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 L'amitié n'est pas une étoile filante - Alexandre

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MessageSujet: L'amitié n'est pas une étoile filante - Alexandre   Mer 2 Sep - 8:44

Il y avait un peu plus d'une lune que les fêtes de Chiere s'étaient terminées. Quelles fêtes ! Un mélange fascinant de désastre et d'innovation qui résonnait encore dans la tête d'Ayla. Alors qu'elle se promenait dans la jungle, sans rien ni personne pour perturber sa tranquillité, son cœur se serrait au souvenir de la colère et la haine exprimée par ses semblables le premier jour et tout son corps se raidissait à la vue des cadavres du dernier jour. Oh il y avait eu les belles surprises, les moments de communion et de partage, mais de toute leur intensité, parvenait à peine à rehausser le reste.

Il fallait continuer à vivre et la guérisseuse l'avait fait au cours de la lune passée, profitant même de son repos pour se noyer dans son travail et partir en exploration, tantôt seule, tantôt accompagnée. En ces jours, même la solitaire Ayla avait besoin d'amis et les nombreux cadeaux qu'elle avait reçu lui prouvaient qu'elle était plus entourée que ce qu'elle voulait le croire. Même Ambal avait pensé à elle, elle serra la hanse de son sac, comme pour la remercier encore, intérieurement, de ce geste qui l'émouvait tout autant en ce jour.

Elle avait rencontré beaucoup de monde dans la journée de la Vie, notamment Alexandre Delmas, l'étranger auquel elle avait porté secours longtemps auparavant. Oui... C'était au moins à deux cycles de cela, le pauvre luttait pour survivre sous les décombres du Temple d'Artémis. Sans se souvenir de ce qu'elle faisait là, elle savait juste que Chiere avait voulu qu'elle croise sa route car l'heure n'était pas venue pour le Français d'être rappelé à Elle. Elle avait passé des lunes à essayer toutes sortes de remèdes qui n'avaient pas pu lui rendre sa jambe. Cet échec lui avait pesé un certain temps, mais ce temps semblait si loin à présent...

Quant aux Fêtes, la guérisseuse l'y avait aperçu plus contrarié que jamais et si elle n'avait pas été elle-même possédée par ses humeurs négatives qui l'avaient bercé dans un égoïsme exceptionnel chez elle, elle lui aurait demandé ce qui lui arrivait, si les événements ne l'affectaient pas trop. Au bout de quelques jours, elle avait enfin réalisé qu'un long moment s'était écoulé depuis la dernière fois qu'elle avait pris de ses nouvelles et que pour une fois peut-être, il avait besoin d'être écouté, de communiquer sur autre chose que des banalités, qu'ils s'échangeaient depuis qu'elle avait abandonné ses recherches pour sa jambe. Ayla avait elle-même été très affectée par le déroulement des Fêtes et même si à présent elles étaient loin et que la plupart des gens devaient avoir rangé ces journées dans un coin de la mémoire, il ne lui coûtait rien de rendre une petite visite à Alexandre.

Peut-être qu'elle aurait dû s'en enquérir un peu plus tôt, qu'il était facile de s'inquiéter de son état maintenant que le passé avait englouti les Fêtes de Chiere, mais Ayla ne pouvait pas regretter, tout ce qu'elle pouvait, c'était reprendre cette erreur en n'attendant plus pour se rendre au Campement du Firmament. Au rythme où elle allait, elle arriverait en fin de journée, une occasion pour passer la nuit sous les étoiles à cet endroit où elles semblaient si proches. Outre l'enthousiasme que lui inspirait la vue du ciel illuminé, ce lieu faisait remonter un certain remord en elle. Il était habité par des guérisseurs de l'autre monde et une fierté indécente l'avait empêchée de les consulter pour s'occuper de Thalia. Même si la rouquine allait mieux à présent, Ayla se reprochait d'avoir été aussi orgueilleuse. Ce qu'elle devenait ne lui plaisait pas et un jour ou l'autre, Chiere le verrait elle aussi.

