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 Aux petits soins [Thalia]

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MessageSujet: Aux petits soins [Thalia]   Dim 26 Juil - 19:45

Passant ses doigts sur l'enveloppe rugueuse des arbres, appréciant leur chaleureuse écorce qui ravivait un peu son cœur, heurtant un cordage, de temps à autres, prenant appui sur une branche de temps à autres, Ayla escaladait une fois de plus vers le Manoir Kaligaris avec une certaine exaltation.

Ces deux dernières semaines avaient été pesantes, elle n'avait pas pu elle-même se remettre de l'attaque du Temple de Chiere car, tout comme les autres guérisseurs, elle était réquisitionnée pour prendre soin du nombre important de blessés. Durant ses périodes de travail, elle s'occupait de préparer et d'appliquer des baumes et des bandages, mais aussi d'écouter et de réconforter ses patients, certains voulaient parler de l'attaque, d'autres préféraient passer à autre choses, tandis que les derniers restaient silencieux. Elle aurait été de ceux-là si elle n'avait pas à communiquer et à soutenir tous ceux à qui elle portait secours. Durant ses périodes de repos, elle s'échappait du Petit Matin pour se réfugier au sommet d'un arbre, dans une grotte ou près d'un étang où elle pouvait hurler sa colère et pleurer ses angoisses. Puis elle rentrait chez elle et n'acceptait aucune compagnie, même pas celle des enfants, même pas celle de Leï. Ils ne pouvaient pas comprendre, mais ils acceptaient, ils lui laissaient du temps et la solitude qu'elle demandait.

C'était une autre rouquine qui lui offrait l'espace dont elle avait besoin. Ayla avait demandé à soigner Istalia Kaligaris, car l'étrangère la connaissait bien et la chieresque l'appréciait. A ce moment là, elle ne savait pas que ces quelques heures tous les deux jours où elle sortait du campement, seraient le véritable échappatoire nécessaire à la préservation de sa santé mentale. Poser ses mains sur les écorces, sentir le vent dans ses cheveux, remplir ses narines de l'odeur de la forêt étaient d'autant plus réconfortants qu'elle le faisait au milieu de sa longue journée et même si elle ne traînait pas pour enchaîner les blessés, accéder à la demeure de Thalia et en revenir la soulageaient et lui offraient une vraie coupure. De plus, son lien avec la grecque s'était renforcé et c'était la seule personne dont elle ne redoutait pas la rencontre et même dont elle appréciait la compagnie. Elle ne pouvait que se réjouir de la voir se rétablir, petit à petit, même si ça signifiait que ses visites devaient s'effectuer à une fréquence moins importante. Ainsi, la guérisseuse était d'autant plus emportée par tout ce que ce chemin avait de positif pour elle que ça faisait cinq jours qu'elle ne s'était pas rendue au manoir.

Alors que Thalia semblait aller mieux, ce n'était pas le cas de tout le monde au campement et, tout en étant trop exténuée pour qu'on lui rajoute du travail, Ayla aurait espéré avoir quelqu'un à accoucher à ce moment là, pour apporter un peu de joie dans ce milieu pesant qu'était le Petit Matin en ce moment. Malheureusement pour son humeur – et heureusement pour son énergie – personne n'avait eu la bonne idée d'avoir un bébé. Beaucoup de gens acclamaient sa force, on lui demandait comment elle faisait pour ne pas craquer, mais la triste vérité, c'est qu'elle en rêvait d'envie, mais elle ne pouvait pas se l'autoriser, elle était débordée et probablement indispensable. Se défouler la nuit lui accordait à peine le courage de recommencer le lendemain, chacune des personnes qu'elle aidait à vivre lui ramenait en pleine face tous ceux qu'elle avait vus mourir. C'était un cauchemar qui ne s'arrêtait pas.

Ca faisait deux semaines, mais ça donnait à la fois l'impression d'avoir été la veille et l'année dernière.


Au bout de quelques minutes - car habile et habituée, il ne lui fallait pas très longtemps – elle parvint à poser le pied sur une plate-forme. Pour gagner du temps, elle en avait choisi une petite, plus facile à atteindre en escalade, et rejoignait à présent la principale en marchant sur les ponts, voyant une chevelure rousse dépasser d'un fauteuil sur la terrasse. Calmement, elle s'approcha de sa patiente, tout en s'annonçant, pour ne pas lui faire peur.

