé très tôt une aversion prononcée pour les bourgeois et les bigots et se plaisait à chanter pouilles à tout ceux qu’elle croisait. Lyz’ n’avait pas seize ans mais elle faisait déjà adulte, femme, et pas que physiquement. Certes son style balançant entre le gothique et le hippie la vieillissait mais c’était surtout son caractère assuré, presque provocant, libertin, son phrasé cru et son coté protecteur qui faisaient sensation. Elle était pressée de grandir pour mieux croquer la vie  à pleine bouche comme elle disait avant d’ajouter suggestivement “mais sans les dents” et d’adresser un clin d’oeil à Micky.

Michaël était en quelque sorte le copain officiel de Lyz’ que la monogamie et la fidélité semblaient ennuyer plus qu’autre chose. C’est d’ailleurs avec lui que je l’ai fait en premier, c’était pas mal, ça ne valait pas un sacrifice mais pas mal, je me rappelle avoir pensé que faire les deux en même temps devait être sympa. Il avait presque vingt ans et travaillait au service parcs et jardins de la municipalité. La nuit, il nous faisait entrer partout, parcs, cimetières. Nous nous racontions des histoires effrayantes parmi les tombes, jouions à cache cache entre les caveaux et les columbariums, dans l’ombre sinistre des cyprès. Parfois, nous y enfermions Charlotte, mais elle manquait de naturel quand elle faisait semblant d’être effrayée pour nous faire plaisir.

Charlotte Latour était la fille d’un médecin légiste, elle avait perdue sa mère très jeune et avait été élevée tant bien que mal par son père. Elle n’était pas très dégourdie, assez naïve même, et d’une gentillesse indécrottable. Pour tout vous dire, elle me rappelait furieusement Hostie, en un peu plus intelligent peut être. Elle tenait absolument à faire plaisir à tout le monde et ne savait pas dire non, un trait de caractère fort louable équivalent à crier “Victimisez moi !” à la ronde. Et les apprentis bourreaux s’en étaient donné à coeur joie jusqu’à ce qu’elle tombe entre les mains de Lyz’ qui avait décidé qu’elle seule avait le droit de la torturer et que quiconque oserait importuner sa protégée subirait son tourment. Elle avait étendu ce droit à Micky puis à moi mais se montrait plus féroce qu’une tigresse envers ceux qui s’approchaient de sa petite Charlotte. L’intéressée semblait tout à fait satisfaite de cette situation, préférant sans doute subir quelques mauvaises plaisanteries de la part de trois personnes plutôt que du reste du monde.

J’aimais bien la candide Charlotte et l’accompagnais souvent voir son père après les cours. Bon d’accord, l’institut médicolégal et la morgue où il travaillait me fascinaient comme vous ne pouvez l’imaginer et Charlotte était mon passe partout, suis-je si déchiffrable ? Bah, on ne se refait pas. Donc, chaque fois que je le pouvais, je dirigeais une Charlotte toute contente de me faire plaisir vers l'hôpital. Son père avait toujours un sourire fatigué mais reconnaissant pour moi, il semblait heureux de voir que sa fille avait des amis. Charlotte m’emmenait alors dans la morgue avec la bénédiction du médecin légiste. Il se comportait envers sa fille de la même façon qu’elle le faisait avec tous les autres, il ne pouvait rien refuser à sa petite chérie. Super modèle paternel, pas étonnant qu’elle soit devenue comme ça. Dans ces cas la, après avoir obtenu satisfaction, elle m’adressait un regard effrayant, le regard que pourrait lancer un mignon petit lapin en montrant à un renard une carotte vaudou, un regard qui dirait “hey tu as vu, moi aussi je peux le faire, je suis pas tout en bas de la chaîne alimentaire”, effrayant.

La morgue, cette pièce froide, aseptisée, je m’y sentais fébrile, exaltée, c’était un musée, un musée dédié à la mort. J’avais l’habitude des cadavres de chats et de poulets, mais cela faisait depuis l’enterrement de mes parents que je ne m’étais retrouvée nez à nez avec un corps humain. Et encore mes parents avaient été maquillés, parfumés, raffermis et toutes ces autres choses que l’on fait pour rendre un mort présentable, de quoi rendre jaloux un embaumeur égyptien. Là, dans ces tiroirs chromés, c’était la vraie mort, celle qu’on pouvait toucher du doigt, celle qui sentait, non pas la charogne, pas encore, mais la chair, la viande froide, et les désinfectants chirurgicaux. Combien de ces tiroirs j’ai ouvert avec ma complice durant toute ma scolarité, trop, beaucoup trop pour que je m’en souvienne. On peut lui reprocher tout ce qu’on veut à la Charlotte, elle flanchait pas devant un cadavre, sûrement parce que son père l’avait trop souvent amené à son travail, les nounous ça existe hein. Tssss ! Enfin, elle était d’une neutralité dérangeante face à la mort, bon c’était sûrement un poil moins dérangeant que l’air ravi que j’affichais mais quand même.

