ÉPILOGUE
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 La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.

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MessageSujet: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Lun 2 Mar - 0:00



“Le Puit de Jugement”

La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.
La Rochefoucauld


Sorajaï m'en avait parlé. Je me disais que je pourrais peut être le tester sur moi, pour savoir si oui ou non, j'étais quelqu'un de bien ou pas. J'étais persuadée que je l'étais contrairement à mes parents et à 6 de mes 7 soeurs. Pourtant, je n'avais pas tenu le coup, j'avais souillé mon corps de choses infâmes, déshonorantes pour moi, la drogue avait été un fléau, un grave danger qui avait failli me happer toute crue. J'ai 28 ans, j'aurais pu succomber il y a de cela une dizaine d'année dans les limbes de la vie, me transformant en carotte géante à cause d'un trop plein de cocaïne ou d'héroïne. Mais depuis que j'étais ici, je n'y avais pas touché, il n'y en avait pas, du moins à ma connaissance. Je me sentais faible par moment, mes mains tremblait mais je devais me sevrer bien malgré moi. Il y avait certainement des drogues dans le coin, quelques champignons hallucinogènes sans doute, mais je n'en connaissais aucun. Sora pourrait sans doute m'en indiquer un coin rempli ou m'en donner une poignée histoire de pouvoir être dans mon monde l'espace de quelques instants seulement.

Mais je verrais le moment venu. J'avais donc dans l'idée de me rendre à ce fameux puits de jugement afin de me juger moi-même. Je savais que si je devais boire de cette eau, ma vie n'en serait pas radicalement différente. Mon agonie serait peut être longue, et lente comme depuis le jour de ma naissance, ou alors ma vie serait rallongé de quelques unités. Cela n'était que légende et mythe, sans doute que cela n'avait rien à voir avec la fontaine de Jouvence, et que ce puits était simplement une réserve naturelle d'eau rafraîchissante. Il y avait tellement de légende par ici, que les chieresques devaient tout avoir inventé sans doute pour faire peur à des personnes comme moi. Cela était peut être aussi leur culte qui voulait cela. Comme chez les catholiques et les protestants, il y avait des coutumes, et puis, il y avait aussi des légendes certainement comme partout en somme mais en Oblivion, tout semblait être féerique et magique tout en sortant de la réalité. Je marchais donc dans la forêt pour me rendre là où je le désirais. Depuis ces quelques mois, j'arrivais à présent à me repérer, un petit peu, grâce à Sven et Sorajaï, surtout elle qui connaissait Oblivion comme sa poche. Ma Suède natale était bien loin, le froid auquel j'étais habitué ne semblait pas sévir par ici où il faisait bon vivre. Des vacances grandeurs natures pour moi en somme mais peut être que d'ici quelques mois je déchanterais, je ne sais pas, si cela se trouve je serais morte à cause de l'eau que j'allais boire. Au bout de plusieurs minutes de marche, peut être une heure ou deux, je n'avais pas tellement fait attention, j'arrivais à ce puits de jugement. Mais soudain, j'entendis un bruit suspect derrière moi. Je sortais immédiatement ma dague que m'avait donné un chieresque en guise d'amitié pour faire face à ce qui arrivait dans ma direction.  

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Dernière édition par Kriemhilde S. Obversson le Mer 11 Mar - 16:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Sam 7 Mar - 14:54

Oblivion rimait avec aventure, aucuns jours ne se ressemblaient et l’ennui par ici on ne le connaissait pas. J’aimais courir à travers la jungle, le désert, la plaine observer les monts de glace là-bas au-delà de l’horizon.  Oblivion, c’était chez moi, ma maison, mon refuge. On pouvait s’y perdre, Mère Nature nous aidait toujours à retrouver notre chemin. Avec l’arrivée de tous ces étrangers, je me demandais parfois quelle était ma place dans ce vaste monde puisqu’il y avait un « ailleurs ».  Chasseresse brisée, je m’évadais dans Oblivion au gré de mes envies et de celle d’Oblivion qui faisait tourner ce monde sous nos pieds, nous emmenant là où Chiere voulait bien qu’on aille. Tout avait un sens, un but, une évidence. Dans le désert de brumes, entre les mirages et le sable, se trouvait le Puits du Jugement. La perte de mon enfant m’avait bousculée, noyée dans un marécage dont je ne pouvais me sortir. On me tendait la main, je ne la prenais pas. Je m’interdisais de vouloir être heureuse, comment le pouvais-je après ce qu’il s’était passé ? Un rire bafouait sa mémoire. J’avais suivi la tradition, fait ce qui devait être fait mais, pour moi mon âme était souillée par le sang de mon enfant. Je l’avais tué, on me répétait qu’il n’aurait eu aucune chance dans la jungle, je n’arrêtais pas de penser qu’un miracle aurait pu se produire – comme il s’était déjà produit auparavant.  

Alors, je voulais tester le Puits du Jugement, voir si j’étais réellement un cœur pur après ça. Boire son eau fatidique. Une tignasse blonde que je connaissais déjà, était devant le Puits du Jugement. Nous étions en plein cœur du désert, devant ce puits en pierres vieilles comme le monde, un havre de paix si bien que l’espace d’un instant on pouvait oublier que l’on se trouvait dans le Désert de Brumes, entre deux dunes.
« Kriemhilde ! Tu ne vas pas m’attaquer avec ma propre dague quand même…»
Kriemhilde, je la connaissais rapidement, nous avions sympathisé, elle connaissait Sorajaï et je l’avais connue par son intermédiaire. Elle était le genre à être totalement perdue. J’ignorais pourquoi mais, dans un sens je me retrouvais en elle, je n’étais pas perdue comme les nouveaux arrivants pouvaient l’être. C’était différent. Mes pensées étaient éparses. Mes sentiments enfouis. Perdue dans mon malheur. Dans ce mal-être. Le souffle de mon enfant qui s’éteignait entre mes mains. Renfermée dans une forteresse impénétrable dont personne n’avait la clé. Il n’existait aucune épreuve pour la trouver. Sans but, j’avançais sans savoir de quoi demain serait fait.