Arrivée à proximité du campement, elle croisait les premiers habitants, qu'elle salua simplement. Elle n'était pas proche de qui que ce soit ici, même Alexandre, malgré leur relation amicale. Elle le connaissait peu, au final, ils avaient certes pu échanger lorsqu'elle s'occupait de lui, c'était à ce moment là qu'elle avait appris qu'il venait de France ; bien que les différents pays de l'autre monde étaient quelque chose d'assez abstrait pour elle, elle avait compris qu'il n'y avait pas qu'un seul langage étranger et que, même si la communication n'était pas difficile depuis qu'elle avait appris l'anglais, certains d'entre eux le parlaient moins bien. Avec lui, elle n'avait jamais trouvé insurmontable de discuter, elle butait encore sur certains mots, tout comme lui, mais ils en savaient suffisamment pour se comprendre. Bien sûr, il faudrait qu'il apprenne le chieresque un jour. Elle fit le tour des lieux pour finalement apprendre où il se trouvait par un des résidents du Firmament.

Se rapprochant des hamacs, Ayla put finalement l'apercevoir sous la lumière déclinante du soir. S'avançant en douceur vers lui, sans savoir s'il l'avait remarquée ou s'il était perdu dans ses pensées, elle le salua  avec un sourire :

« Bonjour, Alexandre. »

Elle ne montrait pas de signe de fatigue, habituée des longues expéditions en Oblivion, mais s'assit tout de même pour récupérer une gourde d'eau dans son sac. A présent qu'elle avait atteint le campement, elle pouvait bien se poser quelques minutes. Réhydratée, elle poursuivit en expliquant les raisons de sa présence :

« Je suis venue prendre de tes nouvelles, ça fait longtemps, même si on s'est rapidement vus aux Fêtes. »

Tout en aiguillant la conversation avec le plus de subtilité possible, elle ne mentionna pas directement l'état dans lequel elle l'avait aperçu ce jour-là. Elle assimilait sa mine décomposée aux diverses catastrophes des fêtes de Chiere, alors il ne s'agissait pas de faire ressurgir des souvenirs douloureux ou de ne pas être délicate. Les lieux étaient magnifiques, s'il l'envoyait balader, elle pourrait toujours se mettre à un endroit pour profiter du soleil couchant puis du ciel étoilé. Mais à force, il devait bien savoir que si Ayla demandait si souvent à ses anciens blessés ce qu'ils devenaient, ce n'était pas par indiscrétion. Elle était réellement concernée par les gens et son inquiétude parfois exagérée, était tout à fait sincère. Certes, elle était plus à l'aise avec les arbres, mais elle conversait volontiers avec quelqu'un qui en avait la nécessité, et elle s'assurait régulièrement de pouvoir de rendre utile, certains maux se soignaient mieux par les mots que par les plantes.
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MessageSujet: Re: L'amitié n'est pas une étoile filante - Alexandre   Sam 19 Sep - 14:06

Tantôt il parvenait à se changer les idées et à rester se reposer au campement, tantôt des rêves surgissaient et lui rappelaient ses visions lors de la fête de Chiere. A son réveil après une mauvaise nuit, la seule envie qui s’offrait à Alexandre était d’aller marcher dans le sable des dunes. Aujourd’hui, sa tête était presque vide, sa jambe commençait à fatiguer, à force de marcher pour deux, et il préférait garder le doux confort de son hamac plutôt que de s’enfoncer une fois de plus dans l’inconnu d’Oblivion. Depuis qu’il avait vu Esther, du moins son image devant ses yeux, il ne parvenait plus à garder le sourire, ni même à parler à d’autres. Il se refermait dans sa coquille et ne laissait transparaitre aucune émotion. Le monde était déjà si triste pour le jeune homme, et en ces jours d’été, il était fade et sans aucun intérêt.