Dans une morgue de salle d’autopsie il y a moins de vieux que dans les autres, il y a par contre beaucoup d'abîmés, tous les accidentés de la route, les morts suspects, les “en attente d’identification”. Tous ces sujets d’expériences à ma portée. Oh, j’en ai tâté des corps flasques, j’en ai soulevé des paupières dévoilant des yeux éteints, j’en ai piqué des punaises dans des cuisses, j’en ai sondé du doigt des plaies ouvertes, à la profondeur troublante…

Oui, pardon, j’avais promis de me calmer, mais c’est dur, bande de coincés va, Charlotte elle ne bronchait pas, elle. Reprenons.

Ainsi entourée de mes trois amis, j’affrontais le rire aux lèvres mes deux premières années. Ensuite Lyz’ partit, elle avait fini ses études et voulait faire son tour du monde avec Micky. Elle continua un temps à m’envoyer des cartes postales. Les catacombes de Paris, l'île de San Michele à Venise, le mausolée de Lénine, les cimetières d’Arlington et de Forest Lawn, la fête des morts mexicaine… Quelle horripilante connaissance de mes goûts. Ils me manquaient. Charlotte me quitta à son tour, en milieu d’année. Ce n’était pas sa faute, son père venait de s’être fait virer et radier de l’ordre des médecins après qu’on eut découvert que plusieurs corps sous sa responsabilité avaient subi une cardiectomie. Ne me regardez pas comme ça, je suis innocente voyons, je ne vous permets pas de mettre en doute ma parole. Il déménagea donc, Charlotte dans ses bagages, d’elle, je n’eus pas de nouvelle.
Après ces trois années au gymnase de la cité j’obtins mon certificat et quittai la Suisse pour poursuivre mes études à Paris. J’en ressortis à 24 ans, avec en poche un doctorat d’archéologie rondement mené. L’avenir, radieux, me souriait, un grand centre d’étude américain me déroula le tapis rouge et je m’envolai pour de bon pour le continent de mes rêves.

Je viens d’avoir 27 ans et je suis la plus heureuse des femmes. Non je ne me marie pas, non je ne vais pas accoucher, je laisse ces plaisirs à d’autres pour l’instant. J’ai 27 ans, je suis archéologue et conférencière dans de prestigieuses universités du monde entier où je peux transmettre ma passion. Surtout, j’ai été ordonnée prêtresse maya dans un petit village du Guatemala et je peux exercer ma foi entourée de gens qui la partagent. Vous n’imaginez pas ce qu’on peut ressentir en sacrifiant un poulet devant cent personnes qui ne vous jugent pas, ne vous prennent pas pour une folle, vous respectent même, c’est, c’est indicible. J’ai reçu le couteau d’obsidienne et je le garde précieusement. La vie est rude pour ces populations, exploitées, discriminées, et j’essaie d’attirer sur eux le regard de la communauté internationale. Ma vie est comblée et il me reste tant de choses à découvrir encore, tant de questions sans réponses. Les civilisations que j’étudie, les mayas et les aztèques, ont tellement de choses à nous apprendre, tellement de mystères les entourent encore.  

Un an et demi plus tard je suis en passe de faire une découverte prodigieuse, du moins j’ai toutes les raisons de le croire. Mes récentes recherches sur Xibalba, l’inframonde de la religion maya, et sur les cénotes, ces étranges puits naturels sensés y conduire, m’ont ramené à Chichen Itza, le grand temple des sorciers de l’eau, dans le sud du Mexique. Des pétroglyphes et des gravures me troublaient, certes l’art préclassique maya est hermétique, voire indéchiffrable, mais plusieurs frises et stèles me semblaient incohérentes. Pourquoi représenter le puits sacré verticalement, pourquoi faire marcher les sacrifiés au travers pour rejoindre le monde inférieur, pour montrer leur volontariat ? Puis un soir, sur le sacbé, le chemin reliant le complexe religieux au cénote sacré, j’ai compris, je me suis retrouvée en face d’une étrange flaque de lumière, qui flottait dans les airs comme une nappe de brouillard fine mais opaque. Mes dieux me réclamaient, j’allais enfin les rencontrer, ils m’ouvraient la porte de leur monde, j’avais juste à avancer, de l’autre coté du miroir. Allais-je mourir ? Non pas que cette idée me dérangea, j’étais prête à tous les sacrifices, le mien en tête, pour obtenir des réponses. C’était ma chance, ma destinée, j’avançai.