J'avais rapidement compris qu’elle était mal dans sa peau – cela se voyait dans sa façon d’être, elle n’était à sa place nulle part. Je lui avais offert cette dague. Cadeau d’amitié envers cette âme perdue entre deux mondes. Je m’approchais d’elle afin de la saluer, je la trouvais assez étrange Kriemhilde. Elle était différente. Elle semblait en manque perpétuel de quelque chose, elle paraissait perdue dans un monde bien à elle dont elle était la seule à connaitre les secrets. Je l’avais vu plusieurs fois trainer avec le navigateur, il l’avait prit sous son aile. Oblivion respirait la paix, du plus profond de mon cœur j’espérais que si Kriemhilde était venue chercher des réponses ici – elle les trouverait et qu’elle serait enfin tranquille face à ses démons.
« Tu es venue te tester ? Ou… tu es simplement perdue en plein désert ? »

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Mer 11 Mar - 16:31



“Le Puit de Jugement”

La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.
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J'étais ici depuis quelques mois déjà. Le temps passait vite, tout en passant lentement devant mes yeux, un paradoxe que je ne saurais comprendre pleinement parce que finalement, ce paradoxe n'avait pas lui d'être si vous voyez ce que je veux dire. Parfois le temps filait à une vitesse que je ne contrôlais pas le moins du monde, je suis là, et puis, je marche et je me retrouve ailleurs. J'ai l'impression que cela ne fait que quelques minutes, mais en réalité, j'ai marché des heures sous le soleil d'Oblivion sans réaliser que cela aurait pu m'être préjudiciable. Mais souvent, c'est l'inverse qui se produit. J'ai l'impression que je suis ici depuis des heures alors que ça ne fait que quelques minutes, comme si le temps par ici n'était pas le même, comme s'il pouvait s'étirer en longueur devenant court par instant, mais bien plus long un peu plus tard. Étais-ce le manque qui me faisait ça ? C'était possible oui. Il m'arrivait d'avoir froid, de trembler comme une feuille et l'instant d'après d'avoir chaud et de suer à grosses gouttes. J'étais pleine de paradoxe, je le savais très clairement, même mes pieds me le rappelaient en permanence, me disant que j'étais une grossière erreur de la nature. Pourtant, il y avait ces chieresques qui étaient là. L'ethnologue que j'étais les apprécier énormément, comme si finalement, ils arrivaient à m'apaiser intérieurement quand j'étais à leur côté. Pourtant ce n'était pas aussi simple que ça. Je tremblais souvent, je me perdais aux alentours même de notre lieu de résidence. Un jour, le désert des brumes aura ma peau, car je me mettrais à marcher dans celui-ci, et que je n'aurais pas la chance de tomber sur le puits de jugement pour m'abreuver. Peu importe si j'étais une bonne ou une mauvaise personne au final, je ne méritais pas de vivre, je le savais au fond de moi. Mais peut être que le fait d'être arrivée ici était en quelques sortes une rédemption à venir pour ma personne ? Je n'en savais rien, mais je ne me trouvais pas si mal par ici à vrai dire. On me considérait comme une aventurière, j'étais arrivée après les orphelins, après les égarés. Je me retrouvais donc par ici, devant ce puits de jugement dont j'avais entendu la légende. Voulais-je vraiment y prendre part ? Étais-je simplement perdue en Oblivion, au milieu de ce désert ? Peut être que je devais simplement mourir. Comme le dit un proverbe malaisien : " Nous mourrons tous, mais nos tombes sont différentes. " Peut être que l'Oblivion était ma tombe, parce que je n'étais pas assez chevronnée pour affronter les sept merveille. Alors que j'étais devant le puits, un bruit se fit entendre, alors aussitôt je sortais ma dague faisant preuve d'une réactivité que je ne me connaissais pas avoir. Aussitôt la voix d'Ambal me fit sortir de ma torpeur. C'était elle-même qui m'avait offert cette dague en guise d'amitié, je l'avais connue par l'intermédiaire de Sorajaï et nous nous entendions. De la à dire que je m'entendais avec elle aussi bien qu'avec son amie, je ne pourrais pas le dire, mais elle ne m'était pas du tout hostile.

" Excuse-moi. Je n'avais pas l'intention de te faire du mal. "

Et c'était la pure vérité, je ne savais même pas si j'arriverais à faire du mal à une mouche. Je n'avais pas de force physique, je n'avais pas de technique de combat. Je suis ethnologue, pas judoka ou haltérophile. J'étais une cible facile en Oblivion, je m'en rendais compte encore plus chaque jour mais je n'avais pas tellement de moyen d'éviter cela. Je souriais légèrement à la belle chieresque. Elle avait un charme venu d'ailleurs, elle détonnerait presque dans ma Suède natale, mais sa beauté était grande, sa beauté physique était-elle aussi forte que sa beauté intérieure ? Je n'en savais strictement rien, je ne la connaissais pas assez pour cela mais sa question ne fut pas anodine. Étais-je perdue dans le désert ou simplement venue ici pour me tester ? La réponse même dans ma tête n'était pas clair du tout, mais alors pas le moins du monde.

" Je suppose que c'est un peu des deux. Pourtant, j'ai l'impression de déjà savoir le jugement qui m'est réservé. Et toi, tu es là pour savoir si ton âme est pure également ? "

Je lui retournais la question, logique, mais je me rendais compte bien vite que la réponse pourrait être embarrassante à donner. Pourquoi Ambal voudrait-elle se tester après tant d'années passées par ici ? Avait-elle fait quelques choses de mal ces derniers temps pour se prouver à elle-même qu'elle était une bonne personne ? Possible, je ne connaissais pas son histoire et je n'étais pas persuadée qu'elle veuille me la dévoiler même si je n'étais pas du genre à dévoiler les sombres secrets de tout le monde.