« Bonjour ! C'est Ayla, j'arrive tout de suite ! »

Thalia était en Oblivion depuis suffisamment de temps pour comprendre le chieresque presque comme une native et le parler relativement bien, aussi Ayla s'adressait à elle dans sa langue. Elle parlait anglais avec les autres étrangers qu'elle soignait, même ceux qui la comprendraient en chieresque, car elle se sentait plus respectueuse en s'adaptant à eux, mais pour Thalia c'était différent. Témoin de l'altercation qu'elle avait eu au Temple avec l'un des siens, la guérisseuse ne voulait pas exclure davantage cette étrangère qu'elle portait dans son cœur et qui avait fait tellement d'efforts pour s'intégrer de ce qu'elle savait. Lors de sa toute première visite après l'attaque, la chieresque avait vite compris qu'elle avait fait le bon choix à ce niveau, juste en croisant le regard de sa patiente. Arrivée à son niveau, elle posa ses sacs remplis de baumes, plantes, et matériaux nécessaires à ses soins assez standards, puisqu'elle n'aurait en théorie, pas grand chose à faire.

Après avoir trouvé un coussin sur lequel s'agenouiller pour être au niveau de Thalia, Ayla commença à défaire délicatement son bandage, tout en lui parlant :

« Bon, on va regarder tout ça. Comment ça va aujourd'hui ? »

Après la réponse de l'intéressée, elle reprit la conversation :

« Je ne sais pas s'il te reste encore des remèdes que je t'avais confiés, normalement j'avais prévu large pour que tu n'en manques pas, mais au pire j'en ai amenés.»

Elle tourna la tête vers son sac, pour accompagner ses dires puis se recentra sur Thalia, avant de continuer à discuter :

« Je suis contente de te voir, tu n'as pas idée de la folie que c'est au Petit Matin... on dirait que jamais ça ne va s'... Oulah !»

Elle s'interrompit dans sa phrase en voyant la blessure qu'elle avait pourtant l'habitude de guérir. S'interrogeant rapidement sur la tournure qu'elle avait prise, la réponse ne se fit pas attendre pour se précipiter dans sa tête. Non, ce n'était définitivement pas normal. Un fort sentiment de culpabilité l'envahit, elle se demanda si elle aurait dû passer plus souvent, mais tant de personnes avaient besoin d'elle et la blessure de Thalia lui semblait pourtant en bonne voie à sa dernière visite ! Comment deviner qu'elle allait évoluer de façon aussi préoccupante ? Elle ne voulut pas inquiéter la jeune femme, mais l'angoisse se lisait sur son visage, surtout qu'elle était à fleur de peau en ce moment. Elle finit par lui dire :

« Je vais être honnête : la dernière fois quand je t'ai dit que ça allait mieux, je ne pensais pas que ça ferait comme ça. Mais on va s'en sortir, il faut juste que je regarde bien et que je réfléchisse à la cause puis à la solution. Je... J'ai eu des cas pire que ça là-bas, et puis ça ne te tuera pas, ça j'en suis sûre.»


Dernière édition par Ayla La'hir le Lun 3 Aoû - 10:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Aux petits soins [Thalia]   Lun 3 Aoû - 0:44

Je me sens fiévreuse. Cela fait quelques jours maintenant que la blessure à mon épaule m'inquiète : chaude au toucher, lorsque je place les doigts à côté du pansement qui entoure mon articulation, elle est également plus douloureuse, et depuis hier soir un certain malaise m'enserre les tempes, doublé d'une certaine faiblesse. Je me suis couchée tôt, me disant que sûrement une bonne nuit de repos allait me faire du bien – mais le matin venu, ma situation ne s'est pas arrangée, et je me sens fatiguée. Pas cette fatigue saine de l'effort physique qui noue les muscles après une journée de labeur ; mais bien la faiblesse insidieuse de la maladie pernicieuse qui couve et guette, et la tête me tourne quelque peu tandis que je m'assieds tout en haut du manoir, sur la plate-forme principale, profitant d'une brise un peu plus fraîche sur la terrasse, là où le vent traverse la structure sans frein. Malheureusement, le vent est vite tombé, et je reste là dans l'air lourd, me disant que quelque chose ne va pas, et songeant à envoyer Rosemary quérir Ayla au Petit Matin. Si seulement elle est capable d'en trouver le chemin...