A quoi bon rester ici si aucune porte de sortie n’existait ? Bien sûr, tout le monde parlait de ses fameuses clés. Il n’avait toujours pas compris comment les récupérer, ni où les trouver. Il paraissait que le chemin était sinueux pour atteindre l’une d’entre elle : comment un infirme pourrait alors s’en procurer une ? Le destin avait voulu qu’il atterrisse ici et visiblement, qu’il pourrisse ici. Il repensait souvent à son accident, à cette chieresque qui l’avait sauvé, Ayla. Elle était d’ailleurs la seule à encore se préoccuper de lui, à prendre de ses nouvelles. Elle était aussi la seule qu’Alexandre laissait s’apitoyer sur son sort et éprouver de la compassion pour lui. Il ne supportait plus les « avez-vous besoin d’aide ? » si faux des gens qui passaient. Non, perdre une jambe ne voulait pas dire qu’il était incapable de faire quoique ce soit. Bien au contraire, le Delmas s’en sortait peut-être mieux que d’autre pour ce qui était des aventures dangereuses, comme si pouvoir moins marcher lui donnait le courage de marcher plus.

Néanmoins, les récents évènements l’amenaient à penser que lors de l’éboulement, Chiere aurait dû le laisser mourir. Pourquoi diable le laisser dans un endroit où il était seul, ne connaissait personne, loin de sa sœur, son unique famille. Il commençait à devenir fou, à la voir. Il commençait à s’épuiser des recherches infructueuses. Il commençait à en avoir marre de la vie en ces lieux. Peut-être que les Dieux lui laissaient simplement le choix ? Avoir du courage ou mourir. Peut-être était-il temps de laisser le courage s’en aller.

Alors qu’il poursuivait sa rêverie, à penser et ressasser les souvenirs qu’il avait eus depuis son arrivée à Oblivion, une voix familière s’adressa à lui. Ayla se tenait à ses côtés. Il se demanda si elle avait fait tout ce long chemin uniquement pour le voir ou si elle était ici par hasard. Sortant finalement de sa solitude, il se releva un peu du hamac et se plaça face à elle, toujours assis. Visiblement, il comprit qu’elle était venue ici pour prendre de ses nouvelles. Il ne comprit pas vraiment pourquoi. Ayla avait toujours été polie avec lui lorsqu’ils s’étaient recroisés, même pendant les fêtes. Cependant, ils n’étaient pas si proches. Tout ce qu’il savait d’elle, c’était qu’elle était une guérisseuse très douée et qu’elle avait eu du mal à accepter que sa jambe ne serait jamais guérie.

« Ayla, je ne m’attendais pas à te voir ici. »

Il se racla la gorge, elle était un peu enrouée. Voilà plusieurs jours, voire même des semaines, qu’il n’avait pas prononcé le moindre son.

« C’est gentil de me rendre visite. Comme tu vois, on fait aller. »

Inutile d’inquiéter la jeune femme, Alexandre préférait garder ses malheurs pour lui-même. Pressé de retourner à son demi-sommeil, il espéra que la chieresque n’était pas là uniquement pour le voir.

« J’espère que tu n’as pas fait tout ce chemin pour moi. Je n’ai pas grand chose à raconter, et je peux voir que tu es plutôt en pleine forme. »

Elle n’aurait rien d’autre à lui demander pensa-t-il. Peut-être partirait-elle aussitôt. Il espérait aussi qu’elle n’eût pas remarquer son malaise durant les festivités. Il tenta de se rappeler s’il l’avait croisée avant ou après avoir vu Esther toutefois cette journée restait encore floue pour lui. Il semblait cependant évident que si elle l’avait vu après, elle lui aurait sûrement posé tout un tas de questions. Il savait qu’elle était sans aucun doute ici par pure formalité et non pour analyser sa santé mentale. Elle était passée au campement, l’avait vu au loin et avait pensé qu’il serait bon de venir le voir, simplement.
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