 

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Dim 12 Avr - 23:49

L’intention de me faire du mal… Le choix de ses mots me surpris, est-ce que Kriemhilde peut réellement me faire du mal ?  Elle parait si inoffensive. Si perdue.  Elle fait partie des personnes qui, à mon sens, n’ont pas leur place dans Oblivion pour ces raisons-là. Elle risque sa vie mais, personne n’avait choisi de basculer en Oblivion.  Elle n’a rien demandé à personne et la voilà devant moi, elle et ses problèmes. « A quoi penses-tu ? » Je fais allusion à cette impression de connaitre déjà le jugement qui lui est réservé. Elle a raison, moi aussi j’ai cette sensation de savoir déjà à l’avance. Même si, je pensais le contraire, tous mes proches m’avaient dis que cet acte effroyable n’entachait en rien ma ‘pureté’. Au contraire… ma petite fille n’aurait pas pu survivre dans la jungle. Je peine toujours à y croire, je pense à Isil, à la Pierre des Souhaits, je l’aurais épaulé, j’aurais fais le nécessaire. Je suis encore persuadée que j’aurais pu trouver une solution – si l’on m’avait écoutée, si l’on avait entendu mes cries, si l’on avait écouté ma détresse. Je l’aurais libérée du destin atroce qui l’attendait. « Oui… J’ai toutes les raisons de croire que ce n’est plus le cas. Pourquoi doutes-tu de toi ? »

Native d’Oblivion, le Désert de Brumes m’a toujours fais peur. Cette étendue de sable à perte de vue. Des dunes, des mirages qui vous trompent, le manque d’eau. Si le Glacier Solennel m’a toujours émerveillée, ce n’est pas le cas du Désert. A chaque fois, que je veux m’y aventurer, j’emmène mon baluchon et une gourde que j’ai troquée à un Orphelin. Mieux vaux prévenir que guérir. Je suis devenue beaucoup plus vigilante depuis quelques années. La vie m’a appris que tout peut basculer en un instant. « Si tu as soif à cause du voyage et que tu n’oses pas boire au Puits, j’ai ça si tu veux ? » Je lui tends la gourde. Je lui lance un regard rassurant, j’ai conscience que je suis quelqu’un d’assez fermée et mélancolique, j’essaie de faire des efforts à ce niveau-là pour paraître plus amicale.

« Je suis sûre que tu pourrais être surprise par l’issue du jugement. » Kriemhilde n’a pas l’air impur. Ou alors, elle cache bien son jeu. Juger sur les apparences est, bien souvent, inutile. L’apparence ne traduit pas ce que les gens ont au fond d’eux. Je fais preuve de beaucoup de naïveté à ce niveau-là, trop gentille face à la nature humaine. J’ai appris à me méfier mais pas assez. Je vois les bons côtés en chacun de nous néanmoins, certains ne le voient pas en eux. C’est tellement regrettable. Les chieresques ont une âme en parfaite symbiose avec Chiere, le sens de l’honneur, ils savent ce que courage veut dire ! Les étrangers… c’est une autre paire de manches.

Je n’ai pas encore pu voir de quel bord est Kriemhilde. Déjà, elle sait se remettre en doute. Il faut oser boire l’eau du Puits du Jugement. Y’aurait-il une once de courage cachée derrière cette apparence si fragile. Peut-être vivions-nous nos derniers instants ? Peut-être allions-nous mourir dans un instant ? Et pourtant, elle comme moi nous semblions être venue ici complètement par hasard. Sans n’avoir pris aucune mesure. Dans une boite que je gardais précieusement, je conservais des effets destinés à Safir. C’était tout. Sorajaï comprendrait mon geste, si jamais le poison envahissait mes veines tel un serpent qui crache son venin dans mon sang. « Tu n’as pas peur de mourir, Kriemhilde ? Ou tu es sûre que tu seras pure ? » Être certain…cela m’étonne, en venant ici on a forcément un doute, une question, une interrogation. Une vague d’inquiétude me submergea, savait-elle réellement dans quoi elle allait se lancer ? Savait-elle vraiment ce qu’elle allait faire ? Connaissait-elle les répercussions si elle était jugée impure ? Kriemhilde parait tellement perdu dans ses pensées, à côté de la plaque totalement. Elle est déroutante et déroutée. Mon instinct de pédagogue surgissait, je veux m’assurer que Kriemhilde sait exactement ce qu’elle s’apprête à faire et quels sont les risques qu’elle encoure.