Répondant à mes pensées, une voix familière me parvient – en Chieresque, l'on annonce sa venue, et je pousse un soupir de soulagement en reconnaissant la chevelure blonde d'Ayla émerger de l'escalier. Elle parvient près de moi, et je tente de me redresser, le souffle court pour cet effort dérisoire. Quelque chose ne va vraiment pas, et c'est en gros ce que je tente de lui expliquer lorsqu'elle parvient près de moi.

« Bon, on va regarder tout ça. Comment ça va aujourd'hui ? » 
« Bonjour, Ayla. Pas très fort, j'en ai peur : mon épaule me fait mal, et je me sens... fatiguée. »
« Je ne sais pas s'il te reste encore des remèdes que je t'avais confiés, normalement j'avais prévu large pour que tu n'en manques pas, mais au pire j'en ai amenés.»
« Je pense qu'il en reste dans le coffret sur la table, là-bas, près de la commode. »

Je lève le bras pour la lui indiquer, mais une lance aiguë dans mon articulation me tire un cri de douleur, et je laisse retomber ma main, me mordant la lèvre pour en étouffer la fin. Je ne tiens pas à réveiller Rosemary qui dort sûrement encore. Adressant un sourire d'excuse à mon infirmière personnelle qui ne le voit pas, focalisée sur le détricotage minutieux des épaisseurs de pansement, je poursuis la conversation.

« Merci de venir ici, Ayla, j'avais vraiment besoin de te voir. »
« Je suis contente de te voir, tu n'as pas idée de la folie que c'est au Petit Matin... on dirait que jamais ça ne va s'... Oulah !»

Ah. Ça, c'était mauvais signe. Je ne suis pas quelqu'un de douillet, pas après toutes ces années dans la jungle à accumuler les bobos, pas après toutes ces années à me cogner ici t là dans la Valkyrie. Mais j'ai bien senti que quelque chose n'allait pas, cette douleur, cette langueur... Risquant un œil prudent sur ma plaie, je déglutis péniblement. Je n'y connais pas grand-chose en médecine, je ne sais pas interpréter les symptômes ; mais en voyant l'aspect boursouflé de la chair, un frisson de mauvais augure me court dans le dos. Je sais bien que les blessures par balle doivent être nettoyées avec soin, pour ôter tout résidu de poudre et corps étranger pouvant nuire à la cicatrisation ; mais je sais aussi qu'Ayla et ses confrères guérisseurs ont passé un long moment à laver ma plaie avec un liquide désinfectant à l'odeur âcre que j'ai toujours vu faire des merveilles. Pourtant, j'ai mal, Chiere – ma peau est rouge, d'un rouge malsain qui m'inquiète, et une substance en suinte. Infection, j'en mets ma main à couper, et le babillage d'Ayla ne me rassure pas vraiment.

« Je vais être honnête : la dernière fois quand je t'ai dit que ça allait mieux, je ne pensais pas que ça ferait comme ça. Mais on va s'en sortir, il faut juste que je regarde bien et que je réfléchisse à la cause puis à la solution.  Je... J'ai eu des cas pire que ça là-bas, et puis ça ne te tuera pas, ça j'en suis sûre. »
« Ayla, dis-moi... Je sais que vous avez bien lavé ma blessure, je me souviens que vous en avez pris grand soin. Je sais aussi que la balle a traversé mon bras, il y a deux plaies, une d'entrée et une de sortie – mais dis, est-ce que tu es sûre qu'un éclat n'a pas pu y rester... ? »

Inquiète, je me dévisse le cou pour essayer de mieux y voir. Doucement, je fais rouler l'articulation – ça fait mal, mais je sens comme une gêne à l'intérieur, un frottement étrange que je ne parviens pas à situer. Si jamais, si jamais quelque chose était resté à l'intérieur, est-ce qu'Ayla saura comment s'y prendre ?

