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 Au clair oasis, m'en allant promener, j'ai rencontré Raël et je l'ai harcelée...

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Carnet de Bord
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MessageSujet: Au clair oasis, m'en allant promener, j'ai rencontré Raël et je l'ai harcelée...   Lun 28 Sep - 1:51

C’est une aube sans nuage aucun. Annoncé par le chant du chameau, le soleil prépare son ascension. Je l’attends, au sommet d’une dune, les bras levés. Dans ma main gauche, Zorro, le fennec téméraire qui pensait que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, se débat autant qu’il peut. Tout doux Zorro, ça va aller. Dans la droite, le commandant couteau à hâte de faire découvrir à Zorro le monde du silence.

Il se montre enfin. Loué soit tu, Tonatiuh, dieu soleil, accepte ce modeste sacrifice de la part de ta servante et dispense nous ta lumière et ta chaleur une journée de plus. La lame vole, trouve sans peine la poitrine du petit renard, le sang gicle, écarlate sous les premiers rayons rougeoyants. Il éclabousse l’or du sable, contraste d’une beauté farouche, électrisante. Il y aurait de quoi écrire un roman sur l’esthétisme du sang sur le sable, ça pourrait même s’appeler “Un sultan sans divertissement ”. Ha !

J’observe l’astre indifférent monter dans le ciel, profitant du spectacle tant que mes yeux le supportent. Il est si semblable, si différent. Qui est tu, soleil d’Oblivion ? N’est tu rien d’autre qu’une boule de feu entre les mains de Chiere ? Je repense souvent à la Longue-nuit, durant le festival, à mes efforts vains pour ramener le jour. Je me pose tant de questions depuis. Suis-je dans l’erreur la plus totale ? Je regarde la dépouille éventrée de Zorro, se pourrait-il que ce ne soit rien d’autre qu’un immense gâchis ? Je la jette aux charognards, mes troubles et mes doutes avec.

Je me retourne, bien décidée à penser à autre chose. Devant moi, l’ubac descend doucement jusqu’à la ligne verte, tranchée, de la végétation des oasis. Au delà de l’ombre de ma dune, l’aube pare l’eau de reflets or et azur éblouissants. Heureux ceux à qui la nature offre pareil spectacle chaque matin. Au vu du nom du campement, les soirs doivent être encore plus magnifiques. Je regrette de ne pas avoir assisté au crépuscule de la veille mais la dernière journée de voyage avait été éprouvante et je ne pensais alors qu’à me coucher et dormir.

Je redescends vers le bassin le plus proche, je suis curieuse de découvrir ce nouvel environnement, je ne suis pas une grande habituée des déserts et des oasis. Je suis allée une fois en Jordanie avec mon école d’archéologie et j’ai visité le désert de Sonora, mais ça n’avait pas grand chose à voir. Je m’enfonce dans l’étroit mais luxuriant liseré de verdure entre le désert et l’étang. On dirait une jungle qui se serait fait une épilation ticket de métro. Je me lave les bras, tachés par le sang du fennec, puis contemple avec curiosité la flore variée qui m’entoure. Je ramasse quelques herbes et feuilles intrigantes pour mon herbier. L’air est plein du chant des oiseaux et du bourdonnements des insectes fêtant l’aube. Dieux, que c’est bon.

En m’en retournant vers le campement j’aperçois l’une de ses occupantes. Elle est assise contre un petit muret, dans l’ombre ample d’un tamaris, et dessine rêveusement sur le sable. Je m’approche et observe les complexes entrelacs d’arabesques qu’elle a délicatement tracés de la pointe de sa badine. Elle lève les yeux vers moi et m’adresse un sourire avenant. Elle n’est peut être pas autant typée que d’autres chieresques du désert, sans doute une métisse pensé-je, mais elle en fait indéniablement partie. Je reste un moment coi devant l’impressionnant tatouage de serpent qui s’enroule autour de son cou et dont j’aperçois d’autres tronçons au milieu des volants de ses habits. Je dois avoir l’air bien sotte à la fixer ainsi. J’ouvre la bouche, est ce qu’elle parle anglais au moins ? Vu l’isolement de son village, c’est loin d’être assuré, il va falloir que je parle en chieresque. La poisse ! Si j’arrive à bien comprendre la langue d’Oblivion, son utilisation m’est encore laborieuse. Je tente de faire de mon mieux en la saluant.
_ Bonjour, je fais partie du… heu… groupe arrivé hier. Mon nom est Arianne, enchantée. Pardon de te… heu… déranger, oui, dans ton… hmmmrgnn… C’est très beau. Tu es une… artiste ?
Je butte sur beaucoup de mots et mon accent est sans doute horrible, en même temps ils parlent tous anglais à Petit matin, ça ne donne pas vraiment envie de progresser.
_ J’adore beaucoup ton serpent, c’est très réussi.
Pour m’excuser de mon massacre de sa langue je lui offre un sourire un peu dépité.
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MessageSujet: Re: Au clair oasis, m'en allant promener, j'ai rencontré Raël et je l'ai harcelée...   Jeu 5 Nov - 19:56

Le sable est frais sous mes pieds.