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Jeu 16 Avr - 20:53



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Qu'est ce que je fais vraiment ici ? Je me le demande, un peu, car intérieurement je sais pourquoi je suis ici. Cependant, c'est un exploit que je sois arrivée à ce puits de jugement car mon sens de l'orientation est bien mauvais, puisque je me perdais bien trop souvent en Oblivion, mais, il faut croire que je devais arriver ici, il le fallait. Je devais savoir si mon âme était pure ou non, parce que si je m'étais souillée avec des drogues, je ne pensais pas avoir un aussi mauvais fond que le restant de ma famille mais je n'étais sûre de rien. Alors j'avais brassé du vent, parcouru des kilomètres, sans véritablement savoir combien, mais j'étais arrivée à la destination que je désirais, c'était déjà ça, n'est ce pas ? Je ne m'attendais pas à la voir elle, dans mon dos : Ambal Sajor. M'avait-elle suivie par peur que je ne me perde dans ce désert ou cette forêt ou quoique ce soit d'autres ? Je ne le pensais pas. Si elle était là, c'était pour une raison bien particulière, je ne pouvais pas en douter. Elle voulait savoir si son âme était pure, peut être à cause de quelques choses qu'elle avait pu faire par le passé ou récemment. Elle connaissait bien les environs, du moins cela me paraissait logique, elle ne pouvait pas être perdue comme je l'étais à moitié, non, elle était là pour connaître le verdict de son jugement la concernant. Je ne voyais pas de mal en elle pourtant, elle représentait ce qui se faisait de mieux à mon sens par ici. Elle était d'une beauté infinie comme cette jungle, elle était resplendissante, pourtant, il y avait quelques choses qui ne devait pas bien se passer, quelques parts, dans sa tête ou ailleurs, dans son coeur, dans ses intestins pour qu'elle vienne ici, pour s'abreuver dans ce puits de jugement. Pourtant, elle m'avait surprise et j'avais presque failli lui faire mal avec sa propre dague, celle qu'elle m'avait offert au cas où, pour me défendre, mais ô grand jamais je ne lui ferrais du mal. Je ne voulais faire de mal à personne, pourtant, durant des années, je m'étais fait du mal, à moi-même. Heureusement que je ne traite pas les autres comme je me traite moi, sinon, il y aurait des morts tout autour de moi, des tonnes de cadavres que je tuerais sans même m'en rendre compte. Mais ici, il n'y avait qu'elle et moi, personne d'autres, je le voyais bien. En même temps qui s'amuserait à venir par ici ? Personne si ce n'est pour les raisons qu'Ambal a invoquée : être perdu ou être jugé. Elle me demande alors à quoi je pense. Pour toute réponse, je n'ai qu'un haussement d'épaule à lui offrir accompagné d'une petite moue dubitative. Je ne sais pas vraiment à quoi je pense, c'est un peu le bazar là-haut et cela le sera pendant encore longtemps, car je doute pouvoir trouver un jour la paix de l'esprit, je doute de pouvoir apaiser les souffrances de mon coeur car il est brisé depuis des années. Comment pourrais-je recoller les morceaux ? Ce n'est pas possible, je ne suis qu'une vile personne. Le jugement qui m'est réservé est pourtant incertain. Enfin, je le pense, je ne suis pas une mauvaise personne, mon coeur est pur, mais mon esprit ne l'est peut être pas. Mon corps tout entier ne l'est pas, mais de quel jugement parlons-nous ? De la personne que nous voulons être ? De celle que nous avons été ? De celle que nous sommes actuellement ? Je n'en sais pas plus mais sans doute que le jugement concerne tout cela.

" Je ne sais pas si j'ai peur de mourir. Je ne sais pas si j'ai peur de vivre mais ne sommes-nous tous pas impur d'une quelconque façon ? Nous ne pouvons pas être entièrement pure, n'est ce pas ? Si jamais je bois l'eau de ce puits, je risque d'y passer, parce que nous ne serons pas jugées assez pure aux yeux de Chière. Pourtant, au fond de moi, j'ai espoir.  "

J'ai cet espoir fou d'être jugée favorablement, mais le prix a payé en vaut-il seulement la chandelle. Elle m'a tendu sa gourde quelques instants auparavant avec un regard compatissant mais je n'en ai pas pris, pas pour le moment, comme si avant de véritablement m'abreuver, je voulais savoir si mon âme toute entière était jugée pure par Chière ou qui que ce soit d'autres. Si cela se trouve quoique soit la réponse, cette eau est simplement empoisonnée, impropre à toute consommation et je risque de mourir si j'en bois. Peut être que ce n'est qu'une histoire pour faire peur à ceux qui se retrouverait ici. Je n'en sais rien, je ne sais même pas si Ambal le sait ...
 

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Lun 18 Mai - 1:16

Le bon.
Le mauvais.
Le bien.
Le mal.

Remettre notre vie entre les mains de Chiere, notre mère à tous. Le puits des jugements scellerait notre destin. Perdue, je ne l’étais pas. Je connaissais la jungle, chaque jour, je la parcourais de part en part, d’un bout à l’autre. Je la voyais évoluer, se transformer. Mon esprit était toutefois tourmenté, comme celui de Kriemhilde. Nous nous posions des questions. Nous nous interrogions sur notre vie, sur notre passé, sur nous. Quelque chose ne tournait pas rond en nous, chez Kriemhilde cela devait tourner carré... Kriemhilde était courageuse d’être ici, de vouloir affronter le destin sous peine de perdre la vie ou bien n’y croyait-elle pas ? Ses paroles me firent tilter, étions-nous impurs ? Mon enfant. Ma fille. Oui, j’étais impure aux yeux de tous mais telle était la tradition chieresque alors Chiere me verrait peut-être d’un autre œil que le regard que je portais sur ma personne ? Kriemhilde avait-elle fait quelque chose de mal ? Forcément… Avions-nous tous une part de mauvais en nous ? Chez certains, cela devait plus se manifester que chez d’autres dans ce cas ? Il fallait de tout pour faire un monde…

«  Chiere saura voir en toi ton côté pur. Tu as des reproches à te faire ? » Kriemhilde refusa ma gourde, j’haussais à mon tour les épaules et je la rangeais. Ses paroles hantaient mon esprit, finalement je n’avais que ça à me reprocher. Avoir peut-être donné des faux espoirs à Srij ? Le faire espérer alors qu’il n’y avait aucun espoir, je n’avais pas conscience de ce que je faisais. Sinon, je ne voyais pas ce que j’avais pu faire de mal d’une quelconque façon même envers les étrangers que je me comportais avec une grande diplomatie. « Tu y crois à ce puits ? Je sais que certains, comme toi, ont du mal à croire en notre déesse Chiere, en Oblivion. » Certains étrangers ne comprenaient pas cette proximité que nous avions avec la nature que nous respections que si elle était notre mère. Nous lui rendions hommage car c’est elle qui nous fournissait notre nécessaire pour vivre. Pour les étrangers, tout était différent. Il avait l’air de vivre au-dessus de la nature, n’en avaient-ils pas besoin de là où ils venaient ?