Mon pied chercha le sol sans le trouver, et je m’étalai de tout mon long dans un buisson au confort douteux. Je me relevai en pestant et décidai malgré ma curiosité dévorante d'arrêter mon exploration nocturne des lieux. Le sol sur lequel je marchais était bosselé comme un bas relief toltèque et c’était une chance que je ne me sois pas encore tordu une cheville ou cassé quelque chose. Je levai les yeux vers les morceaux de ciel qui scintillaient dans les frondaisons, il ressemblait vaguement au notre, au sens où des étoiles y brillaient. Je m’assis sur une pierre à peu près plate en soupirant, je n’avais plus qu’à attendre que le soleil se lève en espérant que la faune locale respecte cette trêve. Enfin, j'espérais que le soleil se lève, mais rien n’était moins sur, y avait-il un soleil ici ? Étais-je vraiment passée dans Xibalba ? Je n’imaginais pas vraiment l’inframonde ainsi, je voyais ça plus, heu, souterrain. Quelle heure était-il, est ce que cette question pouvait bien avoir un quelconque sens ici ?

L’aube me trouva fatiguée et nerveuse, ma confiance s’était sérieusement émoussée au fil de la nuit et la lumière du jour était un réconfort bienvenu. Je me trouvais bien dans la jungle mais en bordure, ou en altitude, les arbres n’avaient ni l’immensité ni la densité de ce qu’on pouvait trouver au milieu d’une foret tropicale. Je fis rapidement l’inventaire de mes maigres possessions, une besace, un carnet à moitié plein, un crayon et deux stylos, une gourde à peine entamée, je ne mourrais pas de soif, une anone presque mure, ni de faim, super, une paire de boucles d’oreille, des lunettes de soleil, un trousseau de clefs, un tube d’écran total presque vide, un bob “j’aime les ruines”, de l’antimoustique, une loupe et mon fidèle couteau en obsidienne. Pas de lampe torche, de trousse de soin, de réelle arme ou de boussole mais je ne m’en sortais pas si mal, Kukulkan soit loué.
Je dévorai l’anone et but une gorgée d’eau. Ragaillardie, j’observai les environs, des arbres, des arbres à perte de vue, dans la mesure où l’horizon était bouché à une soixantaine de pas à la ronde ça ne voulait pas dire grand chose mais bon. Le plus étonnant restait que je ne reconnaissais aucune des essences présentes, certes je suis loin d’être une experte, mais je sais quand même identifier un acajou, un copal ou un poivrier, mais là, rien. Je rangeai mon barda, et, avisant le dénivelé, commençai à grimper dans l’espoir de me repérer. Malheureusement le sommet était aussi boisé que les flancs et je n’avais aucune envie de grimper aux arbres. Je poursuivis donc mon chemin sur l’autre versant. J’allais bien finir par tomber sur une colline dotée d’une cime rocheuse.

La jour déclinait lorsque je croisai mon premier être humain, une sorte de grande blonde un peu paumée. Avec sa peau blanche parsemée de coups de soleil rutilants on aurait dit une serviette hygiénique usagée. Sûrement pas une autochtone, plutôt le genre touriste qui se perd entre son lit et le minibar, au secours ! Heureusement elle parlait Anglais et, alors qu’elle me racontait son aventure, je tombais des nues. Elle était arrivée ici par un portail lumineux, comme moi, mais dans la Grande Pyramide de Khéops, en Egypte. Je clôturai définitivement l'hypothèse selon laquelle ce monde avait un lien, même vague, avec les mayas, ça ressemblait plutôt à une sorte d’univers parallèle.
Je racontai rapidement ma propre arrivée ici puis, voyant que ma nouvelle compagne d’infortune était aussi à l’aise dans la jungle qu’un poux sur le crane d’un cancéreux, je pris les choses en main. Nous installâmes un vague campement, consistant à empiler quelques feuillages pour ne pas dormir à même le sol et réussîmes, à force d’efforts, à tirer une fumée acre d’un tas de bois vert, ça promettait. Nous nous sommes adossés à des arbres, j’ai partagé le contenu de ma gourde en espérant qu’elle n’allait pas y cracher des microbes inconnus, et nous avons parlé, de nos métiers surtout, une ethnologue et une archéologue qui se rencontrent, de quoi vous voulez que ça parle, hein ?