Le soleil caresse l'horizon – le jour va bientôt se lever, et l'air ne va pas tarder à se réchauffer. Pour le moment, je savoure la promesse des premiers rayons sur mon visage, dans ces instants où nulle protection n'est nécessaire pour discuter face à face avec l'astre du jour. J'ai passé la nuit à Bain-de-Sable, le dos appuyé à l'Esprit de laForce Minérale, dans sa splendeur solennelle qui écrase le désert alentour. J'aime cet endroit. C'est en son honneur que j'ai tatoué sur mes épaules un serpent des sables majestueux. C'est un peu le rappel permanent de mon allégeance au domaine du sable et du soleil, un témoin de mon engagement auprès des enfants du Crépuscule. Une part de moi, à présent, et je sais que les autres résidents du camp se sont habitués à voir pulser ses écailles au rythme du battement du sang sous ma peau. 

J'attends. Je suis rentrée au campement par mes propres moyens, au petit jour, mais la marche est longue et mes jambes sont fatiguées. Une brise légère se lève, agite mes cheveux ; et je laisse mes pensées s'envoler, me ramenant vingt ans en arrière, à ces jours heureux où Chant d'Espérance résonnait des rires entremêlés de deux enfants nées ensemble, aussi jumelles que les lunes nocturnes dont elles ont reçu les prénoms. Salem et Ausar – Maura et Raël. L'autre moitié de mon être, l'autre part de moi-même – mon parfait complément. Je me souviens, oui, de cette merveilleuse complicité : jamais seule, toujours comprise, jamais jugée, toujours soutenue. Et puis... Et puis ce temps-là soudain fut révolu. J'y ai tellement perdu : Maura sublimait mes failles pour en faire des qualités, et sans elle, je suis devenue une personne tellement faussée, tellement... bancale. J'ai mes amies ici, à Glorieux Crépuscule, j'y ai même la femme que j'aime au-delà de toutes les autres, cette étincelle qui enflamme mon âme et embrase mes sens ; mais ce n'est pas ma sœur, mais ce n'est pas Maura. Nous sommes nées pour être deux – et nous sommes seules, l'une et l'autre, jumelles simplement dans notre isolement.

Alors j'attends, près de l'oasis, avant de rentrer au camp ; j'attends, un signe, quel qu'il soit, de la faveur de Chiere. Un geste, m'autorisant à rechercher ma sœur ; un indice, n'importe lequel, que j'ai moi aussi la faveur de la déesse. Et ce qui s'en vient, c'est... une femme. Une étrangère, visiblement. Elle m'étudie avec une fixité dans son regard qui me met un peu mal à l'aise : c'est visiblement le serpent sur mes épaules qui retient son attention, et j'en tire une fierté légitime. Ce tatouage, c'est mon identité, et j'aime qu'il soit remarqué. Elle tente de me parler, et je ne peux retenir un franc éclat de rire en l'entendant massacrer ma langue allègrement : on dirait moi, quand j'essaie de parler anglais. Néanmoins, elle essaie – et c'est avec un geste amical que je l'invite à s'asseoir près de moi, effaçant mes arabesques de la main pour lui faire place. C'est donc en chieresque que je reprends la parole, articulant soigneusement et détachant bien les mots. « Sois la bienvenue à Glorieux Crépuscule, Ariane. Je m'appelle Raël, je suis joaillière – » Peut-être ne connaît-elle pas ce mot ? « – je fabrique des bijoux. Et toi, quelle est ton domaine ? » Cette fois, mon sourire est franc et sincère, dénué de toute moquerie. D'une main, je saisis l'outre d'eau que j'emmène toujours avec moi, la lui proposant d'un geste amical. Je sais que les étrangers ne sont pas forcément très au courant des techniques de survie dans le désert... « Je te remercie pour ce compliment. Et je te remercie aussi pour tes efforts à parler ma langue. Je comprends l'anglais, si tu veux. Un peu mieux le français, aussi, si tu préfères. Tu es venue pour la cérémonie du Chant du Cristal ? »
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