Je m’assis un moment au pied du puits. Je n’étais pas réellement rassurée mais, j’allais le faire. J’allais boire cette eau. J’allais subir le jugement de Chiere. Je partirais le cœur léger, l’esprit libre. Soulagée. J’étais l’incomprise, je le savais. Ayla n’avait pas compris mes cris, mes pleurs. Maura n’avait aucune peine à mon égard, aucune réaction à ma détresse. D’autres comme Penthésilée ou Sorajaï avaient compatis, j’allais contre les chieresques, nos coutumes, nos traditions. Aujourd’hui encore, je m’étais rangée du côté des étrangers, tout le monde n’était pas comme moi. Kriemhilde était attachante. Une petite blonde avec un regard peu sûre d’elle et pourtant une ethnologue… on pouvait croire que c’était le genre de femme qui aurait été comme chez elle en Oblivion. A sa manière, elle l’était. J’étais toujours étonnée de la voir encore en vie ! Sven devait y être pour beaucoup dans la survie de sa petite protégée. Elle savait se débrouiller même si aux premiers regards, cela ne sautait pas toujours aux yeux.

« Veux-tu que je commence ? » Je plongeais mes yeux dans les siens, je voulais la rassurer. Elle était arrivée avant moi mais peut-être voulait-elle voir d’abord les effets que cela avaient sur moi ? Je ne partirais pas sans m’être confrontée à la volonté de Chiere. Je devais savoir si mon âme était pure. Je devais faire la paix avec moi-même pour pouvoir avancer, mettre de côté ce lourd passé qui me pesait comme un poids accroché à ma cheville. Il le fallait. J’étais prête à le faire, prête à tourner une page, prête à savoir si je devais continuer à vivre ou si mon âme devait retourner à Chiera’h. Nous avions toutes les deux une bonne raison d’être ici, à ce moment-précis. Peut-être s’était-elle perdue ? Peut-être voulait-elle être jugée pour ses actes qu’elle pense impure ? Peut-être étions-nous en train de prononcer nos derniers mots ? Nos dernières paroles ? Alors, c’était cela que je finirais mes jours avec une étrangère venue d’un autre monde ? Ô Chiere. Notre Mère. Épargne nous. Sauve tes enfants qui te chérissent tant.

Le bien.
Le mal.
Le bon.
Le mauvais.

Des notions qui ont, de tous temps, existaient. Avions-nous chacun une part de bon, une part de mauvais ? Est-ce que chez certain c’était plus développé que d’autres ? Est-ce que nous étions de mauvaises personnes ? Est-ce que le destin nous pardonnerait nos actes passés impardonnables à nos yeux ? Un éternel combat entre le bien et le mal, le côté obscur et la lumière.

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Jeu 21 Mai - 15:09



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Je n'étais pas originaire d'ici, je venais de Suède, rendez-vous compte, un pays désertique mais à cause de la glace. Ici, c'était le désert, mais avec du sable, je n'en avais pas l'habitude. J'avais marché dans celui-ci pour me retrouver ici, devant ce puits de jugement, parce qu'il fallait que je sois jugée par rapport à tout ce que j'avais pu faire ici, et ailleurs, surtout ailleurs. Parce qu'ici, je n'avais rien fait de mal, mais dans l'autre monde, ce n'était pas la même chose, je suis une toxicomane en période de fort sevrage, mais si jamais je trouve quelques choses ici capable de me faire les mêmes effets, je sais que je replongerais immédiatement ou presque, car les trips me manquent grandement, j'en ai envie, tellement envie, mais je ne peux pas alors mon corps m'envoie des menaces, je tremble comme une feuille, je sue à grosses gouttes, j'ai des hallucinations. Je le sais alors j'essaye de rester au contact des chieresques, car je ne sais pas, j'ai l'impression que leur compagnie me fait du bien, m'apaise l'esprit qui s'amuse à me torturer bien trop souvent. Mon esprit est mauvais, retords, mais je sais aussi que mon coeur est un traître. J'essaye de bourrer mon corps de coups pour aller dans le droit chemin, ma volonté est là, mais j'échoue, lamentablement, en permanence ou presque. C'est ainsi que je m'étais retrouvée ici, parce que mon coeur avait tenté mon esprit, il voulait lui prouver qu'il était pur alors que mon esprit sait très bien que ce n'est pas le cas. Le jugement de Chiere risque donc de m'être fatal, pourtant, au fin fond de mon esprit et de mon coeur, je sais que je ne suis pas si mauvaise que cela. C'est alors que je pense à mes orteils et là, je me rends compte que je ne suis pas normale car je n'ai que quatre doigts de pieds. Le rapport avec mon coeur et mon esprit ? Je ne sais pas, mais si j'y pense c'est qu'il y en a un, c'est une certitude, je suis mal formée, je suis une erreur de la nature. Alors je suis là, devant ce puits, mais j'ai la chance d'avoir Ambal avec moi. C'est une chieresque avec qui je m'entends bien, elle m'a donné une dague en guise de son amitié, mais je me demande si elle m'a "seulement" suivie ou si elle veut aussi connaître la sentence du puits de jugement. Elle me demanda alors si j'avais des reproches à me faire et sans rien dire, je faisais oui de la tête avec une moue qui allait avec. Oui, j'avais de nombreuses choses à me reprocher, j'étais impure, mais cela voulait-il dire que le jugement serait pour autant défavorable ? Puis elle me demanda si je croyais en ce puits.

" Je ne sais pas si j'y crois, honnêtement, je ne sais pas en quoi je crois. Si je suis arrivée ici, en Oblivion c'est parce que je suis perdue, perdue dans ma tête, dans mon esprit, dans mon coeur. Je ne sais pas quoi penser de tout ce que j'ai pu faire, mais j'ai fait de mauvaises choses. "

Et je lui montrais alors le creux de mon bras droit. Si on ne regardait pas de près, on ne pouvait pas forcément percevoir, ce qu'il y avait à voir. Mais je l'ouvrais en grand, lui montrant de ma main gauche les traces, les séquelles de ce que j'avais pu me faire. Il y avait des traces d'aiguilles, de petits points d'entrées. C'est alors que la main qui montrait cela se mit à trembler, comme si le fait d'en parler ouvertement à quelqu'un me mettait en état de manque. Je rangeais alors ma main contre mon dos mais bientôt, mes deux mains tremblèrent, comme si j'étais en train de rentrer dans une quelconque transe maléfique.