Au petit matin, des cris de singes nous réveillèrent, nous avions survécu à la nuit, même notre “feu” qui toussotait encore comme Roger le camionneur au salon de la cigarette. En plus ou moins bon état vu que Kriemhilde, c’est comme ça qu’elle s'appelait, semblait fraîche comme un gardon momifié, l’oeil hagard, la peau luisante et parcourue de tremblements. Je l’ai regardé, j’ai regardé ma gourde, je l’ai regardé, à tout les coups elle avait attrapé une saleté et me l’avait refilé, il allait vite falloir que je trouve de l’eau propre et une bestiole à sacrifier à Chalchiutotolin, le dieu des maladies. Avant cela, je m’approchai d’elle et posai le dos de ma main sur son front, pas de fièvre. Étonnée, j’écartai ses paupières et observai quelques secondes ses pupilles avant de me reculer. Elle n’était pas malade, c’était juste une foutue droguée en train de se faire une ptite crise de sevrage en pleine jungle. Au secours, ha je l’ai déjà dit ça, à l’aide !  Un instant j’envisageai de l’abandonner à son triste sort mais je chassai rapidement cette idée de ma tête. Outre le fait qu’elle m’était sympathique et que j’avais une conscience, je me retrouvais perdue dans un endroit sacrément mystérieux. Pour ce que j’en savais il pouvait très bien être habité par une bande de machos aux envies de repeuplement manquant de femelles à engrosser, auquel cas il était toujours intéressant d’avoir une miss Suède sous la main comme diversion, et ce même si la donzelle était un peu défraîchie.

Laissant Kriemhilde sous la surveillance du campement, oui on en était rendu là, je partis à la recherche d’eau fraîche et de nourriture, comestible si possible. Je remplis ma gourde à une source où, s’il y avait des saletés, elles avaient au moins la politesse d’être invisibles à l’oeil nu. Je ramassai également sur le retour quelques fruits jaunes en me disant que si les singes en bouffaient, ça devait pas être trop empoisonné. Je retrouvai sans trop de peine le campement, j’avais toujours eu un excellent sens de l’orientation, un truc d’Ariane ça. Je fis manger la pauvrette puis, voyant qu’elle n’en mourrait pas, je croquais quelques fruits à mon tour. Une fois repue, je m’adossai à un arbre et la pris dans mes bras. Sa tête appuyée contre mon plexus, je la berçai doucement, par moment elle délirait et se mettait à babiller en Suédois, alors je lui donnais à boire pour qu’elle se taise. Le reste du temps, quand elle était calme et assez consciente, je lui racontais des histoires effrayantes, au moins comme ça elle tremblait d’autre chose que du manque. J’aimais bien m’occuper d’elle, ça me rappelait mes poupées, quand j’étais toute petite et que mes parents étaient encore vivants.

Finalement, elle s’est remise et, aussitôt sur pied, a manifesté le désir de suivre le chemin balisé pour rejoindre la civilisation, en espérant qu’elle soit assez évoluée pour avoir un hôpital surtout. Pour ma part je commençai à prendre goût au camping sauvage dans la jungle et j’avais l’intention d’explorer un peu les alentours avant de me frotter aux locaux. Bon, le besoin de faire quelques sacrifices à mes dieux devenait pressant, mais ça, la petite suédoise n’avait pas besoin de le savoir. Nous nous fîmes donc nos adieux, avec la promesse de se revoir prochainement et je retrouvai la solitude. Après avoir capturé et passé au fil de mon couteau quelques lézards, je me sentis mieux et me mis en route. En premier lieu j’avais envie de voir cette pyramide, je pris donc le chemin dans le sens inverse de Kriemhilde.