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MessageSujet: Re: Aux petits soins [Thalia]   Lun 3 Aoû - 10:16


La guérisseuse prit une grande inspiration, elle ne pouvait pas laisser ses émotions empiéter sur son travail, elle ne pouvait pas laisser ses angoisses atteindre ses patients. Et surtout, elle avait besoin de toute sa tête et de tout son jugement parce que la tournure de la blessure était assez inédite pour Ayla. D'autres personnes au camp avaient été atteints par la même arme mais ceux qui avaient survécu s'en remettaient sans complication. Son expertise en blessures de guerre s'arrêtait aux lances et aux flèches, les armes des étrangers étaient plus complexes et celles qui passaient en Oblivion étaient inquiétantes car aucun Chieresque n'était préparé à ça.

« C'est possible, je ne m'y connais pas assez avec vos inventions pour savoir ce qui peut et ne peut pas arriver. Vous êtes plusieurs de votre monde à m'avoir expliqué des choses sur les armes de là-bas, mais même si j'ai déjà vu le type de blessures que ça peut causer, je n'ai pas assez d'expérience avec pour voir toutes les évolutions. »

En voyant la rouquine se tortiller, elle s'empressa de dire :

« Arrête, tu vas te faire mal ! »

Elle savait bien que Thalia voulait voir elle aussi ce qui lui arrivait, surtout après la réaction des moins rassurantes qu'avait eu sa guérisseuse. Mais si elle avait raison, si un fragment de 'balle' était encore à l'intérieur, il faudrait absolument l'enlever. Reprenant confiance en elle, Ayla se souvint de têtes de flèches qui s'étaient détachées et qu'elle avait eut à retirer, elle l'avait déjà fait, elle savait le faire. En revanche, vu la taille de la balle telle qu'Istalia la lui avait décrite les premiers jours, si ce n'était en plus qu'un fragment, ce serait plus petit et plus délicat à aller chercher.

La Chieresque se leva pour aller chercher ses remèdes à l'endroit indiqué un peu plus tôt, avant de partir, elle les remplacerait par des fioles pleines. Elle récupéra aussi un miroir posé sur la commode, le mieux serait d'en avoir deux, mais elle n'allait pas retourner tout le Manoir juste pour empêcher Thalia de trop gigoter. En le tenant en biais face à sa blessure, elle lui glissa, complice :

« Puisque tu tenais vraiment à la voir.. » de son autre main, elle lui tata le front et ajouta, incrédule « Tu es brûlante, c'est pas étonnant. Tu dois avoir raison, vu à quel point on a nettoyé, si ça s'est infecté, c'est qu'on a manqué quelque chose. Je vais nettoyer à nouveau et essayer de trouver où ton fragment s'est logé. Désolée, ça va faire mal...»

Ensuite, elle reposa le miroir pour avoir ses deux mains disponibles et commença à nettoyer la plaie en redoublant de délicatesse et en examinant au plus près. D'ordinaire, elle faisait prendre à sa blessée un breuvage atténuant la douleur, mais cette fois, elle avait besoin d'elle complètement consciente de ce qu'elle ressentait, pour l'aider à trouver le fragment, l'endroit exact où il était. Elle ne voulait pas trop la manipuler, de peur de le faire bouger. La prêtresse redoutait d'avoir à ouvrir Thalia, mais ça lui semblait de plus en plus inévitable. Heureusement, la blessure n'était pas proche d'un organe vital, ce qui lui donnerait de grandes chances de survivre à cette opération.

Guide-moi, Chiere. Je guéris en ton nom, par pitié, aide-moi à porter secours à celle qui a risqué sa vie pour protéger les autres, qui s'est tenue courageusement en ton Temple, dans ses heures les plus noires.

A nouveau retournée par le souvenir trop pénible des événements passés, Ayla marqua une courte pause avant de reprendre. Tant de braves avaient péri, quelques Chieresques qu'elle voyait tous les jours au refuge et tant d'autres inconnus mais dont la disparition était tout aussi douloureuse. Et depuis, elle avait entre ses mains le pouvoir – le devoir - de limiter les pertes. Thalia souffrirait. Mais elle vivrait, il ne pouvait pas en être autrement.

« Dès qu'on trouve, je te donnerai quelque chose pour la douleur et la fièvre. »




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