" Mes mains tremblent, parce que mon corps réclame que je me souille avec de la drogue Ambal. Je ne sais pas si tu vois de quoi je parle, mais dans mon monde, je suis ce que l'on appelle une toxicomane. J'ai besoin d'une dose régulière d'un produit qui me fait du mal pour me sentir bien. Depuis mon arrivée ici, je n'y ai pas touché puisque je n'en ai pas, et mon corps me le fait savoir. Crois-tu que Chière pourrait me juger digne de boire l'eau de ce puits ? "

Je ne le pensais pas, j'en étais presque persuadée. Ambal était la première ici à qui je parlais véritablement de cela. Il y avait bien Alec qui en avait connaissance, mais bon, je lui avais dit cela comme ça, sans aucune démonstration de mon état. Là, la jeune autochtone avait pu voir qui j'étais vraiment. Peut être que son regard serait maussade envers moi, peut être qu'elle me verrait autrement, peut être qu'elle ne voudrait pas avoir à faire à moi à présent. Mais au fond, j'espérais qu'elle se montre compatissante à mon égard, et que Chière aussi par la même occasion. Peut être que cette eau me purifierait l'esprit et le corps ? Peut être que cette eau agirait sur moi comme une fontaine de jouvence agirait sur la jeunesse de quelqu'un me purifiant de tout ces maux ? Je n'en savais rien du tout, absolument rien, et cela me faisait peur. Puis, elle me regarda alors dans les yeux me demandant si je voulais qu'elle commence à boire de cette eau en premier. Je voyais qu'elle essayait de me rassurer même si elle-même ne l'était guère plus.

" Non, faisons le ensemble. "

Je ne voulais pas le voir mourir avant moi si telle était notre destinée. Si nous avions à mourir, vue que nous étions là, toutes les deux au même moment ou presque, autant le faire ensemble, peut être que Chière nous épargnera devant ce geste d'humilité de notre part. Je ne savais pas, l'inconnu était là devant nos yeux. Le bien allait-il l'emporter le mal ? La lumière jaillirait-elle de nos coeurs plutôt que les ténèbres ?
 

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Sam 20 Juin - 1:19

Chiere sait voir en nous, le meilleur. J’étais persuadée que Kriemhilde réussirait l’épreuve du Puits du Jugement. Chiere verrait en elle ce que nul autre n’a su voir. Même pas elle... Elle était innocente, victime d’un je-ne-sais-quoi. J’ignorais si quelqu’un pouvait l’aider. Ayla ? Elle m’avait poussée à abandonner ma fille... mais, je me reposais sur elle au sujet de bon nombre de questions. Kriemhilde avait des choses à se reprocher, mmmh. Tout le monde portait son fardeau, plus ou moins gros, plus ou moins lourd. J’avais remarqué que les étrangers venus d’ailleurs aimaient beaucoup se plaindre, ils avaient toujours mal quelque part, n’aimaient pas le climat, les insectes et autres créatures étrangers qui peuplées Oblivion. Peu se rendait compte que chez le voisin, il y avait pire qu’eux... Ils avaient tous un comportement égoïste, absolument pas en symbiose avec la nature. Cela m’avait étonnée d’entendre que certains d’entre eux avaient obtenus leur chevrons. Moi aussi, je l’avais eu. Etais-je quelconque en Oblivion ? Etais-je comme les autres ? Etais-je digne de Chiere ? Etais-je digne d’être une fille d’Oblivion ? C’est ce que j’allais voir dans un instant. Je sentais mon coeur s’emballait. J’avais peur. Inquiète de recevoir le jugement de Chiere.

«  Tu trouveras ton chemin, Kriemhilde. Dans la nuit, une lueur te guidera, tu verras. »

Elle me montra le creux de son bras droit, je m’approchais pour mieux voir même si j’avais une bonne vue - arme absolue de toutes chasseresses qui se respectent. J’étais choquée par les propos de Kriemhilde. Dans son monde, était-elle une laissée pour compte ? Une oubliée ? Une exclue ? Comme... Karja Asaï ?

«  Je l’ignore... Ce que je vois, c’est que tu es pure depuis ton arrivée en Oblivion. Un nouveau départ pour toi, Kriemhilde et cela, Chiere saura le voir. »

Kriemhilde devait ignorer l’existence de Karja Asaï, je ne savais pas si je devais lui en parler... Etait-ce pour son bien ? Ou, est-ce que cela la ferait encore plus souffrir ? J’attendais. Je réfléchissais. Ses mains tremblaient.

«  Il y a... peut-être une personne qui peut te venir en aide. Mais, elle est comment dire... peu recommandable.  »

Je regardais Kriemhilde avec de gros yeux. J’avais déposé mon enfant sans vie dans la jungle, alors je compatissais au mal de la Suédoise. Je n’étais guère mieux. Mon visage s’illumina lorsqu’elle me dit de le faire ‘’ensemble’’, je voyais en cela une preuve d’amitié.

«  D’accord, ensemble.  Comme Roméo et Juliette.» dis-je avec un accent français très mal prononcé. C’était Esther qui m’avait parlée de ce livre, de cette histoire d’amour de deux jeunes gens maudits morts ensemble.