L’édifice était grand, il fallait au moins reconnaître ça aux égyptiens, leurs pyramides étaient plus hautes que celles dont j’avais l’habitude. Mais bon, eux ils ne sacrifiaient pas leurs esclaves, fallait bien s’en débarrasser en les tuant à la tâche. Malgré leur hauteur, je réussis à me hisser de pierre en pierre jusqu'à surplomber les frondaisons. Vu du dessus, la jungle ressemblait à une mer sans fin, de l’oeil je cherchai une ruine ou le sommet d’un temple affleurant, déformation professionnelle. Mais rien, bah alors Toto, on est plus dans le Kansas ?

Je pouvais toujours reprendre le chemin balisé, rattraper Kriemhilde et voir où ça menait, ou je pouvais m’enfoncer dans la jungle, vers l’aventure et l’inconnu. Je jetai un dernier regard sur l’immensité émeraude qui m’entourait, oh oui, gare à toi nouveau monde, gare à vous, chats, poulets, lézards... Ariane arrive.


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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Jeu 20 Aoû - 20:38




“ test RP”

citation


Enfin c’est fini.  Non pas que je n’aime pas les festivités, mais bon, je me sentais un peu comme un musulman qu’une famille chrétienne aurait invité à passer Noël. Je ne vais pas prier Chiere alors que j’ai déjà plus de cent dieux à honorer, c’est du boulot le polythéisme, faut pas croire. Les premiers jours, je me suis même éloignée, je suis partie dans la jungle pour réfléchir loin de la foule déchaînée.
Je n’ai pas mis tout de suite le doigt sur ce qui me dérangeait en marchant, j’étais mal à l’aise. Puis j’ai voulu faire un sacrifice et j’ai compris. Il n’y avait plus aucun animal à la ronde. J’ai commencé à paniquer, j’ai fouillé les buissons, j’ai retourné l’humus, rien, pas une blatte, pas un lombric. De dépit, je me suis entaillé le bras et ai offert mon eau précieuse aux dieux. La disparition de la faune m’inquiétait, est ce qu’une catastrophe allait arriver ?

Mon trouble ne cessa d’augmenter à mesure que mes recherches de petites bêtes se révélaient infructueuses et je me couchai en proie au doute. Au milieu d’un sommeil agité, pourtant, un cri de griffon perça le voile de mes cauchemars. La jungle retrouvait ses habitants, ils arrivaient tous de la même direction et rejoignaient leurs territoires dans une trêve fatiguée. J’ai attrapé deux rongeurs ressemblant à des ragondins, un pour tout de suite et l’autre pour la route. J’ai éventré le premier et jeté son coeur dans mon feu, tout de suite je me suis sentie mieux, emplie d’énergie et de confiance. J’ai attendu le matin mais il n’est jamais venu, à la place les étoiles se sont éteintes et les lunes se sont mises à briller intensément. Est ce que c’est normal ? Je me rappelais vaguement que les Chieresques fêtaient la lumière et le cycle jour nuit, est ce que ces ténèbres faisaient parti de la cérémonie ? Ou avaient-ils offensé leur déesse ?

J’ai passé la “journée” à étriper ou brûler des bestioles en l’honneur de Cipactonal, K’inich ajaw, Oxomo, Itzamna, Tonatiuh et bien d’autres pour que le jour revienne. Ils ont mis le temps à m’exaucer mais le soleil s’est finalement levé. J’ai regardé le tas ensanglanté de serpents, de chauves-souris, d’écureuils et de singes qui avaient permis le retour de l’aube, on a réussi les amis. J’ai abandonné leurs carcasses méritantes aux charognards et me suis éloignée à la recherche d’un ruisseau ou d’une cascade où me débarbouiller.

La cinquième journée je me suis mêlée aux festivités. C’était le jour des cadeaux et des câlins, un peu comme si Noël et la saint Valentin tombaient en même temps. Un truc sympa quoi. Je me suis joint à un petit groupe de têtes connues. A Rome, fais comme les romains, en Oblivion, fais comme les chieresques, j’ai donné quelques broutilles et en ai reçu. Puis Karja s’est approchée de moi, je ne m’attendais pas vraiment à la trouver là et j’étais heureuse de la voir. Elle m’a tendu un petit paquet de tissus rouge que j’ai déplié sans attendre. Il contenait un couteau en os, la lame était affûtée et le manche somptueusement gravé d’arabesques. C’était un bel ouvrage, et parfaitement adapté à ma main. Je la remerciai chaudement, touchée par son présent, puis lui tendis le mien. Ce n’était pas grand chose, juste quelques graines de pavot ramassées lors d’une expédition. J’avais pensé en offrir aussi à Kriemhilde mais on m’avait assuré que ce n’était pas l'espèce à opium.

Karja semblait satisfaite de mon modeste cadeau et nous nous séparâmes à regret. Je rejoignis mon petit groupe, pressée qu’ils finissent de me raconter les évènements croustillants que j’avais manqués. Apparemment, le festival ne s’était pas vraiment passé comme les autres années, était-ce Chiere qui mettait ses enfants à l’épreuve comme beaucoup  semblaient le penser ? Je me posais énormément de questions sur la déesse d’Oblivion qui se manifestait à son peuple plus qu’aucun de ses confrères terrestres. Peut être qu’elle se sentait seule, sans aucun autre dieu, et qu’elle s’occupait en les titillant. L’idée me fit sourire.

La matinée passa, après le repas, des couples se formèrent, s'éloignèrent main dans la main. Quelques Chieresques invitèrent même certains d’entre nous. Aucun ne vint vers moi, il faut dire que mon dernier singe avait une pression artérielle un peu forte, je devais faire peur à voir. J’aurais sans doute refusé de toute façon, ce n’était pas le contact physique qui me répugnait, c’était le coté profondément ésotérique de l’acte. Chacune des relations charnelles qui allaient avoir lieu en ce jour le seraient en l’honneur de Chiere, sous son regard.

Je regarde le ballet séducteur avec curiosité, fascinée par cette tradition. De nombreuses cultures possèdent des jours épagomènes en sus de ses mois traditionnels, même le calendrier républicain français avait ses sans-cullotides. Mais d’ordinaire ces journées sont considérées comme néfaste, les nemontemi azteques, fin janvier, sont une période dangereuse, où il est préférable de jeûner et de rester chez soi à méditer. C’est amusant de voir comment ici on en a fait une fête.

Le soir tombe, je m’éloigne du village pour trouver un endroit calme. Je marche en écoutant les gémissements et les râles de plaisir. Une idée me traverse l’esprit. Quelle est la probabilité que, parmi nous tous, pauvres terriens, personne n’ait le sida ? Si je pouvais trouver un hévéa pour en faire du caoutchouc et lancer quelques rumeurs d’épidémie, je suis sure que je pourrais tirer une petite fortune de la production de préservatifs artisanaux. Ha ! Ce serait amusant.

Je finis  par trouver un endroit confortable et suffisamment loin des ébats pour dormir. J’allume un petit feu et sors mes couteaux. La lame d’obsidienne du premier brille à la lueur des flammes. A coté il y a celui que j’ai acheté à Nid-de-vipère, en métal, il aurait bien besoin d'être aiguisé. Il faudra que je demande aux chieresques de Lame de foi. Enfin, le coutelas que m’a offert Karja, en os, je l’admire pendant plusieurs minutes. Il est vraiment magnifique. Je le repose à coté des autres, je crois que je peux commencer une collection. Sur cette pensée, je m’endors.

Comme d’habitude je me réveille aux aurores, la jungle n’est pas un endroit approprié aux grasses matinées. Je me lève et retourne vers Petit-matin voir s’il reste quelques rogatons pour le dej’. Je compte repartir en vadrouille maintenant que le festival est fini, mais pas le ventre vide. Et la cuisine chieresque, c’est quand même plus sympa pour les intestins que les fruits. Puis c’est offert si généreusement.

Je m’avance sur la place centrale, owowoooh il y a déjà du monde, il va falloir se battre pour quelques reliefs de repas. Mais non, ils semblent tous s’intéresser à autre chose que les tables chargées de restes. J’en profite pour me faufiler et grappiller quelques morceaux, puis la curiosité l’emporte et je m’approche de l’attroupement. Les chieresques sont en colère, certains visages semblent empreints d’une froide satisfaction, ceux de mes compatriotes reflètent plutôt l’effroi et le dégoût. Je me fraye un chemin dans cette foret pétrifiée. Hey moi aussi je veux voir, poussez vous ! J’entends une chieresque qui parle, je ne comprends pas tout mais le ton de sa voix semble réprobateur, le nom de sa déesse revient plusieurs fois, pourtant ce n’est pas une prière.

Enfin, j’arrive à l’orée de la foule, devant moi, des passeuses d'âmes s’affairent autour de deux corps. Deux chieresques, tués en pleine célébration de la vie, à l’arme blanche semble-t-il. Leurs corps sont salement mutilés, les bras et les jambes labourés de plaies, on dirait que Freddy Krueger et Wolverine se sont fait les griffes sur eux. J’ai tellement envie de m’approcher, de toucher les corps, je frissonne en me refrénant, ils ne me laisseront pas faire, même si j’arrivais à les convaincre que j’avais passé toute mon adolescence dans une salle d’autopsie.