Je m’approchais du Puits à petit pas, je me penchais pour voir l’eau claire. J’étais toujours effrayée que quelque chose sorte d’un coup du Puits et me fasse tomber... Je soufflais pour essayer de garder mon calme. Je vivais peut-être les derniers instants de ma vie. Je respirais une dernière fois l’air pur d’Oblivion. Je portais mes mains dans l’eau, attrapa de l’eau et la porta à ma bouche. En coin, je regardais Kriemhilde. Intérieurement, je suppliais Chiere de nous épargner, je pardonnais mes péchés si j’avais péché, je demandais le pardon de ceux de Kriemhilde en même temps. L’eau fraîche était dans ma bouche, j’avalais d’une gorgée...

Que le sort puisse nous être favorable....

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Jeu 25 Juin - 14:24



“Le Puit de Jugement”

La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.
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Il était évidemment qu'Ambal avait plus de foi que moi en Chiere. En même temps, je n'étais pas ici depuis très longtemps, alors je doutais, mais pas de cela, je doutais avant tout de ce que j'étais moi, une personne qui n'était pas une bonne personne. Je le savais mais peut être qu'au fond de moi, il y avait quelques choses de récupérable, mais j'en doutais tellement. Pourquoi étais-je véritablement venue ici ? Moi-même je n'en étais pas convaincue, pas persuadée. Étais-ce pour être jugée ? Étais-ce parce que j'étais tout simplement perdue et que j'avais soif ? Étais-ce pour en finir avec la vie ? Intimement, je savais pourtant déjà la réponse à cela, mais non je ne voulais m'en persuader. En tout cas, j'en avais dit beaucoup à Ambal, plus qu'à n'importe qui en Oblivion, et la raison m'échappait presque. Étions-nous si proche de cela pour que je lui fasse confiance de cette façon ? Peut être que là aussi je n'en avais tout simplement pas conscience, je ne savais pas, je ne voulais pas savoir. J'étais perdue, complètement, tout devenait difficile pour moi. Pourtant, dans cette grande épreuve que m'offrait cette terre, j'étais soutenue par celle qui était à mes côtés. Je la connaissais depuis quelques mois, elle m'avait même offert une dague en guise de gratitude, dague qui ne me servait pas véritablement pour le moment, mais c'était sans doute mieux ainsi. La chieresque me parlait, et j'avais l'impression d'être en plein trip, tellement ces paroles me faisaient penser à cela. Une lueur qui me guidera dans la nuit, c'était inconcevable pour moi, ce n'était pas possible, je ne pouvais pas être guider de la sorte vers je ne sais trop quoi sans avoir pris de la drogue ou quelques choses y ressemblant. Peut être que je ferrais un rêve me disant où je devais allé pour en savoir plus sur moi, car je doutais que mon arrivée ici soit un pur hasard. Depuis quelques semaines, je n'avais pas touchée à la drogue, aucunement, et je sentais que mon organisme tout entier en désirait, ardemment, violemment. Mais les chieresques, Sorajaï et Ambal en tête réussissaient à m'apaiser, pourtant, je sentais que déjà quelques choses se brisait entre la première et moi-même comme si je ne pouvais pas tout maîtriser.

Ambal me disait qu'ici, j'avais droit à une deuxième chance, à un nouveau départ, mais je ne pensais pas le mériter, vraiment pas après tout ce que j'avais pu faire dans l'autre monde. Je ne méritais que la punition ultime, cela va s'en dire. Je voulais croire aux propos de la chieresque, mais comme toutes ces choses devant mes yeux, j'avais un mal fou à m'en convaincre. Elle me dit alors qu'une personne pourrait peut être m'aider mais qu'elle n'était pas très recommandable. Elle voulait m'aider, son aide était sincère, je le voyais clairement. Je lui dis alors que nous devrions boire cette eau en même temps, ensemble, et peut être que l'une de nous deux survivrais alors. Elle semblait d'accord, à la façon de Roméo et Juliette. Je connaissais peu ce roman, mais sauf si Ambal m'avait caché des choses, nous n'étions pas amante, mais je ne notais pas la citation, elle avait du entendre parler de cela grâce à Esther la petite bibliothécaire de ce que j'avais cru comprendre à moins que ce ne soit quelqu'un d'autres. Ambal porta alors sa main au puits, et à sa bouche pour boire une gorgée. Je fis de même, ne sachant pas ce qui allait m'attendre, ce qui allait nous attendre. Cette eau semblait être une eau basique, tout ce qu'il y a de plus normal, alors je ne savais pas, je ne savais ce que je devais attendre, peut être rien, peut être tout, peut être qu'intérieurement j'étais en train de mourir sans m'en rendre compte, peut être que ...

 

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Ven 28 Aoû - 19:25

Avec Kriemhilde, c’était compliqué. Elle était étrange. Elle sortait du lot. Peut-être était-ce pour cela que je me sentais proche d’elle. Elle était plus vieille que moi et pourtant, j’étais la plus mâture de nous deux. Elle faisait jeune. Elle était comme un petit oiseau tombé du nid. Mon aile était tout autour d’elle. J’avais du mal à la comprendre Kriemhilde mais Chiere avait voulu qu’on se trouve ensemble en ces lieux. Devant le Puits du Jugement. A boire cette eau. A mettre notre vie en jeu. Nous serions, probablement, unies à jamais par cela - il n’y avait aucun mal à ça.

On portait toutes deux, en même temps, l’eau à notre bouche. J’avalais une gorgée avec l’impression que cette eau n’était pas comme toutes les autres : elle avait un caractère mystique et des vertus médicinales. Je regardais Kriemhilde, inquiète de ce qui allait se passer. On resta ainsi pendant un moment, en silence. Il ne se passa rien. J’ouvris ma gourde pour boire de l’eau qui me semblait pure et surtout sans risque de nuire à ma vie. D’un coup, j’éclata de rire, un rire qui venait du plus profond de mon être - combien de temps cela faisait-il que je n’avais pas ri ? « Nous sommes vivantes ! Kriemhilde, nous sommes pures ! Tu vois, tu n’avais aucune peur à avoir, Chiere a vu tes bons côtés, je le savais. » Soulagée, je regardais mon reflet dans le Puits. Etait-ce simplement de l’eau qu’il contenait ? Est-ce qu’un conteur avait inventé cette légende liée à ce lieu ? Je secouais la tête, qu’importe j’y croyais. Nous avions passé l’épreuve du Puits du Jugement, nous étions prêtes à affronter tous les dangers d’Oblivion avec un regard nouveau. Personne, en ce lieu, ne pouvait nous reprocher notre présence ici. Si Chiere ne nous avait pas jugé digne de fouler le sol de sa maison, on serait mortes à cet instant précis. Nous méritions de vivre. Notre heure n’avait pas encore sonné.