Je tends l’oreille aux murmures courroucés et comprends qu’il s’agit d’une prêtresse et de son lige, sacrilège parmi les sacrilèges dans la grande famille des interdits saugrenus. Je regarde les amants maudits, bah alors les tourteaux, quelle idée de faire ça sur la place du village aussi.

Je croque pensivement dans le morceau de viande marinée que j’ai chapardé et lâche un petit bruit de contentement. Un orphelin près de moi se retourne, interloqué et nauséeux, je lui montre mon mâchon en souriant d’un air gourmand. Ils sont bizarres tous, à manger de la viande sans supporter la vue d’un cadavre, faut assumer hein.
_ Tu vois, ils les tuent, ensuite ils les cuisent, puis ça devient ça, je lui agite mon bout de bidoche sous le nez. Tu veux goûter ?
Il s’éloigne outré, sûrement pour aller vomir dans les buissons, pfeuh, le genre de blanc-bec qui croit qu'être vulcanologue c’est se balader en auvergne pour cueillir des bouteilles volvic sur les arbres. La vie c’est pas se torcher le cul avec du moltonel tout doux, mon grand. Ha !

Je reporte mon attention sur les morts que l’on prépare pour leur dernier voyage. Déjà on dresse les bûchers funéraires, ça lambine pas pour cramer les impies ici. Je regarde l’assemblée, il me semble deviner des dissensions parmi les chieresques. Certains semblent désapprouver l’assassinat des deux amants, tandis que l’ire des autres est entièrement tournée vers les blasphémateurs. Je bois du petit lait en observant les regards haineux ou choqués.

Si le grand avantage du monothéisme comparé au polythéisme est la simplicité, le défaut, c’est la répartition des tâches. Je vais faire court, vous connaissez le principe du good cop, bad cop ? Il y a le gentil flic et le méchant flic, et bien pour les dieux c’est pareil. Il y a le dieu bienfaisant qui protège et qui récompense et le dieu impitoyable qui punit. Sauf que dans le monothéisme il n’y en a qu’un. C’est comme ça qu’on se retrouve avec un dieu d’amour et de miséricorde qui te balance un déluge juste parce qu’à Sodome on préfère s’analyser joyeusement qu’être féconds, croître et se multiplier. Un peu excessif comme réaction, il n’avait qu’à rendre cette voie là impénétrable comme les siennes, enfin.

Chiere c’est pareil, elle doit tout faire elle même, la bonté et l’autorité, les bisous et les fessées, la vie et la mort. Pour la vie on verra dans neuf mois mais pour la mort, elle se débrouille plutôt bien. Ha !


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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Jeu 20 Aoû - 21:57

BIENVENUEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE :heart:
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Jeu 20 Aoû - 22:55

Ma copine
Comment je prends cher dans l'histoire quand même :argh:
Bienvenue par ici hihi

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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 21 Aoû - 7:40

Pourquoi genèèèèèèèèève

BIENVENUE ça me fais plaisir de voir un perso suisse on en voit jamais et c'est de là que je viens ^^'
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 21 Aoû - 12:52

OWIIIIII !!!!
Bienvenue dans la dure loi de la jungle petit lynx de mon cœur. Suis trop contente que tu te sois enfin décidé à venir nous rejoindre, on va bien s'amuser à faire des sacrifice de blattes, promis !
J'ai relu avec plaisir ton histoire, j'adore toujours autant.
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 21 Aoû - 13:12

Bienvenue !
Comme je disais à Thalia l'autre jour, ça faisait bien longtemps (voire jamais) que j'avais pas lu une fiche qui soit à la fois aussi drôle, triste et wtf, donc bravo et hâte de te voir RP !
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 21 Aoû - 14:05

Bienvenue sur le forum ! :vole:
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 21 Aoû - 14:57

Merciiiiiii à tous pour l'accueil

Owiii ma coupine toxico  hihi , j'ai pris bien soin de toi avoues, je pense que je ferais une super babysitteuse.  

Genève parce que l’hôpital où ma maman à accouché était à Genève. Si tu veux j'apprendrais à chanter le yodel à Safir en échange de quelques menus services  bro

Owiii copine phalène, faut qu'on aille se balader dans la jungle, je suis sur qu'il y a des lacs prêts à se faire tourner autour et des blattes pas trop craintives.  