Doucement, je m’éloigna du Puits. Une fois mais pas deux. Je ne retenterai pas de sitôt, sait-on jamais que Chiere revienne sur sa décision.   « La vie continue son cours, Kriemhilde ! Tu n’as rien à craindre, tu es des nôtres maintenant.  » Je lançais un dernier regard en direction du Puits, satisfaite de cette journée qui aurait bien pu me coûter la vie. Chiere ne me trouvait pas impure, j’étais rassurée encore très inquiète mais ce test, ce courage dont nous venions de faire preuve représenter énormément à mes yeux. Je commençais à tourner les talons lorsque je me rappela le côté quelque peu pommée de Kriemhilde, saurait-elle regagner la civilisation ? J’avais quelques doutes... « Je te raccompagne si tu le souhaites, Kriemhilde, courageuse Kriemhilde. » J’étais fière d’elle, ce n’était pas tout le monde qui était capable de se mettre ainsi en danger, d’oser mettre sa vie en jeu. Il aurait pu se passer n’importe quoi, mourir foudroyer sur place, mourir empoisonner si cette eau n’avait pas été potable. Mais rien. Chiere nous avait accordé sa clémence et sa miséricorde, fallait-il avoir fait une chose impardonnable pour mourir de la sorte ? Je le pensais... Et ni Kriemhilde, ni moi n’étions de cette trempe. Je me mis en route, fière de passer survécue à cette épreuve, je pouvais désormais appréhender la vie avec un regard nouveau.

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MessageSujet: Re: La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.   Sam 29 Aoû - 3:08



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Peut être que nous n'allions pas mourir tout de suite. C'était la crainte que j'avais, la peur qui me tiraillait le ventre. Et si cette eau contenait une bactérie qui prenait le temps de se répandre dans notre corps pour nous tuer à petit feu ? Mon visage était assurément soucieux après avoir bu cette gorgée en même temps qu'Ambal. Et si le jugement ne se faisait pas immédiatement ? Et si cette légende par rapport à ce puits n'était pas si fausse que cela ? Je ne saurais dire, mais si apparemment j'étais toujours en vie, cette crainte était là, dans un coin de mon esprit. J'attendais, je me disais que peut être le poison qu'il y avait dans cette eau n'agissait pas immédiatement. Peut être que c'était effectivement le cas, peut être pas, mon ignorance était grande à ce niveau là. Mon regard était toujours dans le vide, toujours lorsque je fus tirée de mes songes par la chieresque à mes côtés. Elle s'était mise à rire pour une raison que je ne comprenais pas le moins du monde, du moins avant qu'elle ne m'explique la raison. Nous étions vivantes, c'est un fait, mais est ce que Chiere pensait que nous étions vraiment pures ? Je souriais, un peu, je gardais mes nombreux doutes pour moi. Après tout, elle devait avoir raison, non ? Pourquoi devrais-je prendre peur pour la suite de ma vie en Oblivion ? Je ne suis pas ici depuis longtemps, je n'ai pas envie d'être maudite pour avoir osée braver ce puits de jugement. Peut être que cela me donnerait la force d'affronter les épreuves des merveilles de ce monde antique pour gagner les chevrons. Peut être que je ne voulais pas faire ces épreuves, peut être que je voulais rester ici, après tout, je n'ai pas grand chose à retrouver dans mon propre monde, n'est ce pas ? Il était donc temps de partir d'ici, il était temps de faire notre petite vie en Oblivion, de véritablement commencer la mienne à vrai dire. Je ne savais pas ce qu'il en était pour Ambal, mais nous avions un âge sensiblement similaire même si elle était plus mûre que moi et qu'elle n'avait rien connu d'autres qu'Oblivion évidemment. Nous nous éloignons du puits, elle me dit que je faisais partie des leurs à présent, elle me disait être courageuse, mais je ne savais pas trop si je l'étais à vrai dire, peut être bien que oui. Étais-ce un nouveau départ pour nous deux ? Oui, cela me semblait possible, même si mon nouveau départ s'était produit avec mon arrivée ici. Ce jugement sur ma personne ne faisait que confirmer que je n'étais pas ici dans une simple visite de routine. Je savais que j'aurais bien du mal à m'y faire, que je n'étais pas faite pour vivre en forêt, même si j'étais dans le village des Orphelins, il offrait un peu de civilisation mais quand même. D'ailleurs, dans quelle direction est-il ? Je n'en sais strictement rien, je ne sais pas encore me repérer dans le coin. Heureusement pour moi, Ambal me propose de me raccompagner.

" Oui, je crois que je vais avoir besoin de ton aide pour retourner chez moi au village des Orphelins. J'espère en tout cas que ce jugement ne changera pas pour nous. "

J'avais peur de cela, que tout arrive à retardement, mais je n'en disais pas plus à Ambal. Elle semblait heureuse et sereine, bien plus que moi pour ce dernier point, mais visiblement, il ne semblait rien m'arriver. Si l'eau avait été empoisonnée, je pense que j'en ressentirais à présent les effets, mais ce n'est pas le cas, alors je lui fais un petit sourire, plus franc que le dernier. Il est temps de rentrer à la maison, du moins dans ce qui me fait à présent office de maison, car je ne suis pas prête de revenir en Suède, sans doute que je ne reverrais jamais mon pays natal, mais étais-ce vraiment un mal ?

 

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