Merci Mab    ( elle l'a fait lire à tout le monde mon histoire ou quoi ? :o )  ça me fait plaisir que tu aies aimé, j'avais adoré ta fiche sur Ivy dans le genre wtf.


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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 21 Aoû - 17:09

Bien sûr qu'elle l'a fait lire à tout le monde, elle déchire trop sa race pour ne pas être partagée !
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Jeu 27 Aoû - 16:53

Y a que des aventuriers qui nous rejoignent par ici
Bienvenue chère demoiselle et bon voyage dans Oblivion

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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 28 Aoû - 16:44

Vouii je préfère partir à l'aventure plutôt que devenir orphelin
Merciiiii , si jamais tes cours de biologie te manquent, viens me voir, on fera des dissections psycho .
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Ven 28 Aoû - 16:59

Citation :
_ Tu vois, ils les tuent, ensuite ils les cuisent, puis ça devient ça, je lui agite mon bout de bidoche sous le nez. Tu veux goûter ?
OMG XD

Bienvenue Ariane :)
Style impressionnant, et longueur aussi xD
On m'a dit que tu étais une Ariane parfaite alors :aloha:

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Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ Une étoile qui a cessé de briller. Une fleur fanée. Un soleil qui ne se lève jamais. Un gout amer dans la bouche. Une douce mélancolie. « Les mots, de cristal forgés, dans sa gorge de glace se sont figés…» Son coeur est mort. Son âme perdue. Ses mains maculées de sang. Ambal, la mère brisée.
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Dim 30 Aoû - 1:09

Meercii

Voui je fais des posts longs mais j'essaie de me contrôler :hin:

Parfaite :o aïe aïe aïe, la barre est haute, je vais faire de mon mieux mais c'est ma première vraie expérience de forum rp, alors...

Félicitations pour la maj et toutes les nouveautés, c'est superbe :vi:
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Dim 30 Aoû - 12:24

Merci :)
Tu as fini ta fiche ?
Si tu as besoin, je sais qu'Aura· te guide mais si tu as besoin je suis également là

_________________

- Une poésie muette -
« Danser, c’est comme parler en silence. C’est dire plein de choses sans dire un mot.»

Un souffle d'espoir:
 
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Dim 30 Aoû - 16:32

Si tout va bien et qu'il n'y a rien d'incohérent à changer, oui, j'ai fini.  
Il faut laisser le temps à Aura de me souhaiter la bienvenue aussi, elle voulait me faire un truc bien alors j'attends  

C'est gentil, je n'hésiterai pas. hihi
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Dim 30 Aoû - 16:50


 
 

 
 
“ AVENTURIERE ”

 
bienvenue, fille de Chiere

 

Félicitations, tu es validée !   bro
L'équipe de 7W est terrifiée de te compter parmi les enfants de la Mère, psychopathe obsessionnelle, et nous espérons que tu vas te plaire parmi nous.  slip

Ne décime pas trop de blattes ♥️

Bon jeu à toi, n'hésite pas à me faire signe si tu as besoin de quoi que ce soit  :aloha:
 

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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Dim 1 Nov - 16:07

Oh. Mon. Dieu.

Très très bonne fiche que voilà ! Et quelle culture historique et... Morbide ^^' Je ne sais pas vraiment si je dois te féliciter de ce réalisme, être tout bonnement terrifié, ou me rassurer en me disant que tu as passé des heures à feuilleter wikipédia pour écrire cette histoire.. ^^ Dans tout les cas, bravo !

Et puis le style, l'humour, les digressions... J'en parle même pas =p

Dis-moi, t'as un peu de temps pour un RP ? =p Une étincelle de joie et de couleur qui rencontre une faucheuse, en plein Halloween, ça peut être drôle ^^
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Dim 1 Nov - 18:47

Question rhétorique =p

J'ai posté ici : http://7wonders.forumactif.fr/t636-ne-va-pas-plus-loin-pv-ariane ^^
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MessageSujet: Re: Ariane de Bohémont   Dim 1 Nov - 19:05

Fichtre, quelle audace, venir vers moi pour un premier contact avec ces étrangers.
Malheureusement j'ai le temps pour rp, tu vas donc avoir un aperçu très représentatif des coutumes terriennes.
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Ariane de Bohémont

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